‹ Les roches et leur éléments minéralogiques, descriptions--analyses microscopiques--structures--gisementsChapitre 59 sur 197 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

PLÉOÇHROISME

^léochroïsme. — Les cristaux colorés, soit à cause des éléments colorants dont ils sont composés, scit par des matières étrangères dont ils sont teints pour ainsi dire, peuvent présenter des colorations différentes suivant la direction où on les regarde, quand ils n’appartiennent pas au système cubique. Parmi les vibrations, des différentes lumières qui leur sont parallèles, leurs axes d’élasticité en laissent passer un certain nombre et absorbent les autres. La pennine, par exemple, se laisse traverser dans la direction de l’axe par des rayons d’un bleu mêlé de vert et perpendiculairement à l’axe par des rayons d’un rouge orangé. Comme il a été dit plus haut, un rayon perpendiculaire à l’axe se divise en deux, dont l’un vibre perpendiculairement et l’autre parallèlement à l’axe; les vibrations parallèles et les perpendiculaires perdent chacune, en traversant le cristal, des proportions différentes de leurs différentes couleurs. L’andalousite orthorhombique parait d’un vert d’huile quand on la regarde latéralement, d’un vertolive à travers hl9 d’un rouge verdâtre à travers ses bases. Les chloritoïdes varient du bleu indigo au vert suivant la direction. En général, à travers les faces d’un cristal, on observe des cou-

PLÉOCHROÏSME

leurs qui proviennent du mélange de celles que les axes laissent passer.

Loupe dichr o scopique d’Haidinger. — On doit à Haidinger un petit instrument appelé loupe dichr oscopique qui permet d’observer deux images à travers chaque face, et, si l’on choisit une face parallèle à deux axes d’élasticité, on observe les colorations de ces axes (fîg. 162). Cette loupe se compose d’un rhomboèdre de spath S obtenu par clivage, fixé au moyen d’un anneau de liège dans un petit tube en laiton, de façon que

quatre des faces formant les pans d’un parallélipipède soient parallèles à l’axe du tube, qui porte à un bout une plaque métallique percée dans l’axe d’une ouverture carrée et qui s’emboite à l’autre extrémité dans un tube plus court pouvant tourner sur luimême, portant une lentille L et percé d’une ouverture circulaire. Sur les deux faces du spathS, sont appliqués des prismes de verre a , d’environ 1 8°, qui permettent à l’ensemble des pièces transparentes d’èlre terminé aux deux bouts par des faces b , perpendiculaires à l’axe du tube.

On place l’œil devant l’ouverture circulaire et le cristal qu’on veut examiner devant l’ouverture opposée.

Supposons que ce soit la lame depennine, dont nous venons de parler plus haut, dont l’axe AA' est placé verticalement.

Dirigeons verticalement la section principale ad du spath. Les A vibrations de la pennine parallèles et perpendi-

culaires à la section principale AA de la pennine restent parallèles et perpendiculaires à celle ad du spath (fîg. i63); mais les deux rayons extraordinaire et ordinaire qu’elles engendrent se séparent et se montrent chacun avec leur coloration. Les dimensions de l’ouverture el du spath sont choisies de manière que les deux images de l’ouverture, colorées chacune par un des rayons,

PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DES MINÉRAUX

soient séparées en n’empiétant l’une sur l’autre que par un de leurs angles. En ce coin, on observe leur mélange. En tournant le petit tube qui porte le spath devant l’œil, on voit les images échanger leurs couleurs; à 45°, elles ont les mêmes teintes ; c’est le rayon ordinaire qui tourne, comme toujours, autour de l’extraordinaire.

A l’aide de cet instrument, on peut observer la couleur des axes d’élasticité dans les lames cristallines parallèles à deux de ces axes.

Le pléo:hroïsms dans les sections minces. — Pour observer la couleur des axes d’élasticité, surtout dans les sections minces, on peut mettre sur la platine du microscope à lumière parallèle une lame du cristal qu’on étudie contenant deux de ces axes ; on enlève l’analyseur; on tourne la lame de façon à diriger un des axes parallèlement à la section principale du polariseur; on observe ainsi la coloration de cet axe. En tournant de 90e, on verrait la coloration de l’axe perpendiculaire.

Babinet a trouvé une loi souvent vraie; c’est que les teintes les plus sombres caractérisent les vibrations qui se propagent le plus lentement, parallèles par conséquent à l'axe de plus petite élasticité et correspondant au plus grand indice de réfraction. Soit ng le plus grand indice, n m le moyen, np le plus petit ; a l’axe antérieur, horizontal dans les cristaux à base perpendiculaire aux pans ; b l’axe incliné d’arrière en avant dans les monocliniques, c l’axe vertical, a est un des axes équatoriaux et c l’axe vertical dans les cristaux à un axe ; les tableaux suivants résument les colorations des axes dans un certain nombre d'espèces pléochroïques.

Ces caractères permettent de distinguer immédiatement l’amphibole hornblende de l’augite en sections minces, l’amphibole s’éteignant à peu près suivant la longueur et l’augite offrant en général un dichroïsrne à peine sensible, quelle que soit l’orientation de ses axes par rapport au polarisateur.

Uniaxes. — Couleurs des rayons qui vibrent parallèlement

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