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habitants

1 paroisse catholique.

1 paroisse grecque orientale ayant 308 adhérents.

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' Observantins.

1 COUVENT DE., s Franciscains.

v^ Dominicains.

1 couvent de Bénédictines.

2 écoles.

1 agence du Lloyd.

D'après Guistiniani, Scljénico aurait eu pour fondateurs les Uscoques, dont elle favorisait les pirateries par sa situation topographique. Elle recueillit les fugitifs de Scardona, à la ruine de leur patrie, et devint une république florissante jusqu'au x" siècle, où elle passa sous la domination des Vénitiens, puis sous le sceptre des rois de Hongrie.

En 1378, pendant la guerre de Chioggia entre Venise et Gênes, elle tomba sous les coups du général Pisani. A la tête de vingt-cinq galères, il en fit le blocus et l'emporta d'assaut, dans un audacieux débarquement qui ressemblait à un abordage. Les nobles tenaient pour Saint-Marc; le peuple, pour Sigismond de Hongrie. La haine fut vive entre les deux classes et amena l'effusion du sang. La victoire navale des Musulmans à Xicopolis détrôna l'empereur et laissa les Vénitiens maîtres de Sebénico, qui deux fois, en 1538 et en 1G48, résista avec avantage aux eiitreprises des Turcs.

Le traité de Campo-Formio la donna au gouvernement de Vienne en 1797. Elle appartint à l'empire de Napoléon de 18ÛG à 1813. Le traité de Paris la rendit à l'Autriche. Elle passait au xvf siècle pour la ville la plus lettrée du littoral, après Raguse; elle n'a pas soutenu cet honneur.

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LE CHEMIN DE FER DE SEBÉNICO. — LE LAC DES SETT CASTELLL — BRAXIZZA. — UN MOINE. — LA VOIE DE MER. — l'ILE DE BUA. — TrAU. — SON DOME. — SPALATO. — ASPECT DE LA VILLE. — SON HOTEL. — LA CARAVANE d'ARCUEIL. — ÉTAT DU DISTRICT.

Sebénico possède un tronçon de chemin de fer, le seul de toute la Dalmatie; il a soixante-cinq kilomètres de longueur et rattache cette ville à Spalato. Un embranchement part de Perkovic et conduit à Demis, déjà reliée à Sebénico et à Scardona par une route de trente-deux kilomètres.

Le parcours est très intéressant. La ligne ferrée traverse d'abord une plaine marécageuse, puis s'élève par de nombreux contours sur les collines arides de Perkovic. Sous les yeux passent des coteaux tantôt nus comme une plage de sel et tantôt cultivés comme des jardins. De petits tunnels ménagent aux regards des effets de paysage délicieux.

La chaleur est excessive au fond de ces vallées sauvages. Mais la direction de ce chemin do fer en miniature se soucie du bien-être de ses employés et de ses clients. Dans la plupart des gares une marquise sert d'abri aux voyageurs; elle

est entièrement tapissée du feuillage abondant d'une vigne vierge, qui retombe en volutes élégantes, en festons et en baldaquins multiples et garantit des rayons du soleil, sans enlever la fraîcheur de la brise.

On franchit une chaîne de montagnes, et à la sortie d'un tunnel l'œil découvre soudain une plaine demi-circulaire embrassant le beau canal des Sett Castelli. On donne ce nom au large bassin que la mer forme derrière l'île de Bua entre Traû et Spalato, et sur les rives duquel s'éleva jadis la vieille Salone.

Abritée contre les vents du nord et de l'est par le Bovan et le Kosiah, cette plaine est d'une grande fertilité. Les caroubiers, les lauriers, les citronniers, les orangers et les grenadiers y vivent en pleine terre. Des palmiers même et des plantes odorantes qui tapissent les rochers témoignent de la nature méridionale du climat.

Du sein de la verdure émergent les villages de Vecchio et Nuovo-Castel, de Vetturi et plusieurs coquettes habitations, qui ont sans doute valu au canal son nom de Sett Castelli (sept châteaux). De l'autre côté des flots, l'île de Bua ferme l'horizon, et, à son extrémité nord-ouest, on aperçoit les plaques blanches des maisons de Traii, ses campaniles et les façades de ses palais.

La voie ferrée décrit une courbe au pied du mont Kosiah, traverse les champs de Salone, la Fiumera qui jaillit d'une seule source à la base de la forteresse de Glissa, les antiques jardins de Dioclétien, pour revenir, en faisant un angle aigu, sur le promontoire où repose la ville de Spalato.

Au fond du golfe, sur la surface des eaux tranquilles,

l'ile microscopique de Vranjica, la Branizza des Italiens, étale ses toits rouges, ses maisonnettes blanches, son clocher bysantiii et son panache de verdure. L'aspect en est très gracieux. On l'a surnommée la petite Venise, Piccola Venezzia. En réalité, ce village de cinq cent quarante-deux habitants est misérable. Les pêcheurs qui le peuplent sont pauvres et leurs demeures seigneuriales, jadis opulentes, quand elles servaient de refuge aux marchands vénitiens de l'Adriatique, sont maintenant délabrées et croulantes.

Les paysans dalmates ont envahi notre compartiment et nous offrent des sujets d'étude : un colosse, vêtu de bure, ceint d'une lanière de cuir et chaussé de sandales, prend place à nos côtés. Ce moine, qui ferait le plus beau cuirassier de l'univers, remplit les fonctions de curé dans une paroisse de la région. Sa pauvreté ne lui pèse pas. La plus grande familiarité règne entre lui et les Slaves, ses voisins, qui approuvent du bonnet chacune de ses paroles et paraissent en savourer le sens profond. Son accoutrement et son attitude superbe, sans vanité, n'éveillent guère l'idée d'un cénobite, habitué aux spéculations de la théologie et au recueillement de la vie mystique. Sa bonhomie, son humeur joviale, sa force herculéenne et son esprit naturel le font chérir des siens et il cherche à leur être utile. Ce type de religieux, ami du peuple dont il garde la simplicité rustitiue et qui voit en lui son conseiller et son bienfaiteur, éveille à ma pensée des souvenirs historiques, me fait comprendre l'enthousiasme des foules pour François d'Assise et me rappelle des mœurs qui n'existent plus que dans quelques coins de l'Espagne et de la Dalmatie.

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Sur le même banc est assise une femme slave portant au marché de Spalato de grandes corbeilles de raisins. Les graines sont énormes, d'une belle couleur dorée et paraissent avoir un jus exquis. Gomme la poussière et la chaleur nous dessèchent la gorge, elles exercent sur nous une attraction fascinatrice. La brave ménagère s'en aperçoit ; elle s'empresse de nous olTrir, avec les marques de la politesse la plus vive, les meilleures grappes de sa provision et s'estime heureuse de notre empressement à les croquer. Ce sont les primeurs de la vendange. Ces fruits succulents m'inclinent à penser que Dioclétien n'avait pas trop mal choisi le lieu de sa retraite. Car, sur ce rivage de Salone, les figues et les oranges, sans parler des laitues, ne le cèdent pas en qualité aux produits de la vigne.

Le trajet par mer de Sebénico à Spalato est moins rapide, mais plus agréable que par la voie ferrée. Il est de trentehuit milles marins. Le mille marin vaut mille huit cent cinquante-deux mètres.

Après avoir franchi le goulet de San-Antonio, le paqueljot longe l'île de Zlarin et se rapproche de la côte, nettement découpée et couronnée de collines qui atteignent jusqu'à deux cents mètres d'altitude. Les îlots sont fréquents et les criques profondes, non sans analogie avec les fjords de la Norvège. Le canal de Zirona, qui sépare du continent les deux îles de ce nom, aboutit à une double baie au fond de laquelle Traiï jette les arcades de son pont entre son rocher et le rivage de Bua.

Cette île, jadis célèbre par les bœufs^engraissés dans ses pâturages et qui lui ont valu son nom, n'est peuplée que de

Slaves, paires ou agriculleurs. Ils sont au noml)re de mille neuf cent trente, et leurs mœurs paisibles, humbles et rustiques, font contraste avec l'élégance et la dignité patricienne des citadins.

ïraii est l'antique Tragurium, nommée; Trogir en slave; elle mérite d'arrêter le voyageur au moins pendant une journée. Bùtie sur un rocher presque isolé du continent, elle laisse déborder ses maisons sur le territoire de Bua. Elle fut fondée par les Syracusains l'an 380 avant Jésus-Christ, vécut longtemps en république et partagea le plus souvent la fortune de Sebénico. Elle possède aujourd'hui onze cent quatre-vingt-six habitants, tous catholiques et de sang italien. Ils ont gardé une physionomie particulière très accentuée et se distinguent de prime abord des Croates, leurs voisins. La race est superbe, forte, intelligente, courageuse, adonnée au commerce. Sous un ciel clément la beauté du type sicilien n'a rien perdu de sa pureté et de son élégance primitives.

Un pont tournant, pour donner passage aux bateaux, met en communication les deux parties de la ville et garde en même temps l'ouverture du canal des Sett Castelli, qui mène au golfe de Salone et au port de Spalato. Les pilotes préfèrent en général doubler le cap de Saldon, à cause du peu de profondeur des eaux du bassin.

La passe produit l'eiïet d'une rivière tranquille; une forteresse massive, à créneaux intacts, commande l'entrée du port. Six campaniles vénitiens dressent dans les airs leurs pyramides aiguës, qui se dessinent sur le ciel, par-dessus la silhouette noire des montagnes lointaines. Des barques

et des gondoles sont amarrées à des bouées flottantes. Un large quai, construit entre les remparts et la mer, attend les marciiandises et les voyageurs.

La ville est encore entourée de murailles et l'écusson de Saint-Marc en décore les portes; de modestes tavernes, basses comme des antres ei hantées par les matelots, sont aménagées dans l'épaisseur des murs d'enceinte.

Je m'aventure, non sans plaisir, à travers l'échiquier des ruelles, comme pour surprendre au passage les détails de la vie quotidienne. Les maisons sont closes, les volets entre-bàillés, les galeries pleines d'enfants aux yeux espiègles; un léger parfum de moisissure s'échappe des boutiques ouvertes et flotte sous les arcades, et je peux un moment me croire dans un quartier de Venise.

Sur la place du dôme, un décor architectural frappe mes regards. Le lion de Saint-Marc, la grilTe levée, occupe le centre d'une muraille de marbre. Au-dessus, le Christ repose sur les ailes d'un séraphin. David est représenté jouant sur la harpe ses psaumes inspirés, et Salomon tient le plan en relief du temple de Jérusalem. A droite et à gauche, deux anges portent des banderolles. Deux colonnes ornées de festons et de guirlandes, une table aux bords ébréchéSj supportée par des consoles, plusieurs écussons et une inscription, que je n'ai pas eu le temps de lire, complètent ce curieux monument. C'est sans doute le rétable d'un autel. Car l'emplacement qui précède ce mur est clos d'une barrière et forme un rectangle où a dû s'élever naguère une chapelle.

Le dôme lui-même est l'un des plus beaux de la Dalma-

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lie. Il est tout en marbre et son architecture liysantiue présente dans l'abside, sur le mur extérieur, une série d'arcs appuyés sur des coloiuies torses d'un très bel effet. Il remonte au XV"' siècle. Le campanile me paraît être postérieur à l'église elle-même. Il marie le cintre géminé à l'ogive trilobée, l'élégance des fuseaux unis aux caprices de la spirale.

Le portique est d'une richesse peut-être excessive et contient des bas-reliefs qui sont une allusion à des coutumes locales. Des Turcs enturbannés, de grandeur naturelle, sont disposés en guise de cariatides et remplacent les diables de nos cathédrales gothiques. Écrasés sous le faix, ils affectent les poses les plus triviales et les plus comiques. Tous sont dépouillés de leurs larges pantalons et se tiennent dans une attitude humiliée, comme des brigands surpris dans leurs méfaits. Quand les pandours s'emparent d'un criminel, au lieu de lui mettre les menottes, ils ont l'habitude de couper la couhsse de son vêlement inférieur, qui tombe ainsi sur les talons et embarrasse la marche. Les sculpteurs du portique de la catiiédrale de Traii ont traité en malfaiteurs les ennemis du nom ciirétien et se sont vengés dans le marbre, aux yeux de la postérité, de leurs injustes agressions.

Près de l'abside, un bâtiment attire mes regards par son élégance et son air d'ancienneté. Il ressemble presque aux maisons arabes; une cour intérieure est ornée d'une galerie de marbre à colonnes torses; des statues de saints me font supposer qu'il sert d'asile à des religieux.

Autrefois siège d'un évôché, la ville relève maintenant du diocèse de Spalato. Elle est le ciief-lieu d'une commune

politique de laquelle dépendent les lies de Zirona. Elle forme une paroisse et possède trois écoles, un bataillon de la milice maritime, un bureau de poste et télégraphe, une agence du Lloyd, une chapelle collégiale, un couvent de Bénédictins et une résidence de Dominicains.

Le district de Traii comprend :

Castelnuovo 2.549 habitants.

Trois communes \

Lacevica o.407 »

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