DOMINATION HONGROISE ET VENITIENNE
Après de longs débats, le peuple offre la couronne au roi de Hongrie. Ladislas l'accepte en 1090, et conlie l'administration de l'Etat au magyar Almo.s, qui se rend impopulaire. Koloman se fait couronner roi de Croatie et de Dalmatie en 1402 et inaugure ainsi l'union personnelle des deux royaumes, sans enlever à aucun son autonomie particulière.
Les Croates rappellent encore cette maxime de droit public : Regmim rcfjno non pnescribit leges.
La domination hongroise dure peu et ne s'étend qu'à une partie de la Dalmatie. Venise achète Sebénico et Spalato, en attendant qu'elle puisse installer partout le lion de Saint-Marc.
Dès la fin du dixième siècle, le Doge Urseolo II soumet une grande partie du teiTiloire dalmate. Je renvoie le lecteur, pour toivt ce qui concerne celte période de huit siècles, à l'excellente Histoire de Venise, par Daru.
Venise exerce une suprématie néfaste; elle exploite, elle ne gouverne pas; elle s'enrichit, elle n'administre pas. Pour n'avoir pas à payer les frais d'occupation, elle donne des fiefs, dont leâ titulaires savent tirer profit, comme les seigneurs des Castelii et les comtes de Frangipanni. Klle ruine les salines de Tlstiie, qui font concurrence au sel des lagunes. Elle déboise les côtes et les îles. Des forêts, figurées sur l'atlas de Goronelli, il ne reste que le souvenir et quelques broussailles. Elle emporte les marbres des monuments anciens, comme les degrés de l'amphithéâlre de Pola. Elle écarte les indigènes de toutes les fonctions publiques, afin qu'ils ne puissent jamais se plaindre d'être pressurés. Elle interdit les mariages entre ses citoyens et les Slaves. Elle vend la justice et empêche l'instruction, tandis que la littérature slave fleurit ù Raguse, demeurée indépendante.
Et pourtant la haine du Turc rend son joug relativement supportable, jusqu'au momenl où Dieu met fin à sa domination spoliatrice.
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