‹ Les rivalitésChapitre 14 sur 30 · LB CABINET DES ANTIQUES · texte numérisé non relu

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k'ui- du Cabinet des Antiques sans avoir pu les ob-

tune de> d'Esgrignon, soigneusement idministrée par Le notaire Chesnel, suffisait difficile- Dent L'entretien à de ce digne gentilhomme qui rivait lentement, mais sans le moindre faste. Quoique le ►récepteur du comte Victurnien d'Esgrignon, L'espoir le l,t maison, tût un ancien Oratorien donné par igneur l'Évêque, et qu'il habitât l'hôtel; encan ui fallait- il quelques appointements. Les gages d'une arisinière, ceux d'une femme de chambre pour malemoiselle Armande, du vieux valet de chambre de nonsieur le marquis et deux autres domestiques, la lourriture de quatre maîtres, les frais d'une éducation )ourla»mclle on ne négligea rien, absorbaient entièrenent les revenus, malgré l'économie de mademoiselle Vi mande, malgré la sage administration de Chesnel, nalgré L'affection des domestiques. Le vieux notaire ne wuvait encore faire aucune réparation dans le château lévasté, il attendait la tin des baux pour trouver une LUgmentation de revenus due soit aux nouvelles méhodes d'agriculture, soit à L'abaissement des valeurs nonétaires, et qui allait porter ses fruits à l'expiration le contrats passés en 1809. Le marquis n'était point nitié aux détails du ménage ni à l'administration de W& biens. La révélation des excessives précautions employées pour joindre les deux bout* de V année } suivant 'expression des ménagères, eût été pour lui comme un ioup de foudre. Chacun le voyant arrivé bientôt au erme de sa carrière, hésitait à dissiper ses erreurs. La grandeur de la maison d'Esgrignon , à laquelle personne ne pensait ni à la Cour, ni dans l'État; qui, passé es portes de la ville et quelques localités du département, était tout à fait inconnue, revivait aux yeux du

marquis et de ses adhérents dans tout son éclat. La maison d'Esgrignon allait reprendre un nouveau degré de splendeur en la personne de Victurnien, au moment où le> nobles spoliés rentreraient dans leurs biens, et même quand ce bel héritier pourrait apparaître à la Cour pool entrer au service du Roi, par suite épouser, comme jadis faisaient les d'Esgrignon, une Navarreins, une Cadignan,une d'Uxelles, une Beau>éant, une Blamont- Chauviy, enfin une tille iéunissant toutes les distinctions de la noblesse, de la richesse, de la beauté, de rit et du caractère. Les personnes qui venaient faire leur partie le soir, le Chevalier, les Troisville prononcez Tré ville), les La Roche-Guyon, les Castéran (pronuneez Catéran) , le duc de Verneuil habitués depuis longtemps à considérer le grand marquis comme un immense personnage, l'entretenaient dans ses idées. 11 n'y avait rien de mensonger dans cette croyance, elle entêté juste si Ion avait pu effacer les quarante dernières années de l'histoire de France. Mais les consécrations les plus respectables, les plus vraies du Droit, comme Louis XV111 avait essayé de les inscrire en datant la Charte de la vingt et unième année de son règne, n'existent que ratifiées par un consentement universel : il manquait aux d'Esgrignon le fond de la langue politique actuelle, l'argent, ce grand relief de l'aristocratie moderne; il leur manquait aussi la continuation de , cette renommée qui se prend à la cour bien que mu- les champs de bataille, dans les salons de la diplomatie comme à la Tribune, à l'aide d'un livre comme à propos d'une aventure, et qui est comme une Sainte-Ampoule versée sur la tète de chaque génération nouvelle. Une famille noble, inactive, oubliée est une lille sotte, laide, pauvre et sage, les quatre points cardinaux du malheur. Le mariage d'une

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