‹ Les rivalitésChapitre 8 sur 30 · LA VII I 1 I I I II II H · texte numérisé non relu

LA VII I 1 I I I II II H

lernière nouvelle se résuma dans toutes les maisons itte phrase: — Qu'arrive-t-il donc chei les Cornon? L'abbé de Sponde, questionné fort adroitement [Uand il sortit de Saint-Léonard pour aller se promeu'iMii Cours avec l'abbé Couturier, répondit bonifacenent qu'il attendait le vicomte de Troisville, gentillOmme an service de Russie pendant l'émigration, ■t qui revenait habiter Alençon. De deux à cinq heures, me espèce de télégraphe labial joua dans la ville et apmt à tons les habitants que mademoiselle Cormon avait ■ntin trouvé un mari par correspondance, et qu'elle allait fpouser le vicomte de Troisville. Ici l'on disait : Moreau ait déjà le lit. Là, le lit avait six pieds. Le lit était de [uatre pieds, rue dû Bercail, chez madame Granson. !*était un simple lit de repos chez du Ronceret où dilaitdu BoUsquier. La petite bourgeoise prétendait qu'il oûtait onze cent- francs. Généralement on disait que 'était <-/<//> la peau de l'ours. Plus loin, les carpes raient renchéri ! Mariette s'était jetée sur le marché «ury faire une i ifle générale. En haut de la rue Saintllaise, Pénélope avait du crever. Ce décès se révoquait n doute chez le receveur-général. Néanmoins il était nthen tique à la Préfecture que la bète avait expiré en oui 'liant la porte de l'hôtel Cormon, tant la vieille tille tait accourue avec vélocité sur sa proie. Le sellier qui leireurait au coin de la rue de Séez fut assez osé pour enir demander s'il était arrivé quelque chose à la voiure de mademoiselle Cormon, afin de voir si Pénélope tait morte. Du haut de la rue Saint-Biaise jusqu'au •ont de la rue du Bercail, on apprit que, grâce aux oins de Jacquelin, Pénélope, cette silencieuse victime e l'intempérance de sa maîtresse, vivait encore, mais île paraissait soutirante. Sur toute la route de Bretagne, e vicomte de Troisville était un cadet sans le sou, car

Les biens du Perche appartenaient au marquis deTrobvillc, pair de Fiance qui avait deux enfants. Ce mariage était une bonne fortune pour le pauvre émigré, le vicomte était l'affaire de mademoiselle Cormon; l'aristocratie de la route de Bretagne approuvait le mariage, la vieille tille ne pouvait faire un meilleur emploi de sa fortune. Mais, dans la bourgeoisie, le vicomte de Troisville était un général russe qui avait combattu contre la France, qui revenait avec une grande fortune gagnée à la cour de Saint-Pétersbourg; c'était un étranger, un des alliés pris en haine par les Libéraux. L'abbé de Sponde avait sournoisement moyenne ce mariage. Toutes les personnes qui avaient le droit d'entrer chez mademoiselle Cormon comme chez eux se promirent d'aller la voir le soir. Pendant cette agitation transurbaine, qui lit presque oublier Suzanne, mademoiselle Cormon n'était pas moins agitée; elle, éprouvait des sentiments tout nouveaux. En regardant son salon, son boudoir, le cabinet, la salle à manger, elle fut saisie d'une appréhension cruelle. Une espèce de démon lui montra ce vieux luxe en ricanant; les belles choses qu'elle admirait depuis son enfance furent soupçonnées, accusées de vieillesse. Enfin elle eut cette crainte qui s'empare de presque tous les auteurs, au moment où il- lisent une œuvre qu'ils croient parfaite à quelque critique exigeant ou blasé; le? situations neu\es paraissent usées; les phrases les mieux tournées, les plus léchées, se montrent louches ou boiteuses; les images grimacent ou se contrarient, le faux saute aux yeux. De même la pauvre fille tremblait de voir sur les lèvres de monsieur de Troisville un sourire de mépris pour ce salon d'évôque; elle redouta de lui voir jeter un regard froid sur cette antique salle à manger; enfin elle craignit que le cadre ne vieillit le tableau. Si ces antiquité?

là mi: in i. PILLI i!3

ul tient jeter sur elle un reflet de vieillesse? Cette question qu'elle se lit lui donna la chair de poule. En ce

ut. elle aurait livré le quart de ses économies [.mu pouvoir restaurer sa mai-nu en un instant par un coup de baguette de fée, Quel est le fat uY général qui n'a pas frissonné la veille d'une bataille? La

trouvait entre un Austerlitz et un Waierioo.

— Mad une la vicomtesse de Troisville, se disait-elle, lu nom! Nos biens iraient au moins dans une bonne uaison.

Elle était en proie à une irritation qui faisait tres- .aillir se- plus déliés rameaux nerveux et leurs papilles lepuissi longtemps noyées dans l'embonpoint. Tout son |«ng, fouetté par l'espérance, était en mouvement. Elle e -entai: la force de converser, s'il le fallait, avec monieur de Troisvilte. 11 est inutile de parler de l'activité ivec laquelle fonctionnèrent Josette, Jacquelin, Mariette, Joreau et ses garçons. Ce fut un empressement de ourmis occupées à leurs œufs. Tout ce qu'un soin ournalier rendait si propre fut repassé, brossé, lavé, rutté. Les porcelaines des grands jours virent la lumière. rvices damassés numérotés A, B, C, D furent irés des profondeurs où ils gisaient sous une triple ;arde d'enveloppes défendues par de formidables lignes ('épingles. Le^ plus précieux rayons de la bibliothèque urent interrogés. Enfin mademoiselle sacrifia trois boueille- des fameuses liqueurs de madame Amphoux, la •lus illustre des distillatrices d'outre-mer, nom cher ux amateurs. Grâce au dévouement de ses lieutenants, oademoiselle put se présenter au combat. Les difteentes armes, les meubles, l'artillerie de cuisine, les atteries de l'ofGce, les vivres, les munitions, les corps serve furent prêts sur toute la ligne. Jacquelin,

Mariette et Josette reçurent l'ordre de se mettre en grande tenue. Le jardin fut ratissé. La vieille tille regretta de ne pouvoir s'entendre asec les rossignols logés dans les arbres pour obtenir deux leurs plus belles roulades. Enfin, sur les quatre heures, au moment mèmeoù l'abbé de Sponde rentrait, où mademoiselle croyait avcir vainement mis le couvert le plus coquet, apprêté le plus délicat des dîners, le clic-clac d'un postillon se fit entendre dans le Val-Noble.

— C'est lui ! se dit-elle en recevant les coups de fouet dans le cœur.

En effet, annoncé par tant de cancans, un-certain cabriolet de poste où se trouvait un monsieur seul avait fait une si grande sensation en descendant la rue Saint- Biaise, et tournant la rue du Cours, que quelques petits gamins et de grandes personnes l'avaient suivi, et restaient groupés autour de la porte de l'hôtel Cormon pour le voir entrer. Jacquelin, qui flairait aussi son propre mariage, avait entendu le clic-clac dans la rue Saint-Biaise, il avait ouvert la grand'porte à deux battants. Le postillon, qui était de sa connaissance, mit sa gloire à bien tourner, et anèta net au perron. Quant au postillon, vous comprenez qu'il s'en alla bien et dûment grisé par Jacquelin. L'abbé vint au-devant de son hôte dont la voiture fut dépouillée avec la prestesse qu'auraient pu y mettre des voleurs pressés. Elle fut: remisée, la grand'porte fut fermée, et il n'y eut plus de traces de l'arrivée de monsieur de Troisvhle en quelques minutes. Jamais deux substances chimiques ne se marièrent avec plus de promptitude que la maison Cormon n'en mit à absorber le vicomte de Trois- < ville. Mademoiselle, de qui le cœur battait comme à un lézard pris par un pâtre, resta héroïquement dai bergère, au coin du feu. Josette ouvrit la porte, et le

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rkorote de Troisville, suivi de L'abbé de Sponde , se traduisit aui regarda <1" l.i vieille 811e.

— Mi nièi e, voici monsieur le vicomte de Troisville, e petit-fils d'un de mes camarades de collège. — Moniteur de Troisville, voici ma nièce, mademoiselle Cornon.

— Ah! le bon oncle, comme il pose bien la question ! «nsa Rose-Marie- Victoire.

Le vicomte de Troisville était, pour le peindre en leui mots, du Bousquier gentilhomme. Il y avait iitrc eux toute la dillérence qui sépare le genre vulaire et le genre noble. S'ils a\ aient été là tous deux, été impossible au libéral le plus enragé de nier aristocratie. La force du vicomte avait toute la disinction de L'élégance : -es formes conservaient une dinité magnifique j il avait des yeux bleus et des cheeux noirs, un teint olivâtre, et il ne devait pas avoir tus de quarante-MX ans. Vous eussiez dit un bel Espa- Dol conservé dans les glaces de la Russie. Les maîères, la démarche, la pose, tout annonçait un diplo— îate qui avait vu l'Europe. La mise était celle d'un omme comme il faut en voyage. Monsieur de Troisille paraissait fatigué, l'abbé lui offrit de passer dans i chambre qui lui était dertinée, et fut ébahi quand i nièce ouvrit le boudoir transformé en chambre à «cher. Mademoiselle Cormou et son oncle laissèrent ilors le n«»ble étranger vaquera ses affaires avec l'aide e Jacquelin, qui lui apporta tous les paquets dont il •ait besoin. L'abbé de Sponde et sa nièce allèrent se romener le long de la Brillante, en attendant que Kmsieur de Troisville eût fini sa toilette. Quoique ibbé de Sponde lût, par un singulier hasard, plus stiait qu'à l'ordinaire, mademoiselle Gormon ne fut is moins préoccupée que lui. Tous deux ils marché-

mit en silence. La vieille fille n'avait jamais rencontré d'homme aussi séduisant que l'était l'olympien vicomte. Elle ne pouvait se dire à l'allemande : — Voilà mon idéal ! mais elle se sentait prise de la tête aux pieds, et -tit: — Voilà mon affaire ! Tout à coup elle vola chei Mariette, pour savoir si le dîner pouvait subir un retard sans rien perdre de sa bonté.

— Mon oncle, ce monsieur de Troisville est bien aimable, dit-elle en revenant.

— Mais, ma tille, il n'a encore rien dit, fit en riant l'abbé.

— Mais cela se voit dans la tournure, sur la physionomie. Est-il garçon?

— Je n'en sais rien, répondit l'abbé, qui pensait à une discussion sur la grâce émue entre l'abbé Couturier et lui. Monsieur de Troisville m'a écrit qu'il désirait ac-' quérir une maison ici. — S'il était marié il ne serait pas venu seul, reprit-il d'un air insouciant; car il n'admettait pas que sa nièce pût penser à se marier.

— Est-il riche ?

— 11 est le cadet d'une branche cadette, répondit l'oncle. Son grand-père a commandé des escadres; mais le père de ce jeune homme a fait un mauvais mariage.

— Ce jeune homme! répéta la vieille fille. Mais il jne semble, mon oncle, qu'il a bien quarante-cinq ans, dit-elle ; car elle éprouvait un excessif désir de mettre leurs âges en rapport.

— Oui , dit l'abbé. Mais à un pauvre prêtre de soixante -dix ans, Rose, un quadragénaire parait jeune.

En ce moment, tout Alençon savait que monsieur le vicomte de Troisville était arrivé chez mademoiselle

Sermon. L'étranger rejoignit bientôt aea hâtes, i ■rit .1 admirtr la vue de la Brillante, Le jardin <t la

IMÎroIl.

— Monsieur L'abbé, dit-il, toute mon ambition serait le trouver une habitation semblable à celle-ci. La vieille die voulut voir une déclaration dans cette phrase, et

les yeux. — Vous devez bien vous y plaire, maemoiselle? reprit le vicomte.

— Gomment ne m'y plairais-je pas? elle est dans no- « famille depuis l'an 1574, époque à laquelle un de os ancêtres, intendant du duc d'Alençon, acquit ce nain et la fit bâtir, dit mademoiselle Cormon. Elle 4 sur pilotis.

lacquelin annonça le dîner; monsieur de Troisville liit son bras "i l'heureuse tille, qui tacha de ne pas trop y appuyer, elle craignait encore tant d'avoir l'air de jre des avances!

— Tout est très-harmonieux ici, dit le vicomte en Asseyant à table.

— Nos arbres sont pleins d'oiseaux qui nous font de musique à bon marché; personne ne les tracasse, et

ute> le.- nuits le rossignol chante, dit mademoiselle )rmon.

— Je parle de l'intérieur de la maison, fit observer vicomte, qui ne se donna pas la peine d étudier ma-

■KMselle Cormon et ne reconnut point sa nullité d'esit. — Oui, tout y est en rapport, les tons de couleur, I meubles, la physionomie.

— Cependant elle nous coûte beaucoup , les imposi- •ns sont énormes, réponditl'excellente fille, frappée du 't rapport.

— Ah! les impositions sont chères ici? demanda le :omte qui, préoccupé de ses idées, ne remarqua point coq-à-1'àne.

— Je ne >ais pas, dit l'abbé. Ma nièce est chargée de l'administration de nos deux fortunes.

— Les impositions sont des misères pour des personne- riches, reprit mademoiselle Cormon,qui ne voulut point paraître avare. Quant aux meubles, je les laisserai comme ils sont et n'y ferai rien changer, à moins que je ne me marie; car alors il faudra que tout ici soit au goût du maître.

— Vous êtes dans les grands principes, mademoiselle, dit en souriant le vicomte, vous ferez un heureux...

— Jamais personne ne m'a dit un si joli mot, pensa la vieille fille.

Le vicomte complimenta mademoiselle Cormon ^ui le service, sur la tenue de la maison, en avouant qu'i croyait la province arriérée, et qu'il la trouvait très comfortable.

— Qu'est-ce que c'est que ce mot-là, hon Dieu' pensa-t-elle. Où est le chevalier de Valois pour y répon dre? Comfortable? Y a-t-il plusieurs mots là-dedans Allons, du courage, se dit-elle, c'est peut-être un mo russe, je ne suis pas obligée d'y répondre. — Mais,re prit-elle à haute voix en se sentant la langue déliée pa l'éloquence que trouvent presque toutes les créature humaines dans les circonstances capitales, monsieui nous avons ici la plus brillante société. La ville se réu nit précisément chez moi. Vous pourrez en juger tout l'heure, car quelques-uns de nos fidèbs auront san doute appris mon retour, et viendront me voir. Non avons le chevalier de Valois, un seigneur del'ancienn cour, homme d'infiniment d'esprit, de goût; puis mor .-ieur le marquis d'Esgrignon et mademoiselle Armand sa sœur 'elle se mordit la langue et se ra\i-a : un fille remarquable dan- son genre, ajouta-t-elle. Llle

voulu rester tille pour laisser toute sa fortune à son * à >"ii neveu.

— Ali! lit le vicomte, oui, les d'Esgrignon, je me les rappelle.

— AlençOD est très-gai, reprit la vieille tille une fois

"il 5'] amuse beaucoup, le receveur général

donne des bals, le préfet est un homme aimable, mon-

ui l'évêque nous honore quelquefois de sa visite...

— Allons! reprit en souriant le vicomte, j'ai donc bien fait de vouloir revenir, comme le lièvre, mourir

-ite.

— Moi aussi, dit la vieille fille, je suis comme le liè-

meurs où je m'attache.

Le vicomte prit le proverbe ainsi rendu pour une plaisantent', et sourit.

— Ah ! se dit la vieille fille, tout va bien, il me comprend, celui-là!

La conversation se soutint sur des généralités. Par une de ces mystérieuses puissances inconnues, indéfinissables, mademoiselle Cormon retrouvait dans sa cervelle, .-.aïs la pression de son désir d'être aimable, toutes les tournures de phrases du chevalier de Valois. C'était Comme dans un duel où le diable semble ajuster luimême le canon du pistolet. Jamais adversaire ne fut mieux couché en joue. Le vicomte était beaucoup trop homme de bonne compagnie pour parler ùe l'excellence du diner; mais son silence était un éloge. En buvanl les vins délicieux que lui servait profusément Jacquelin, il semblait reconnaître des amis et les retrouver avec un vif plaisir, car le véritable amateur n'applaudit pas, il jouit. Il s'informa curieusement du prix des terrains, des maisons, des emplacements ; il se fit longuement décrire par mademoiselle Coi mon l'endroit du confluent de La Brillante et de la Sarthe. 11 s'étonna de ce que la

ville se fût placée si loin de la rivière, la topographie du pays l'occupait beaucoup. Le silencieux abbé Laissa*

tenir à sa nieee le dé de La conversation. Véritablement, mademoiselle crut occuper monsieur de Trois?

ville, qui lui souriait avec grâce, et qui s'engagea pendant ce diner beaucoup plus que ses plus empressé! épouseurs ne s'étaient engagés en quinze jours. Au-i, comptez que jamais convive ne fut mieux ouaté de petits -oins, enveloppé de plus d'attentions. Vous eussiez dit un amant chéri, de retour dans le ménage dmit il fait le bonheur. Mademoiselle prévoyait le moment où il fallait du pain au vicomte, elle le couvait de ses regards; quand il tournait la tète, elle lui mettait adroitement un supplément du mets qu'il paraissait aimer; elle l'aurait fait crever s'il eût été gourmand; mais quel délicieux échantillon n'était-ce pas de ce qu'elle comptait faire en amour? Elle ne commit pas la sottise de se déprécier, elle mit bravement toutes voiles dehors, arbora tous ses pavillons, se posa comme la reine d'Alençon et vanta ses confitures. Enfin elle pécha des compliments en parlant d'elle-même, comme si tous ses trompettes étaient morts. Elle s'aperçut qu'elle plaisait au vicomte, car son désir l'avait >i bien transformée, qu'elle était devenue presque femme. Au dessert, elle n'entendit pas sans un ravissement intérieur des allées et des venues dans l'antichambre et des bruits au sa-- Ion qui annonçaient que sa compagnie habituelle venait. Elle fit remarquer cet empressement à son oncle et à monsieur de Trois ville comme une preuve de l'affection qu'on lui portait, tandis que c'était l'effet de la lancinante curiosité qui avait saisi toute la ville. Impatiente de se montrer dans sa gloire, mademoiselle Cor- 1 mon dit à Jacquelin que l'on prendrait le café et les liqueurs dans le salon où le domestique alla, devant

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l'élite de la société, étaler les magnificence! d'un cabaret de Saxe qui ne sortail «I» son armoire que deux lois i. Ces circonstances furent observées toutes parla compagnie en train de gloser à petit bruit.

— Peste! lit du Bousquier, rien que les liqueurs de madame Amphoux qui ne servent qu'aux quatre têtes c irillonm

— C'est décidément un mariage arrangé depuis un an par correspondance, dit monsieur le président du Ron-

Le directeur «les postes reçoit ici, depuis un an, i!c- lettres timbrées d'Odessa.

M idame Granson frissonna. Monsieur le chevalier de Valois, quoiqu'il eut dîné comme quatre, pâle jusque dans la section senestre desatigure, sentit qu'il allait lifrer son secret et dit : — Ne trouvez-vous pas qu'il fait p>id aujourd'hui? je suis gelé.

— C'est le voisinage de la Russie, pt du Bousquier. Le chevalier le regarda d'un air qui voulait dire : —

Bien joué.

lemoiselle Cormon apparut si radieuse, si triomphante, qu'on la trouva belle. Cet éclat extraordinaire n'était pas dû seulement au sentiment; toute la masse de son sang tempêtait en elle-même depuis le matin, et tes nerfs étaient agites par le pressentiment d'une grande

: il fallait toutes ces circonstances pour lui avoir permis de se ressembler si peu à elle-même. Avec quel bonheur ne fit-elle pas les solennelles présentations du vicomte au chevalier, du chevalier au vicomte, de tout Alençon à monsieur de Troisville, de monsieur de Troisville à ceux d'Alençon ! Par un hasard assez explicable, le vicomte et le chevalier, ces deux natures aristocratiques, se mirent à l'instant même à l'unisson; el 1reconnurent; et tous deux ils se regardèrent comme deux hommes de la même sphère. Ils se mirent à eau-

ser, debout devant la cheminée. Un cercle se forma devant eux, et leur conversation, quoique faite sotto fut écoutée dans un religieux silence. Pour bien saisir l'effet de cette Bcène, il faut se figurer mademoiselle Cormon occupée à cuisiner le café de son prétendu prétendu, le dos tourné à la cheminée.

■OKS1EUI DE VALOIS.

Monsieur le vicomte vient, dit-on, s'établir ici ?

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