‹ Les richesses naturelles du globe et l'Exposition universelle d'AnversChapitre 3 sur 4 · I. Bois de construction, d*ébénisterie etc · texte numérisé non relu

I. Bois de construction, d*ébénisterie etc

Ces magnifiques bois de luxe du Brésil (bois de lettre etc.) du Chili, des Indes, de l'Australie etc. ne trouveraient-ils pas d'emploi ?

Pourquoi le nani-meirah (Nania vera) ' des Moluques ; le molave (Viteœ paniculata), le dongon [Sterculia sp.), le mangachapui (Vateria mangachapui) des Philippines ; divers Eucalyptus de l'Australie, surtout le jarrah, de l'Australie occidentale (E. marginata) ne se placeraient-ils pas à côté des tecks, des moras, du greenheart pour la construction des navires ?

Les bois suivants des Indes orientales ne pourraient-ils être

employés dans certaines constructions : pymma (Lagerstrômia reginajt thingan (Hopea odorata), sith (Aïbizzia procera)^ thitsie (Melanorrhœa usitata), zinbyun (Dillenia pentagyna), sha (Acacia catechu), thitto (Sandoricum indicum), sal (Shorea robicsta), soondri (Heritiera sp,) etc?

La fabrication des cannes utilise encore un certain nombre de bois exotiques : divers rotings (Calamus div.) et bambous des Indes orientales et de la Chine, quelques palmiers : Areca de TAustralie, Astrocaryum, des Indes orientales, Ptychosperma du Queensland.

Le bambou et le roting pourraient encore servir à une foule de constructions légères, comme on Ta vu à Texposition d*Amsterdam.

Vivoire végétal : Le plus anciennement connu est celui du Phytelephas macrocarpa, du Brésil et de la Colombie, vulg. corozo, tagua, cabeza de negro ; quoique ces noix niaient que 3 centimètres de diamètre et soient quelquefois creuses à l'intérieur, on en fabrique beaucoup de petits objets de tabletterie et depuis quelques années, surtout des boutons.

Quelques autres noix d'ivoire, moins importantes, sont celles d'un palmier de Madagascar (Hypfwene sp.) d'un sagoutier des lies des Amis (Sagus A micarum) d'un autre des lies Fidji {Sagus vitiensis) et d'un troisième des îles de l'Amirauté. Il y a deux ans, on importa de la côte occidentale d'Afrique, sous le nom de noix de bambou, un fruit toujours fortement piqué, que Ton présenta tantôt comme oléagineux, tantôt comme ivoire végétal, mais qui n'est bon sous aucun des deux rapports ; ce fruit provient du Raphia ruffla ou d'une espèce voisine.

J. Matières alimentaires.

Je ne puis que citer quelques produits :

Les fécules figurent au premier rang : «* l'amidon est tellement » répandu dans le règne végétal, » dit M. P. Duchartre,

Éléments de botaniqite p. 59, « qu'on aurait peine à citer 99 une plante qui n'en renferme dans Tune ou Tautre de ses n parties, à lune ou Tautre époque de sa végétation annuelle n et néanmoins les fabricants en manquent pour leurs apprêts et sont obligés d'employer des farines alimentaires. En 1855, le gouvernement belge proposa un prix de 10,000 fr. pour la découverte d'une substance non alimentaire, propre à remplacer les fécules dans leurs usages industriels ; le rapport conclut qu'il n'y avait pas lieu de décerner le prix ! Que de fécules cependant existent dans tous les pays. (Voir ma classification).

Le sucre de palmier; ce sucre ne pourrait-il pas entrer dans le commerce? Le sucre du Palmyra palm (Borassus flabelliformis) est extrait à l'île de Ceylan sous le nom de Jaggery ; les Javanais tirent du sucre du palmier Aren ou Gomotuh (Arenga saccharifera)^ Cet arbre produit du sucre à 10 ou 12 ans, et, d'après le D"^ de Vry, 30 ares d'arenga, dans un champ impropre à toute autre culture, produisent annuellement 2400 kilog. de sucre. Le dattier sauvage {Phœniœ sylvesiris), le nipah {Nipa fruHcans), le kittool (Caryota urens) et d'autres palmiers donnent encore du sucre, la production totale des Indes orientales et du royaume de Siam s'élève à plus de 150,000 tonneaux.

On a essayé, mais sans succès, paralt-il, à introduire le thé du Paraguay {Ilex sp.) sur les marchés d'Europe.

Grâce au perfectionnement des moyens de conservation et aussi grâce aux communications de plus en plus rapides, beaucoup d'excellents fruits des pays chauds pourraient venir figurer sur les tables de l'Europe ; l'ouverture du chemin de fer du St.-Gothard a amené en Belgique les figues fraîches de l'Italie.

K. Matières animales, etc.

Lé règne animal ne renferme pas moins de richesses que

-elle règne végétal ; les produits animaux servent pour ralimentation, dans rindustrie, et pour Tornementation.

La mer renferme d*immenses richesses en fait de poissons. M' P. Simmonds dit, dans son ouvrage The comfnercial prodiccts of ttie sea : » Un hectare de terre labourable fournit en une année 2 1/2 tonneaux de blé ou 6 à 7 quintaux de viande, le même espace dans de bonnes pêcheries fournit autant de matière nutritive en une semaine. Le perfectionnement des procédés de conservation nous fait participer aux ressources inépuisables des mers de TAmérique du Nord. Le saumon en boites {canned salmon) et une foule d'autres conserves nous arrivent de ce pays à un bas prix fabuleux. La préparation du saumon en boites a presque décuplé au N.-O. de TAmérique depuis 10 ans.

Les peaux et les pelleteries viennent aussi alimenter le commerce : le sud de l'Afrique exporte beaucoup de peaux d'antilope, etc. : la société du commerce, du Mozambique, vendit à Rotterdam, en juin 1876, 5461 peaux de gnu [Catoblepits gnu), 2542 peaux de quagga {A sinus quagga), 436 de giraffe (Camelopardalis giraffa), 96 de sanglier, 14 de lion et d'hyène, 41 de cerf, 2168 de blesbock {Oazella albifrons) et 3462 de diverses autres variétés d'antilopes.

Le cuir de Talligator du Mississipi {Alligator lucius) s'emploie pour chaussures et depuis quelque temps pour étuis à cigares et autres objets semblables ; on tue annuellement 40 à 50,000 de ces animaux. Les peaux d'iguane (Iguana cliv.) sont tannées, avec le quebracho, dans l'Amérique du Sud ; les peaux de boas (Boa anaconda) sont tannées au Brésil. L'Australie exporte des peaux de kângurous et d'autres marsupiaux ; les lapins sont devenus une plaie en ce pays par leur énorme multiplication.

Les cornes et Tivoire s'importent de divers pays. Vivoire fossile du mammouth (Elephas primigenius) s'extrait des terres glacées de la Nouvelle-Sibérie ; les centres de ce commerce sont Turuchansk, sur le lénisséi, et Obidorsk, sur l'Obi ; on vend annuellement 100 pouds (1636 kih) d'ivoire

fossile dans chacune de ces villes ; on a trouvé récemment des dépôts plus grands encore sur les bords du Youkon, dans le territoire d'Alaska.

Divers oiseaux fournissent les plumes d'ornement ; Télevage des autruches devient de plus en plus lucratif.

Les applications des coquillages pourraient fournir bien des lignes intéressantes : le travail de la nacre, les camées, les bijoux. Les élytres brillantes de certains coléoptères sont quelquefois employées dans la tabletterie, etc.

Les huiles animales méritent aussi attention, par exemple, Thuile d'oolachan, du poisson Thaleichtys pacifîeuSy espèce de sardine de la côte de la Colombie britannique, qui pourrait remplacer celle du foie de morue, etc.

Le commerce des spécimens dhistoire naturelle de tout genre peut donner lieu à de grandes transactions ; les facilités des communications, tout en faisant baisser les prix, font procurer beaucoup de nouveaux spécimens.

Les minerais pourraient servir de lest aux navires, je ne les mentionne que pour mémoire : nickel de la Nouvelle- Calédonie, étain de Quéensland, bismuth de la Bolivie, chrome de TAsie mineure, etc. etc.

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