LA BALLADE DE SAINT GEORGES
Tressaille, 6 Bosnie, plaine fertile, déjà si riche en exploits immortels ! Voici que le printemps blanc et vermeil te sourit et ramène le beau jeu.- de ton saint Georges. Depuis que tu as brûlé l'encens en l'honneur du Nazaréen, joyeuse tu te mets en fête, ô terre de héros! Voici qu'il t'apporte des dons généreux, de florissantes forêts, de douces rosées; le soleil bienfaisant te chauffera : il fondra les neiges de tes montagnes, il couvrira tes vallons de fleurs. Dans ton Bostaii croîtront les roses et les tulipes ; sur tes collines fertiles et sur tes vertes campagnes les oiseaux reviendront remplir ton air vif de leurs chansons.
Mais ce jour d'une plus grande joie pour toi resplendira! Toi aussi, terre de Dalmatie, féconde en robustes âmes de guerriers, tressaille de l'allégresse de ta sœur !...
(îeorges eut son berceau en Cappadoce, et fut de la race des héros; il fut cet homme puissant qui foudroya l'horrible dragon, en Lydie, près de Cyréne, et sauva des rigueurs du destin la ville infortunée !
A Cyrône, s'ouvrit un jour un lac profond, qui servait d'antre à un fier dragon. Ce monstre avale de vaillants guerriers, assaille et dévore des destriers harnachés et n'a point peur de cent hommes courageux.
Quand il sort de sa noire caverne, le terrible dragon fait trembler d'épouvante, et quand, la tète tournée vers Cyréne, il remplit I air d'iiorribles sifflements, la ville désolée en gémit de terreur.
Et chaque matin elle lui donne en pâture une brebis et une vierge qu'il engloutit vivantes ! S'il n'a pas déjeuné, il franchit le mur et jette dans Cyréne une telle frayeur qu'on les voit par f'f'ntaines tomber fnndrovés.
Tandis que les mères affligées pleurent leurs filles florissantes, arrachées de leurs seins, le tour est venu pour le roi de Cyrène de donner à la mort sa fille chérie, sa fille qu'il doit asseoir sur le trône.
Le roi répand
des larmes amères,
et parle ainsi
à l'aimable enfant :
« Ah ! il va donc s'éteindre « pour moi, ma tendre fille, « le doux sourire « de ton beau visage !
« Espoir et baume « de mes jours, « sur ce jeune arbuste, « vous voilà cueillis!
« Alors que du brillant « diadème nuptial « je pensais ceindre « ta royale chevelure,
« Ah ! Faut-il te perdre « ma fille bien-aimée !
« Faut-il pour toi répandre « un torrent de larmes !
« Exécrable dragon,
« ta cruauté
« sur mes jours tranquilles
« a versé le fiel ! »
Quand le monarque eut épanché l'excès de sa douleur, il revêtit et para sa fille de pierres brillantes, comme s'il allait l'offrir pour épouse à un prince; il la conduisit dehors et dit :
« Va, ma fillette, mon doux amour ! I/aurore de tes noces a
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« brillé. Prie Acaronne, dieu puissant, qui seul peut te sauver <( (lu monstre !
« Tu es vêtue d'un riche manteau ; tu rayonnes toute d'or et « de pierreries; mais pour te sauver, je donnerais tout, je don- » nerais mon vaste royaume, je donnerais mon cœur.
(( Des mains de paranymplies, ù ma chérie, prends la fleur la « plus belle de la cité. Une couronne choisie de jeunes vierges u te composera une cliarmante escorte. »
Elle passait dans le chemin, la malheureuse, entourée de nobles jeunes filles et de nobles jeunes hommes. Toute Cyrène était émue et chaque paupière se mouillait de pitié et de douleur, et sa robe de soie flottait, doucement agitée par le zéphir. Neuf brillants lui embellissaient les doigts et chacun valait le prix de neuf villes; une ceinture d'or lui ceignait les reins, toute irisée de pierreries, et de son cou pendaient deux colliers luisants, chargés de perles orientales. Au milieu du front scintillait une précieuse aigrette, qui, comme un soleil ardent, faisait baisser les yeux. Elle tenait dans sa main droite un lys, symbole de sa candeur. Belle et gracieuse d'elle-même était cette fillette, et partout où sa personne allait, l'air se revêtait d'une lumière nouvelle.
Ainsi passait la charmante enfant du prince de Cyrène, à chacun donnant un triste adieu et un salut à son malheureux père.
Un cœur de pierre aurait par pitié versé une secrète larme. Mais le fier serpent attendait sa pâture.
Et voici que du lac s'approche le splendide cortège. Entre les baisers et les larmes, s'achève la désolation. Tous prennent la fuite la pauvre fillette reste seule.
Mais cehii qui, d'une parole, revêt l'air de lumière, veut lui montrer un prodige de son bras puissant. A cette vierge affligée, il envoie Georges le guerrier.
« — Que le ciel t'aide, aimable enfant. »
Ainsi parle le héros. Le cil mouillé de pleurs, la belle lui
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répond: « — Que fais tu. guerrier? Envole-toi. Ce n'est pas l'heure des causeries.
« Ne le sais-tu pas ? Des profondes entrailles de ce lac noir, i( pour me dévorer, malheureuse, déjà émerge un dragon ; prends u la fuite, guerrier, sinon, victime, tu tomberas avec moi. »
Mais le guerrier riposte à la pauvrette qui pleure : « f,oin de toi, ma belle, toute frayeur !
« Si tu sens un pieux désir de connaître mon Dieu, qui fait tant (i de prodiges ;
« Si tu renonces à un culte indigne et si tu veux de mon signe, « ô gentillette, marquer ton front,
« Tu verras le monstre expirer, et tu pourras, ma belle, a retourner vers ton père. »
L'infortunée réplique : « — Si le ciel te donne assez de force pour « tuer le serpent, écoute, héros, je te jure d'abjurer ma fausse (( divinité et d'embrasser ta foi. «
Elle dit, et tout le lac se trouble et l'horrible dragon en sort affamé ; il déploie ses griffes et sur la belle s'élnnce furieux.
Mais, rapide comme l'éclair, l'invincible guerrier sur lui pousse lardent destrier et. nommant Jésus et Marie, do sa lance frappe le monstre.
Ensuite, il défait sa ceinture d'or et en entoure le cou du dragon ; il le donne ;'. la jeune fille qui de sa main le traîne à h\ blanche cité.
Vin
Ainsi la royale fillette traînait l'horrible serpent, qui assourdissait l'air de terribles sifflements, et derrière eux venait sur son destrier le guerrier invincible. Il criait fort : x 0 roi, ô roi reçois « le baptême. Tu dois laisser tes divinités mensongères et recon- « naître l'infinie puissance de Dieu ! Ah ! pleure tes méfaits sans K nombre; revêts le rilice du repentir, afin que l'Eternel ne tn
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« frappe point d'un plus terrible fléau! Ainsi il est écrit sur les (( registres éternels qu'un jour tu abandonneras le péché et vien- « dras repentant au vrai Dieu. »
Lorsque le prince revit sa fille, il l'étreignit sur sa poitrine, comme un bébé, et de baisers lui couvrit les joues. 11 pleura ses fautes et, au milieu de la cité, il reçut le baptême et avec lui dix mille, et dix mille guerriers, et la ville entière s'inclina devant le Dieu du ciel. Cependant Georges brandit le glaive et du tranciiant fait voler la tête du serpent. Le roi l'emmène dans sa blanche cour pour l'orner de pierreries et lui parle ainsi :
« Je vois, invincible guerrier, la force surhumaine de ton bras; k je sais qu'une vertu d'en-haut te soutient. .V ton cou suspend Il ce précieux collier dont s'orne lu poitrine des généreux che- » valiers. De mes mains reçois l'anneau que mérite ta vaillante a dextre. .le te donne la moitié de mon royaume, légère récnmi< pense de ta souveraine valeur.
V Voici ma fille; prends la pour épouse, ma douce fille. »
« — 0 prince, je n'accepte aucun de tes dons, » — répondit r.eorges. « Remercie seulement Dieu qui t'a sauvé de maux « terribles, de l'infernal serpent. Ah! jette à terre sans délai tes « divinités mensongères, et élève au vrai Dieu des temples « et des autels. Pour moi, je vais partout annoncer la foi du « Nazaréen. »
Il dit et s'envola en Perse, et de nombreuses nations s'attachèrent au Christ; et même il baptisa la reine Alexandrine et fit de grandes prouesses au nom de l'Eternel. Il endura beaucoup de tourments, et à la fin scella de son sang la foi nouvelle.
La route qui monte à Glissa n'offre rien de remarquable. Mais dès qu'on est à la hauteur du col, on jouit d'un panorama superbe. En bas, c'est la vallée fertile du .lader, les jardins de Spalato avec toute la richesse d'une végétation méridionale; puis, les maisons rutilantes de la ville impériale, la mer et au fond la ceinture des îles de Brazza, de Solta et de Rua. .V droite, le lac des Castelli et sa plaine verdoyante, qui contraste avec les pentes aliruptes du
Mosor, s'élevant à gauche à une altitude de treize cent trente-neuf mètres. La citadelle couronne un rocher isolé qui coin mande à la fois le col et la vallée d'une hauteur de trois cent quarante-cinq mètres au-dessus du niveau de la mer. Le général Marmont déclarait qu'il ne connaissait pas de position stratégique plus formidable.
La petite ville qui s'abrite au pied de la forteresse a le titre de commune politique et ne compte dans ses murs que douze cent quarante-huit habitants. C'est VAndevium et V Andertiuyn de Dion Cassius, et VAndelrlum de Pline. i'Andecrium de Tacite. Dion Cassius, dans le récit du siège qu'elle subit sous les ordres de Tibère, en fait ainsi la description : « Il ne s'y trouve aucune plaine; la montagne « est rapide, inaccessible, entourée de précipices... Tibère, << voyant ses efforts inutiles, malgré les renforts qui vinrent « continuellement aux Romains du camp de Salone, fit défiu 1er un corps de troupes par des chemins^difficiles pour ga- « gner les hauteurs qui dominent Anderhcm. Les lUyriens, u. enveloppés par cet expédient, furent obligés de rendre la u forteresse. »
Le séjour de Spalato nous a paru très agréable. A la beauté du site, à la douceur du climat, à l'abondance des souvenirs profanes et sacrés, à la majesté des ruines s'ajoute la politesse des habitants, désireux de bien accueillir l'étranger et particulièrement le prêtre français. Nous n'avons pas quitté sans regrets cette ville hospitalière.
De Spalato à Gravosa, qui prête son port à Raguse, les paquebots du Lloyd ont trois itinéraires. La ligne dalmate, de Trieste à Cattaro, passe par Makarska et Curzola ; c'est
la plus courte. Elle compte entre la ville de Dioclétien et la Venise des Slaves cent onze milles marins, et le trajet dure douze heures trente minutes.
La ligne dalmate-albanaise, de Trieste à Corfou, fait escale i\ Milna, Lésina, Curzola, Orébic, Terstenik et Gravosa. Ce parcours a cent vingt-neuf milles marins et exige seize iieures trente minutes. Enfin la ligne istriano-dalmate-allianaise, deTrieste à Durazzo, touche à Porto-Carober, Milna, Cittavecchia, Lissa, Comisa, Vallegrande, Lagosta, Méléda et Gravosa. Cette course, de cent quatre-vingt-huit milles marins, demande vingt-trois heures quarante minutes.
Chacun de ces itinéraires offre un intérêt différent et, si la mer est bonne, on n'a pas à se plaindre même du plus long trajet. Les îles et les côtes défilent sous les yeux avec leur physionomie et leurs aspects divers. Les escales fournissent toujours quelques piquants détails de costumes ou de mœurs, quelques épisodes instructifs et amusants.
A Lissa, par exemple, toutes les jeunes filles ont la passion des courses nautiques. Elles se parent de costumes éclatants, de couleurs très variées. Dans l'après-midi, en guise de promenade, sous les yeux des parents et des amis qui se rendent sur la grève, chacune d'elles monte une yole légère qu'elle gouverne prestement avec un seul aviron. Une quarantaine de frêles esquifs volent sur les flots, dessinent sur la mer des figures capricieuses semblables à des bouquets de fieurs, dont les formes et les nuances se multiplient sans cesse. C'est une sorte de ballet naval d'une grâce et d'une légèreté incomparables. Tous les passagers saluent avec plaisir celte escadre d'un nouveau modèle, qui
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s'avance au-devant du paquebot en lignes symétriques. Il paraît que cet exercice est très propre à fortifier les jeunes filles et à développer In souplesse de leurs membres et de leurs bustes.
Le fait est que les indigènes de Lissa sont des hommes superbes, grands, vigoureux et intrépides. Ils apportent en naissant l'amour du bateau et des expéditions aventureuses et deviennent les premiers marins de l'.Vdriatique.
Les deux points les plus dignes d'attention sur la côte sont Almissa et Makarska. Almissa est située à l'entrée de la gorge qui sert fl'embouchure à la Cetlina, et rappelle, par son cirque de rochers et ses aiguilles granitiques, le lac Léman, à Territet. Une forteresse domine la montagne; elle paraît imposante vue de la mer, et les vieux auteurs en l'ont mention. Le port est étroit ; les eaux sont transparentes et peu profondes. La rivière, encombrée de bancs de sable, est dangereuse aux matelots inexpérimentés.
La position de ce bourg, caché en quelque sorte dans une crevasse de In côte, et les anses d'un abord difficile, où les barques peuvent trouver un refuge, étaient pour les habitants une invitation au métier de corsaires. Aussi furent-ils longtemps les plus fidèles alliés des farouches Narentins.
Les poissons d'Almissa sont abondants et d'un goût exquis. Ils deviennent gros très rapidement, grâce au mélange des eaux douces avec l'eau marine.
.\lmissa, en slave Omis, est l'antique Clcludumi, que Tacite appelle Omutni et qui, par des transformations successives du mot. est devenue Dnlmit^inm et Almifi'iiKm.
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Kllc cbL le cliel-lieuil'uii cauLoii judiciaiieel d'une comiuuiKpolitique. La population de la cité est réduite à rjeuf cent <|uaranle-cinq liabilanls, tous catholiques, et en uiajeurr partie de race serbo-croate. Une roule, assez bien entretenue, compte vingt-sept kilomètres jusqu'à Spalato,et trentesept dans la direction de Makarska. Elle longe la mer, s'accroche aux rochers et olTre un panorama splendide sur les canaux et les îles.
Makarska, que Pline nomme Ratanium et IilucLlndin , devient tour à tour, suivant les auteurs et les siècles^ Aroniu, Maronici, Mucharum et Makariam. Elle forme avec le cap délie Planclje, dans l'ile de Brazza, et bi pointe de San Giorgio, dans celle de Lésina, la passe de Brazza.
La baie nest pas aussi sauvage que celle d'Almissa ; l'aspect de la ville est plus coquet; les maisons sont hautes, couvertes de tuiles et appuyées à un rocher blanc, qu'un cordon de verdure sépare des énormes dentelures grises, calcinées par la Bora, à son sommet. Les campaniles €t les clochers sont tous vénitiens de forme; plusieurs balcons sont en saillie sur des murs peints en rouge et portent des colonnettes fuselées ou des balustres byzantins. Les coteaux voisins ne sont pas dénudés; le sombre feuillage de l'olivier et les pampres, verts, jaunes ou carminés suivant la saison, leur donnent un manteau très doux à l'œil, que percent çà et là les angles de la roche. La chaîne de Biokovo ne man((ue pas de majesté; elle atteint au pic de Bréla quinze cent quarante-un mètres d'altitude et dixsept cent quarante-deux à celui de Brisa.
LES RIVES lLLYlUEN>Ee
Chef-lieu d'un district politique, Makarska comprend deux cantons judiciaires :
Makarska 12. 132 habitants.
Vrgorac" 7.752 »
Total 19.884 »
A part cent vingt-sept Italiens et quatre étrangers, tous sont Serbo-Croates et très attachés à la religion catholique.
Le paquebot, qui suit l'itinéraire dalmate-albanais, nous mène directement de Spalato à Milna, petit bourg de deux mille deux cent soixante habitants, encaissé au fond d'une anse de l'île de Brazza. Connue chez les Romains sous le nom de Brachia et de Brattia, cette île est l'ancienne Dyscelados, nommée aussi Elafhussa, l'île des biches. Elle est la continuation de la chaîne sous-marine dont les sommets émergeants constituent Bua et Solta.
Très élevée du côté du large, comme pour opposer une barrière plus solide aux flots de l'Adriatique, elle présente une série de cimes qui dépassent six cents mètres. Le San- Vito, qui domine le bourg de Bol, a même sept cent quatrevingt-six mètres d'élévation. Les pentes sont âpres et dirigées vers la rade de Spalato. Les bords du sud-ouest sont presque sans échancrures; ceux du nord-est sont beaucoup plus découpés et offrent des escarpements et des falaises de cent cinquante mètres. Les hauteurs sont presque stériles ou ne produisent que des pins et des genévriers. Les parties basses sont plantées de vignes et donnent un vin excellent. On y récolte aussi les olives, les figues, les amandes, le safran, le blé; on y élève le ver à soie. Pline vante les chèvres
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de Brazza, ([ui ont remplace les biclies primitives; les plantes aromatiques qu'elles broutent et l'air salin qu'elles respirent donnent à leur lait et à leurs fromages une qualité particulière, également appréciée des anciens et des modernes. Nous avons déjà donné le tableau du canton judiciaire de Brazza et de ses huit communes. Les villes ne sont que de gros bourgs; sa population totale est de dix-neuf mille neuf cent soixante-neuf habitants. Un cable télégraphique relie l'Ile à Lésina et au continent. On y trouve de belles carrières de marbre, qui ont fourni les colonnes de plusieurs monuments et une partie des matériaux du palais de Dioclétien. Lésina ressemble à une longue arête de poisson ; son nom désigne en italien l'alêne d'un cordonnier, avec laquelle elle paraît avoir une certaine similitude. Elle s'appelait jadis Pijtia,Paros, Pharia, que les Slaves prononcent i/rac. D'après Diodore de Sicile, les habitants de Paros fondèrent dans cette île une colonie, pour obéir aux ordres d'un oracle, lui donnèrent le nom de leur première patrie et l'érigèrent en république. Cittavecchia serait le lieu de l'ancienne capitale ; il est mieux choisi que celui de Lésina.
Démétrius de Paros naquit dans cette île. Devenu puissant à la Cour d'Agron, roi d'illyrie, et surtout de sa veuve, la reine Teuta, il trahit sa souveraine, vendit sa patrie aux Romains, abusa de leur amitié et par ses perfidies attira leur colère sur la cité qu'ils détruisirent. Elle changea souvent de maîtres dans la suite, resta assez longtemps entre les mains des pirates de la Narenta et devint la propriété d'un seigneur. En 1131, Aliota Gapcnna la céda à lal^épublique de Venise.
Lésina forme avec Lissa un district politique comprenant trois cantons judiciaires et trois communes. En voici le tableau :
Bogomolije 984 habitants.
l Cittavecchia 4.487 »
CiTTAVECcniA Gelsa 2,958 »
I San Giorgio 520 »
Verbosca 2.843 »
Total 11.792 habitants.
LÉSLVA ET LES ILES SPALDORi 2.248 habitants.
( Comisa 2.554 »
Lissa ]
{ Lissa 3.3171 »
Total 5,871 habitants.
C3 qui donne pour le district 22.91 1 habitants