‹ Les ridicules du tempsChapitre 14 sur 25 · MADAME DE MAQUERELAS-MAJOR · texte numérisé non relu

MADAME DE MAQUERELAS-MAJOR

Elle n'est pas Espagnole, malgré la tournure

hispanique de son nom. Elle est Française, parfaitement Française, tout ce qu'il y a de plus Française. J'ai ouï dire à des gens qui s'occupent des familles, qu'il y a des Maquerelas un peu partout; c'est une race nombreuse et florissante. Mais des Maquerelas-Major, non ! Major fait une fière différence. C'est là une branche à part de Maquerelas, tout dernièrement surgie, toute moderne, qui, pour l'instant, pousse ferme en France, et promet de vigoureusement s'y étendre, et un jour, — que Dieu nous soit en aide ! — de fastueusement s'y étaler !

Ainsi, ornement et commodité de ma belle patrie, elle est Française, Mme de Maquerelas-Major, et Française de ce temps aimablement utilitaire, de cette minute excessivement intéressante et positive,

où les Français, las d'être eux-mêmes, las d'être Mousquetaires Rouges, Chevau-Légers, Justaucorps Bleus, Régence, comme dit Crével dans les Parents pauvres, se font de plus en plus Américains, Jaquettes, et Piles de pièces de cent sous ! Type nouveau d'une société nouvelle, fruit de la terre cultivée de l'Ecu, que les autres siècles n'avaient pas savouré, les moralistes du passé ne l'ont point connue, cette femme utile. Même les derniers venus qui nous marchent sur les talons dans cette queue leu leu de l'Histoire, — La Bruyère, Vauvenargues et Champfort, — n'en ont soufflé mot dans leurs Caractères, leurs Portraits et leurs Anecdotes. Ils ont bien probablement rencontré de leur vivant des drôlesses qui portaient la moitié de son nom, mais elle, complète, et telle que la voici ! elle leur aura manqué. Ils ne l'ont pas connue, et peut-être auraient-ils été très enchantés de la connaître, car c'étaient, sauf erreur, tous les trois des célibataires... et des célibataires bien ennuyés, à ce qu'il paraît, de leur état. A en juger du moins par la morale de leurs livres, qui, fichtre! n'est pas gaie, ils devaient, tous les trois, grandement soutfrir de ce qui fait la gloire de Dieu : Etre célibataire !

Eh bien, elle les aurait mariés!

Ne vous récriez pas !

Elle les aurait mariés, — quoique ce ne fût pas facile, — ces observateurs! Elle aurait marié

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