‹ Les Rives illyriennesChapitre 2 sur 41 · EPOQUE HELLÉNIQUE · texte numérisé non relu

EPOQUE HELLÉNIQUE

Les données so précisent avec les colonies grecques et siciliennes. D'après Diodore de Sicile, Denys l'Ancien envoie des Syracusains peupler Issa. Issa, à son tour, fonde Tragurium et Epelium. Des habitants de Parcs s'établissent à Lésina, et, en 384 avant Jésus-Christ, les Siciliens anéantissent, à la bataille navale de Lissos, la flotte liburnienne. Quatre inscriptions grecques, un fragment de décret très mutilé et quelques monnaies, trouvées à Lésina, nous fournissent les caractères paléographiques de cette époque.

Les Grecs s'emparent là, comme sur d'autres points de la Méditerranée, de l'héritage commercial des Phéniciens. Ils se fixent d'ailleurs sur les cotes et dans les îles. Les Istriens dominent au nord de l'Illyrie. Les Japides gardent la Croatie et les bords du Quarnero. Les Liburnes se tiennent entre la Zermagna et la Kerka ou mieux, pour employer les noms anciens, entre le ïedanius et le Titius. Ninia et Jadera sont leurs capitales. Au sud de la Kerka jusqu'aux Bouches de Cattaro, commandent les Dalmates proj^rement dits, sans cesse en guerre avec les colonies grecques, mais sui tout sous le règne d'Agron et de sa veuve Teula (240-220j.

Cette reine superbe cherche à soumettre à sa domination les colonies indépendantes. Les gens de Lissa

appellent à leur secours les Romains, qui n'attendent qu'une occasion de venger la prise de plusieurs de leurs bâtiments par les pirates illyriens. Ces pirates sont armés en course.

Ceux de la Liburnie ont un navire spécial, appelé Lihurna, très facile à manœuvrer, et dont ils se servent avec succès pour l'attaque et la retraite. De leur côté, les pirates de la Pamphylie ont imaginé une longue chaloupe, à forme de haricot; ils la nomment en conséquence Phasélos. Elle leur permet de suivre les canaux les plus étroits et les moins profonds et de remonter aussi le cours des rivières.

Les habitudes de piraterie des Uscoques et des autres riverains de l'Adriatique datent de loin. Elles sont favorisées par la nature du littoral. Une multitude de criques, d'abris rocheux, de passages étroits, laissent aux brigands toute facilité pour se poster e' tomber à l'improviste sur leur proie, ou se dérober aux poursuites d'un adversaire plus redoutable. La côte illyrienne et la côte grecque sont les deux plus découpées et les plus semées d'écueils et d'ilôts de toute la Méditerranée. Elles sont aussi les deux points où le fléau du brigandage a sévi avec le plus de fureur. De tout temps, les corsaires en ont fait leurs retraites et leur lieu de ralliement.

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