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Cette thèse aurait été formulée pour la premicre fois dans un rapport adressé, le 31 août 1843, au prélet du Calvados par le directeur des Douanes de ce département, Bauny de Recy!:
« Les rivages des fleuves et des rivières, y est-il dit, sont les terres qui, dans la longue étendue de leurs cours, retiennent les eaux de ces fleuves et de ces rivières resserrées dans leur lit et défendent les propriétés riveraines de leurs inondations. C’est le long de ces terres, et lorsqu'il s’y forme insensiblement et imperceptiblement des atterrissements, que ceux-ci appartiennent aux propriétaires riverains, à charge de laisser, pour la navigation, un marchepied ou chemin de halage. Au contraire, les bords des baïes, des golfes, des rades, des embouchures, libres à tous comme les rivages mêmes de la mer, ne servent plus à contenir les eaux des fleuves et des rivières. Là, plus de marchepied, plus de chemin de halage ; les navires, quand la mer est haute, ÿ voguent à pleines voiles. Là, plus d’atterrissements formés insensiblement et imperceptiblement. De fleuves, de rivières, il n’y en a plus. Leur cours, envahi, divisé, souvent bouleversé, perdu à travers les sables et les grèves, est le Jouet des caprices de la mer. Ce n’est que quand celle-ci se retire que