‹ Les Rochelais et le Canada [microforme]Chapitre 11 sur 20 · RAR PRET STE · texte numérisé non relu

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Canada : 29 maisons de commerce s'empressèrent d'affirmer leurs bonnes dispositions pour le ravitaillement de la colonie qui leur était la plus chère, à la condition d'obtenir une escorte suffisante pour garantir leurs navires jusqu'à destination.

Sans promesse positive à cet égard, les navires furent armés. et dès le mois de mars plusieurs étaient prêts à faire voile, attendant a sortie de quelques vaisseaux en armement à Rochefort. Les navires attendirent si longtemps que les armateurs se résignèrent à les faire désarmer, Cette année il ne partit pour Québec que 9 navires. |

Les Rochelais voulaient avant tout secourir leurs frères du Canada et ne pas leur laisser manquer de vivres. Leurs cargaisons consistaient principalement en tout ce qui était nécessaire pour l'habillement et la nourriture des habitants et de plus en quincaillerie, en mercerie, en haches, en couteaux, en armes, en poudre et en plomb.

Du démembrement du Canada, de l'île Royale et de la Louisiane, il s'en est suivi une diminution sensible dans les armements rochelais, qui avaient l'habitude d’emporter des cargaisons précieuses, ainsi que des retours composés en grande partie de peaux de castor, de daim et de toutes sortes de pelleteries, dont une partie servait à alimenter d'importantes manufactures du royaume et le surplus était vendu à l'étranger.

a place de la Rochelle perdit à la fois les profits éventuels, les commissions et les salaires multiples que lui procurait un commerce qu’elle seule faisait tout entier.

L'expérience des Rochelais dans le commerce des pelleteries leur fit chercher à le conserver par la voie de la Louisiane et on vit arriver à la Rochelle, de 1762 à 1772, des cargaisons très riches en peaux de castor, de daim et autres pelleteries, les sauvages et habitants des postes, qui auraient pu vendre aux Anglais du Canada, préférant descendre le Mississipi pour traiter avec les

habitants de la Nouvelle-Orléans, permettant de conserver leurs habitudes et leurs correspondances avec la Rochelle,

La cession de la Louisiane à l'Espagne n'avait point apporté de changement dans ses rapports avec la Rochelle, par ce qu'il était dû de grosses sommes d'argent et que le roi, pour en faciliter la rentrée, permit la continuation de la franchise de tous droits sur les retours provenant de cette colonie. Mais quand, en 1772, cette faveur vint à expirer, ce qui était apporté de la Louisiane commença à être assujetti aux droits. Par une fatalité pour la Rochelle, elle se trouvait soumise au tarif de 1664 et Bordeaux

ne l'était qu'au tarif de la comptablie. De cette différence de

régime, il résulta que la Rochelle paya pour les pelleteries arrivant de la Louisiane des droits plus élevés du quintuple que ceux de Bordeaux. Cette place, qui n'avait point encore pensé faire ce commerce en eut l'idée, en raison de l'avantage des droits, et, en peu d'années, la Rochelle se vit frustrée des trois quarts de ce commerce. Comme les Bordelais en avaient peu l'expérience, il ne pouvait être bien suivi. Les postes du Mississipi l’'abandonnèrent et s’adressèrent aux Anglais pour leurs échanges.

On présume bien que la Rochelle, sensible à cet échec, dut se récrier. Des réclamations furent présentées au sujet de la difiérence des droits : elles furent réitérées et continuées pendant près de douze ans. On montra la justesse des faits allégués et malgré cela le succès a encore trainé longtemps. Ce ne fut qu’à la fin du siècle et quand le commerce avec la Louisiane avait cessé que les droits ont été abaissés à la Rochelle et mis presque de niveau avec ceux perçus à Bordeaux.

On voit que la Rochelle, victime de la guerre, le fut encore par les droits mis sur les pelleteries.

Les Rochelais eurent aussi beaucoup à souffrir par les pertes considérables qu'ils firent sur les lettres de change tirées du Canada pour le compte du Roi.

Le Gouvernement de Louis XV commit une véritable banqueroute en refusant de payer les lettres de change tirées qe les

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