PRÉFACE XXXI
conquête, en reconnaissant à l'Autriche toute la côte illyrienne et les états de terre ferme jusqu'à Vérone.
Le comte Raymond de Thurn est chargé par la Couronne d'administrer la nouvelle province. En bon politique, il constate qu'il serait dangereux de changer radicalement les habitudes d'un peuple encore à demi barbare. Il laisse donc subsister un gouvernement défectueux, mais consacré par le temps. Il maintient le système de la concentration des pouvoirs et en tempère les abus par de nombreuses améliorations et de sages réformes.
Au provéditeur général, résidant à Zara, il substitue un conseil de plusieurs membres. Aux comtes vénitiens, établis dans les principales villes, il substitue d'autres fonctionnaires, assistés de quatre employés subalternes, pour juger les causes. L'exercice de la justice n'est plus livré au caprice d'un seul homme.
Les nouveaux fonctionnaires reçoivent pour les mêmes emplois un traitement égal. Le pays est soulagé des énormes exactions que les administrateurs vénitiens, du premier jusqu'au dernier, ne cessaient d'extorquer et qui, d'après un calcul fort modéré, atteignaient le chiffre annuel de deux cent mille florins.
On ouvre une voie de communication avec la vieille province autrichienne de la Lika. On établit le service de la poste et de la police. Les bandes de Heiduckes, qui infestent les montagnes, sont dispersées.
Ces mesures et quelques autres améliorent la situation de la Dalmatie et ses habitants combattent valeureuse • ment pour l'Autriche dans ses deux guerres contre la France.