habitants
• i^ San Siméone.
•2 paroisses catholiques.
' Sant'AnasIasia.
4 paroisse grecque orientale dont les adhérents sont répandus surtout dans In campajïne :
4 couvents catholiques.
1 gymnase.
■\ école royale,
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2 écoles primaires de garçons.
1 école primaire de filles.
-1 agence du Lloyd.
Mgr de IMaupas, né en 1813 de parents français établis à Spalato, occupe le siège arctiiépiscopal. Les irrédentistes se recrutent surtout dans les rangs des schismatiques. Ils attendent leur incorporation à l'Italie comme l'heure de la délivrance. Cette tendance est le fait de quelques individus ambitieux et remuants. L'ensemble de la population est sincèrement attaché à la couronne impériale d'Autriche. Presque tous les indigènes sont de race slave. Les étrangers et les fonctionnaires allemands ou italiens sont nombreux ; ils forment une classe à part, une sorte de bourgeoisie administrative, qui introduit au sein d'un peuple ignorant les goûts et les habitudes de la civilisation.
On compte trois journau.K à Zara, écrits en diverses langues et plusieurs librairies.
Zara est une ville charmante, très animée par le concours journalier des tribus voisines, qui viennent de la plaine, de la montagne et des îles, échanger leurs produits et leurs denrées contre les objets les plus indispensables de la vie: vêtements, étoffes, coiffures, armes, ustensiles de ménage et de labour. Il en résulte que les bazars sont nombreux et présentent un assortiment considérable de marchandises. L'aspect en est pittoresque et ne le cède guère pour les couleurs et la variété à celui des boutiques du Cairo ou de Damas.
Les personnes ne sont pas moins curieuses à étudier.
DALMATlh:
Chaque village a son cosLume fixé par la tradition et rebelle à tous les caprices de la mode. Le rouge est le fond commun, sur lequel se brodent et se dessinent les caractères dislinctifs et les nuances laissées à l'arbitraire. 11 éclate depuis le fichu noué sous le menton jusqu'au tablier et aux Ijas, se renfermant dans une sorte de babouche à pointe recourbée. Pour les femmes, une robe foncée et courte, une chemise blanche à larges manches serrées au poignet, ou sans manches avec un bracelet au bras, et un corsage rubicond, orné de broderies, forment un ensemble qui n'a rien de discordant. Le panier qu'elles portent habituellement sur la tète ne diminue pas la légèreté de leur démarche;
Les jeunes filles se chargent de colliers, de pièces d'or et exhibent leur dot à tous les yeux. Les arabesques de leurs corsets et les dessins de leurs tabliers sont comme l'emblème sympathique de leurs qualités. Les hommes euxmêmes ont la poitrine constellée de médailles à l'effigie de Marie-Thérèse et brillent au soleil comme des miroirs. Pacifiques et lents, ils laissent à leurs compagnes le soin de traiter les affaires et mettent leur vanité dans les nuances multiples de leurs gilets, la richesse de leurs ceintures et l'éclat de leurs armes. Ils ce plaisent à fumer et à écouter de beaux récits. Ils n'ont pas encore perdu le goût des habitudes patriarcales et remplacé les joies sereines du foyer par les théories creuses des discussions politiques et les liaisons banales ou nialsaines du cabaret.
Tous ont la toque rouge. C'est la coilVure qui règne sur les bords de la Méditerranée, depuis Ceula et Tanger jusqu'à
l'it-i LES RIVES ILLYRIENNES
Smyriie et Stamboul, depuis !e Cuire et Jérusalem jusqu'à Corfou et Zara. L'étoile reste partout la même ; la terme et les accessoires cliang-ent avec le nom. A Alger, le bonnet rouge est large, long, rabattu sur l'occiput, comme celui de nos zouaves et orné d'un gland de soie noire. C'est le chéchia. A Tuuis, il est court, cintré, pailleté de cannetilles d'or. Il se porte coquettement posé sur l'oreille droite. Au Caire et dans toute l'Egypte et le Soudan, il prend la forme d'un tronc de cône, placé sur le sommet de la tète et légèrement incliné sur le cervelet. Il n'a pas d'appendice ; c'est le fez. En Syrie, ses proportions diminuent. Mais à Constantinople, il devient plus large, affecte la tournure d'un cylindre et se décore d'une flamme bleue. On l'appelle tarbouch. Au Monténégro et en Albanie, il restreint notablement ses dimensions; il se transforme en toque, renfoncée par le milieu et chargée sur ses bords et à sa base de lamelles d'or et de fines broderies. En Dalmatie, la toque se simplifie, mais reste toujours élégante d'aspect (voir la grav. p. Vil)
On peut diviser les peuples de l'univers en deux classes . les partisans du chapeau et les amis du bonnet. Le chapeau aspire à prédominer. Ses bords varient avec les idées et les tendances de la politi(iue, et, depuis que les femmes l'ont adopté, il s'abandonne à des airs extravagants, il est ambitieux, changeant, volumineux, souvent incommode, lourd à la pluie, intolérable à la chaleur.
Le bonnet, modeste ou riche, est toujours souple, toujours doux, s'accommode de tous nos caprices, se prête à toutes nos eîtigences et nous protège contre les rigueurs de la température. C'est la coifTure des peuples qui obéissent.
comme le chapeau est la coiffure des peuples qui commandent.
Par son nom même le bonnet exprime une idée de bienêtre et de bonté, et le chapeau, une idée d'autorité et de domination. On garde le bonnet, même devant Dieu ; on quitte le chapeau, même devant les hommes. Le bonnet rappelle les traditions du passé, la vie heureuse au sein de la famille, la science, la magistrature cl la religion. Il couvre le docteur et le juge. Le diadème, la mitre et la tiare en sont le couronnement. Le chapeau représente l'audace, la nouveauté, l'esprit d'aventure, en un mot, l'élément civil élevé à sa dernière puissance. La casquette et le képi en dérivent, et son apogée, c'est le casque!
La Gascogue et l'Ecosse, la Laponie et la Hongrie, la Turquie et la Perse, l'Egypte et presque tout le bassin de la Méditerranée sont encore les amis du bonnet, qu'il soit loque, béret, fez, chéchia, turban ou tarbouch. Le chapeau règne en France, en Angleterre, en Italie, sur les bords de la Sprée, en Chine, au Japon, sur les plages de l'Australie et dans les deux Amériques. Qui dira jamais toute la poésie et la douceur du bonnet? Qui célébrera la vertu et le prestige du chapeau? La lutte entre le chapeau et le bonnet n'est pas près de finir. Elle nous réserve bien des surprises.
Je porte le chapeau, mais j'avoue que toutes mes sympathies sont pour le bonnet, propre, élégant, décemment orné, tel enfin qu'il se montre sur les côtes de la Dalmatie;
ZARA. — SA PORTE DORÉE. — SES EGLISES. — SES PORTEUSES d'EAU. — HISTOIRE ET CARAC- TÈRE DE SON DOME. — SES PLACES. — LA COLONNE VÉNITIENNE. — LE CHŒUR ET LES BOISERIES DES FRANCISCAINS. — LA LÉGENDE d'un TABLEAU. — UNE FÊTE SUR LA PLAGE.
J'ai visité tout ce que Zara offre de remarquable. La principale rue mène de la place du Marché à la porte de la Terre-Ferme, la plus belle de la cité. Le fameux arcliitecte Sanmichieli en a conçu le plan et, tracé le dessin, et l'exécution en a été confiée à son neveu Gian Girolamo. D'ordre dorique elle repose sur quatre piliers, surmontés d'une corniche avec métope et frise. Elle s'allie avec la ligne sévère des remparts, et les travaux du génie militaire qui lui servent de cadre en font ressortir la valeur artistique. Elle a trois ouvertures. Un saint-Georges décore la clef de voûte. Il est monté sur un petit cheval dalmate, lancé au trot et sculpté d'après nature. Au-dessus, le lion de Saint- Marc, les ailes étendues et la griffe levée, occupe le tympan principal. Son attitude fière et vivante et la beauté de ses formes excitent l'admiration.
Les tympans latéraux portent une inscription en l'honneur du provéditeur, Marc-Antoine Diédo, qui a laissé partout dans Zara des marques de sa bienfaisante administration. Comme le Pantiiéon, le Musée, le Dôme et les restes de l'aqueduc de Trajan, elle prouve que Zara est l'ancienne colonie romaine et la ville dont les croisés ont fait le siège. Je la copie telle que je la lis sur une de mes photographies.