DERVAL, LISE
D E R v A L, rêvant sur le devant de la scène^ On lui a imposé des devoirs.
LISE, toujours assise et brodant.
C'est la première lois qu'elle s'en plaint.
DERVAL
Elle les respecte.
LISE
C'est bien la moindre chose.
DERVAL
Cependant à travers sa dignilé , j'ai cru démêler une teinte de sensibilité...
LISE
Il pourrait bien avoir raison.
DERVAL
Une femme polie écoute.
Et bien souvent a tort.
DERVAL
Mais on n'écoute pas iiisqu'à la fin un homme qui dépL:ît et qui s'expiique nettement.
LISE
La conséquence est naturelle.
Elle est charmante.
LISE
C'est vrai.
Je ne suis pas mal,
LISE
Il est modeste.
Elle me tourne la tête , elle est disposée à aimer : je m'attache à elle , et je ne la quitte plus...
LISE
Oh , le petit scélérat !
Et j'épuiserai tous les moyens de plaire que m'a donnés la nature.
Quel plan diabolique !
D E R V A L j 7-em.ontant la scène.
Mademoiselle?
LISE
Monsieur ?
Vous me seconderez , n'est-il pas vrai?
LISE
Oh! bien certainement non.
J'y compte cependant.
LISE
Vous avez très-grand tort.
Vous rejetez le petit traité que je vous propose? ( ihant sa bourse. ) Voilà pourtant les épingles du marché. LISE, prenant la bourse.
Ah! on ne refuse pas des épingles.
Mais ce n'est pas tout de les prendre.
LISE
C'est, cependant tout ce que je puis pour vous.
Me voilà fort avancé. Ah ça , vous resterez neutre , au
moins.
LISE
C'est ce que je ne peux vous pronaettre.
J'ai encore des épingles.
LISE
Ali ! voyons cela.
IVon , je ne m'exposerai pas à perdre deux fois mes arrhes. Ptépondez-moi franchement, et vous n'aurez pas à vous plaindre. Votre maîtresse va sans doute à Paris?
LISE
Ma maîtresse va en Flandres.
Comment en Flandres !
LISE
Cela vous paraît extraordinaire !
Ridicule. Aller en Flandres lorsque je vais à Paris! Et que va-t-elle faire en Flandres?
LISE
Remplir les devoirs dont elle vous parlait tout-à-l'heure.
Elle a un mari flamand.
LISE
Ai-je dit un mot de cela?