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SOURCES THERMALES D'AFRIQUE

péninsule de Bouri^ auquel se rattache le volcan encore actif d'Ortoalé, donne naissance à de nombreux jets de vapeur sulfureuse, ainsi qu'à des milliers de filets d'eau à 67®, qui jaillissent au milieu des écueils de la grève.

Vers le centre de l'Ethiopie, à l'Est du lac Tana, une source thermale est l'origine du puissant Takkasé.

D'autres sources thermales très abondantes (37 à 43®) jaillissent un peu plus loin vers l'Est, près le château d'Arengo, « le Versailles des négous )>.

Mais c'est surtout dans le Sud, au milieu des terrains volcaniques du CAoa, qu'elles deviennent innombrables. 11 existe, notamment, près de la montagne d'Entotto, dans le pays des Galia Finfini, trois sources jaillissantes à Tébullition.

Plus au Sud, dans cette région mal connue, qui s'étend au sud du pays des rivières, on connaît, sur la rive ouest du lac AfWoutan, au sud de Mahaghiy plusieurs sources sulfureuses ^

Sulfureuses également sont, àit-on, la plupart des sources thermales, rencontrées dans le bassin du Haut Nil, par exemple dans le pays du Rouanda ^ habité par des nains, à l'Ouest du lac Nyanza.

A Test du môme lac, s'étend le pays volcanique du Kilimandjaro, avec de nombreuses sources chaudes'.

Le Tanganyika, qui présente géologiquement tant d'analogies avec la mer Morte, offre, sur sa rive méridionale, plusieurs sources chaudes; il paraît également que des jets de vapeur, au milieu de l'eau, donnent parfois des débris de bitume*.

A l'ouest de la région des grands lacs, la zone des sources thermales se prolonge jusqu'au Katanga, où se trouvent les importantes sources salines de Moazia et les sources sulfureuses de Kafungé.

Au sud des grands lacs, les cartes géologiques indiquent, sur le cours du Zambèse, quelques pointements éruptifs, qui jalonnent peutêtre quelque dislocation Est-Ouest, encore indéterminée. On connaît là, près de Mpalera^ dans le pays des Barotsé, d'abondantes sources thermales *.

Nous avons vu que cette traînée éruptive africaine se prolongeait peut-ôtre parles Comores, la côte orientale de Madagascar* et les Has-

* 1879. Emin-Bby (Petermanns Mitthcilungen, n« v).

* 1895. G. VON GôTZEN. Durch, Afnka von Ost nach West (in-8«, Berlin, p. 197 el suiv.).

* L'axe éruptif passe visiblement à Test de cette dépression si conUnue des lacs Albert, Tanganyika et Njassa.

* Voir plus haut page 278.

* 1881. Bradshaw (Proc. of the R. Geog. Soc).

* Grandidibr. Travaux divers sur Madagascar. — Résumé dans SuBss, I, 528.

careignes (Maurice et la Réunion). Là également, les sources chaudes sont très nombreuses, notamment dans la région volcanique de la côte orientale de Madagascar, où elles sont parfois accompagnées de mofettes d'acide carbonique et au pied du « Grand Brûlé » de la Réunion, ou dans le cirque d'érosion de la partie occidentale (sources de Cilaos, du cirque de Salazie et du cirque de Mafate).

Au sud de l'Afrique, dans la Colonie du Cap, les couches anciennes ont été tranchées, le long des côtes, par des dislocations récentes, sur lesquelles sourdent quelques eaux thermales. On cite notamment la fontaine, dite Hotlenlol^Holland , à une trentaine de kilomètres de Cape-Town et celle des environs de Woi'cestei% dans la même région.

Sur la côte ouest d'Afrique, dans la colonie portugaise d'Angola, (entre le Kunene et le Congo), on retrouve, parallèlement au rivage, rindice de dislocations récentes, avec quelques suintements de pétroles (vallée duDandé).

J'ai signalé, dans le centre de l'Afrique, l'existence possible d'une ligne éruptive importante, semblant relier le Vésuve, l'Etna et Pantellaria, par les volcans de la Tripolitaine, au Cameroun, à Fernando-Po et à San-Thomé *.

En Tripolitaine, au sud-ouest de Tripoli, dominant vers le Nord les collines d'El-Djefarah, se dresse la monisi^nc du Djebel Gkourian avec les cratères du Manteroics et du Tekout.

Vers le Sud, le Haroudj noir^ prolongé à l'Ouest par le Djebel esSoda^ forme également, suivant Duvcyrier, une chaîne éruptive récente.

Puis vient, en plein Sahara, la haute chaîne N.-O.-S.-E. de Touoxi du Tibesti (plus de 2 500 m.), avec des volcans, des dépôts de natron et des sources thermales, citées par Nachtigal.

L'une de celles-ci, dite Yèriké^ ou la Fontaine, est célèbre dans tout le Sahara oriental ; elle dégage de nombreux jets de vapeur, avec des bruits d'explosion et est entourée par des dépôts de soufre.

En résumé, toutes les sources thermales connues en Afrique semblent se trouver, comme la théorie le faisait prévoir, dans les régions affectées par des dislocations récentes. Dans les parties du Massif Ancien, qui n'ont pas subi des cassures de ce genre, on ne signale pas de manifestations hydrothermales.

* Voir, pour la région du Sahara, la carte géologique dressée par G. Rolland el Si'ESS. loc. cit., I, 458).

il faut remarquer, à propos de cette ligne très hypothétique, tracée à travers des pays presque inconnus, qu'une dislocation transversale N.-O.-S.-E., parallèle à des direcfions de roches anciennes, parait également, comme nous l'avons vu plus haut, réunir les roches volcaniques de Tassili, de Tibesti et d'El-Melba.

Entre cette ligne et celle que nous venons d'étudier, je ne trouve à signaler, comme pouvant se rattacher aux eaux minérales, que le lac de natron des environs du Caire, étudié au chapitre VII, page 230.

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