‹ Les Rochelais et le Canada [microforme]Chapitre 13 sur 20 · L LA · texte numérisé non relu

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4 Depuis 1763, la Nouvelle-France a donc cessé d’appartenir à la France et les Canadiens n’ont certainement conservé aucun esprit de retour vers l’ancienne mère-patrie; mais, nous ne pouvons en douter, ils seraient fiers de voir les Français se souvenir de leur passé glorieux et de les voir prendre rang dans leur vaste pays, à la grandeur duquel ils travaillent et où le Canada appelle tous les peuples.

De ce passé glorieux, nos pères en ont été les témoins : le commerce de la Rochelle était si actif avec le Canada, au xvurr° siècle, [LE que les armateurs rochelais, Pascaud, Delaire, Simon La Pointe, Labbé, Boudet et Thouron, Soumbrun, Delaire et Lebeuf, Marc Antoine Lefebvre, Elie Vivier, Paillet, Rasteau, de la Croix et E- Bonfils, Rodrigue, Morel, Blavout, Goguet, Brevet, de Saint-Martin, Perdriau, Chaudruc, Ranjard, Admyrauld, Audouin, Boudet, Garesché, À. Giraudeau, J. Bonneau, de Richemond et Demissy, Pailletet Meynardie, Veyssière et bien d’autres qui ont pu échapper à nos recherches, parmi ceux qui y ont envoyé des navires, ont laissé des descendants qui ne peuvent oublier les bons et les mauvais jours et qui doivent avoir à cœur de montrer leur fraternelle

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union avec les Franco-canadiens, en la resserrant par des relations commerciales qui, si elles ne deviennent pas aussi importantes que jadis, n'en seront pas moins réelles et profitables aux deux pays.

Deux conditions avaient été mises par le gouvernement français à l’abandon définitif du Canada. Celle de garantir aux catholiques le libre exercice de leur culte et l’autre que les anciens sujets de la France auraient pendant dix-huit mois le droit de vendre leurs propriétés et de se transporter où bon leur semblerait, sans aucune gène. Les nobles, les fonctionnaires et les marchands purent reprendre à ce moment le chemin de la France, mais les colons trop pauvres ne purent revenir : d’ailleurs attachés au sol par les liens de l'habitude et de la possession, ils prirent le parti de demeurer au Canada.

Les Canadiens devenus malgré eux sujets anglais opposèrent une inertie à tout commerce avec leurs vainqueurs. Repliés sur eux-mêmes ils s’adonnèrent presque exclusivement aux soins de l'agriculture, celle de toutes les professions qui permet le mieux l'isolement. | ;

Pendant plusieurs années, ils furent soumis à l'arbitraire de la loi martiale. Le gouvernement fut divisé en plusieurs, afin d'isoler plus facilement les rameaux de la famille française dans l’Amérique du nord.

Nous, Français, nous ne devons pas oublier qu'après bien des efforts, les Canadiens-français ont recouvré le libre usage de la langue française, qui est sur le pied d'égalité avec la langue anglaise ; qu'ils 6nt acquis, dans une certaine mesure, des prérogatives qui sont l’apanage exchasif des peuples affranchis de tout protectorat. En eflet, ils entretiennent, pour le règlement de nombreuses affaires, des rapports directs avec les puissances étrangères. Le Dominion possède même un drapeau à part, celui de la Grande-Bretagne, revêtu de la cocarde canadienne, qui en modifie l’aspect.

Comme il n'entre pas dans notre cadre d'écrire l’histoire du

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Canada, le lecteur voudra bien nous permettre de passer à 1855, année marquée par la première exposition universelle organisée à Paris. Le Canada y envoya des échantillons variés de ses produits, qui lui valurent une place des plus honorables dans la distribution des récompenses. Un des commissaires délégués, M. J. C. Taché, membre qu parlement canadien, publia à cette occasion une « Esquisse sur le Canada » qui ne contribua pas peu à réveiller en France les sympathies pour ce pays, en faisant connaître à l’ancienne mère-patrie, la persistance et la. vivacité des sentiments entretenus à son égard par ces rejetons transportés sur les rives du Saint-Laurent.

A cette époque parut dans la rade de Québec, pour la première fois depuis la cession du Canada, une frégate française, la Capricieuse, commandée par M. de Belvèze. La présence des Français, écrivit MM. Turcotte et Chauveau, auteurs canadiens, fut un véritable événement. Les Français furent accueillis et fêtés avec enthousiasme, non comme des étrangers, mais comme des alliés, des frères. Le souvenir de la France se réveilla plus vivace que jamais et, depuis cette époque, les officiers et équipages des vaisseaux français qui fréquentent ces parages sont l’objet de sentiments d'affection qui ont bien leur réciprocité.

Un des résultats de la mission de M. de Belvèze fut l'établissement d'un consulat général de France au Canada ‘et la modification du tarif douanier français pour l'introduction des bois et des navires canadiens.

Les relations devinrent plus nombreuses à partir de cette époque.

Le Canada, pays que l'Angleterre n’a jamais pu anglifier, ce qui fait toujours son ambition, est ouvert à tous : son gouvernement convie le vieux monde à venir y prendre place, son commerce grandit ; il ne tient qu'aux diverses nations à s'assurer pour l'avenir une part dans sa prépondérance.

Devons-nous rester indiflérents à cet état de choses, et ne convient-il pas de témoigner à nos frères de l’ancienne Nouvelle-

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