ACTE IL — Scène V
Stanko et Danitza, fiancés.
Danitza.
Que notre terre balkanique
reste à son peuple heureux !
Car si jamais sur lui
quelqu'un lève une main hardie,
elle sera brûlée à la flamme
du foyer de la liberté.
Notre peuple ne se laissera pas
mener comme des veaux,
ni par Venise, ni par Stamboul.
Il ne supportera ni chaînes, ni entraves.
Tous les peuples des Balkans
périront pour leurs Balkans !
Et les petits Etats qui s'y trouvent
ne sont pas de la même monnaie,
et ne peuvent servir
à régler les comptes des Empereurs!...
Citons encore nn chant très en vogue sur Marco Kraljévic. Il donne une idée de la profonde et durable impression que le désastre de Kosovo laisse, depuis six siècles écoulés, dans lame du peuple. Nous \ trouvons aussi
quelques traces des croyances monténégrines au sujet de la wila, la déesse des bois et des collines. Le poète enfin y célèbre indirectement l'oiseau national, l'aigle, dont les instincts rapaces et violents ne sont pas sans analogie avec les vertus et les vices des guerriers qui l'ont pris pour symbole de leur caractère, de leur bravoure et de leur puissance, et qui fixent comme lui leur inaccessible demeure sur les crêtes ardues de la Tsernagore.