‹ Les Rochelais et le Canada [microforme]Chapitre 9 sur 20 · TZ · texte numérisé non relu

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» qu’à l’adresse et à l’habileté de nos négociants les débris qui

» nous en restent. »

Ainsi s’exprimaient les Rochelais, disant encore : « Le fond de » notre commerce avec le Canada et l’île Royale avait cela d’a- » vantageux qu’il n’était composé que de denrées et marchan- » dises du crû et des fabriques du royaume, des vins, des eaux- » de-vie, des sels, des étoffes delaine, des toiles, des cotonnades, » des soieries, des chapeaux, etc... C'était là l’assortiment de nos » cargaisons, la plupart de ces effets consommaient nos laines

» de France et une foule innombrable d'ouvriers des deux sexes

» vivaient de ce commerce.... Les retours du Canada sont » connus. Les pelleteries de toute espèce, dont le prix montait » chaque année à proportion des consommations qui devenaient » sans borne, des castors dont l’emploi intéresse tant de familles ; » des pêches dont on ne peut estimer la valeur, des peaux d’ori- » gnaux, de cerfs, de chevreuils, des huiles de poisson, qui » avaient déjà porté la mégisserie du royaume au plus haut point » de splendeur ; le ginseng, cette plante précieuse que la Chine » achète au poids de l'or (1) ; le tabac qui y croît partout et dont » la qualité égale celle des meilleurs tabacs du monde.... et » tout cela n’était encore que de faibles commencements, des » essais, des ébauches dans les exploitations de tout genre,

(1) Genre d’avialacées, herbe de 50 centimètres de hauteur dont la racine est aromatique et amère, stimulante et tonique. Les balances commerciales de la Rochelle constatent l’arrivée de cette herbe en cette ville en 1747, pour une valeur de 12,900 livres ; en 1748, pour 10,125 livres ; en 1749, pour 76,300 livres ; en 1750, pour 65,562 livres; en 1751, pour 152,100 livres; en 1752, pour 484,120 livres ; à partir de cette époque les importations de cette marchandise diminuèrent très sensiblement, on la cueillait en mai, au lieu de la cueillir en septembre, on la faisait sécher au four au lieu de la faire sècher à l’ombre et lentement ; dès lors elle ne valait plus rien, La livre, qui à Québec ne valait que deux francs, y monta jusqu’à vingt-cinq francs. Le haut prix excita une aveugle cupidité.

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