CHAPITRE XIV
Cuivre natif (Cu). — Cubique. Formes : al,p, b\ b\ a\ isolées ou combinées. Macles avec hémitropie suivant a1.
Dureté: 2,5 à 3. Densité :8,7 à 8,9. Très malléable, très tenace. Opaque, rouge, à éclat métallique. Vert par transparence en lames très minces.
Fusible au chalumeau. Donne les réactions du cuivre. Souvent presque pur.
Berzéline (Cu'Se) (6i,6 Cu). — Dans le matras, donne Se, SeOf et Cu; sur le charbon fond en globule gris en dégageant une odeur forte. Très rare, en enduits minces, blancs ou noirs, dans les fentes d'un calcaire cristallisé, à Skrikerum,en Smôland (Suède), et à Lehrbach, au Hartz.
Crookésits. — D'après Nordenskjôld, on trouve, à Skrikerum, une substance compacte de densité 6,9, fusible au chalumeau, colorant la flamme en vert intense et contenant Cu (45,76), Ag (3,71), thallium (17,25), sélénium (33,27).
Covelline (CuS). — Dureté : i,5 à 2; densité: 4,6; isomorphe du cinabre, pa* = i3i°5. Rhomboèdres se clivant suivant leurs faces; couleur d'un bleu indigo.
Nous ne ferons que mentionner :
Domeykite (CusAs). — Densité : 7 à 7,5. Dureté : 3,5. Compacte; d'un blanc d'étain.
Algodonite (Cu6As). — Densité : 6,9 ; compacte; gris d'acier, blanc d'argent.
Whitneyite (Cu°As). — Densité : 8,5. Compacte; blanc grisâtre ; à éclat métallique.
Hors for dite (Cuf,Sb). — Densité: 8,8. Compacte; d'un blanc d'argent.
Toutes ces substances se réduisent sur le charbon à l'état de globules de cuivre et donnent les caractères de l'arsenic ou de l'antimoine.
Chalkosine (Cu'S) (79,8 0/0 de cuivre). — Orthorhombique. mgl zz 120.1?/; mm zz ii9°35'; pô3/2 zz i47°io'; pe3/- rz t47°6'. Les faces m et g1 forment un prisme hexagonal dont les angles mm et mg% diffèrent d'environ 1/2 degré; pb 3/4 etpe^^ ne diffèrent que de quelques minutes; aussi ces faces se produisentelles ensemble, et les cristaux ont-ils le faciès de pyramides hexagonales, combinées ordinairement à un prisme hexagonal d'apparence régulière.
Les cristaux sont souvent aplatis parallèlement à leur base p. Souvent ils se groupent, soit 2 par 2 en sentre-croisant, soit 3 par 3 autour d'un axe, leurs plans de jonction étant les faces m accolées des individus immédiatement voisins.
La chalkosine peut remplacer par épigénie des cristaux de chaikopyrite, par moulage de la galène; quelquefois elle a remplacé des graminées, et elle a gardé la forme de leurs épis ou imprégné leurs tiges. Souvent une partie du cuivre y est, au contraire, remplacé par du fer.
Clivages m imparfaits; cassure inégale. Densité : 5,5 à 5,8; dureté : 2,5 à 3 ; très molle.
D'un gris de fer, bleuâtre ou d'un gris de plomb noirâtre, avec un éclat plus ou moins vif; poussière brillante, noire. Au chalumeau, très fusible; caractères du cuivre; soluble dans l'acide azotique.
Phillips ite (cuivi%e panacha, bornitti, (h'ubt\sci(e, buntkupf»rerzi '3Cu*S + Fe'S*) (55,5 0/0 de cuivre.. — Cristalline dans le système cubique. Formes a1, a', à faces courbes et confusément groupées.
Variétés: masses compactes, plaques, masses tuberculeuses, ou remplaçant la chalkosine.
Densité : 4*9 à 5,i ; dureté : 3; assez molle. D'un rouge de cuivre mêlé de brun sombre ou de bleu, irisée sou-
vent dans toute la niasse ; poussière noire ; souvent elle est mélangée de chalkosine.
Fusible en globule gris d'acier au chalumeau, y devient magnétique après une longue insufflation; mouillée d'acide ehlorhydrique, elle colore en bleu le bord d'une flamme à alcool; elle dépose du soufre dans l'acide chlorhydrique.
Chalkopyrite (CuFeS* ou Cu'S + Fe*S*J (34,5a o/o de cuivre). — Système quadratique avec antihémiédrie. Formes: tétraèdres voisins des tétraèdres réguliers 1/2 b1/- souvent groupés par 2 suivant
une de leurs faces avec hémitropie. 6'/- à1.- =:
y'i v io8°4o'à la base et 7i°2o'sur p(fig. 200}. Sou-
d '' /,':'\ vent on voit deux tétraèdres inverses combinés,
/,./ . y produisant ensemble un octaèdre quadratique
\fti'^ '*''' / ou ^a combinaison d'un tétraèdre et d'un hémil- --—ifr^r— • dioctaèdre donnant ensemble une forme à ta
Fi" J0<i
c " faces qui rappelle les hémioctotrièdres du sys-
tème cubique. Ils montrent également des hémioctaèdres a {it maclés suivant a1, et quelquefois les arêtes d'un octaèdre placé au centre du groupe disparaissent en haut comme en bas sous d autres cristaux, qui s'appliquent sur ses faces suivant un plan parallèle à a1. Densité : 4,* à 4,3. Dureté : 3,5.
Couleurs : jaune de laiton verdàtre, parfois irisé; poussière noiiv.
Variétés : masses compactes ou à cristallisations confuses, d'un jaune de laiton verdutre, à éclat métallique, mamelonnées, réniformes, irrégulières, remplaçant quelquefois la chalkosine ou enveloppant le cuivre gris. Au chalumeau, elle décrépite et prend une couleur foncée; elle fond facilement el donne un globule magnétique. Comme la précédente, mouillée d'acide chlorhydrique, elle colore la flamme en bleu. Elle est soluble dans l'acide azotique, et une lame de fer plongée dans la dissolution s'y recouvre de cuivre.
Tétraédrite (cuivre gris, fahlerz, panabase, etc.). — Sulfoantimoniuresou sulfoarséniures de cuivre, d'argent, de mercure, de er ou de zinc (fig. 201 et 202).
On peut distinguer dans ce groupe avec Rammelsberg : i* Les sulfoantimoniures, mélanges isomorphes de 4Ag,S -f Sb*S% jCu'S + Sb'S3, 4FeS -f SbsS5, contenant en moyenne
Fig. 201. Fig. .loi
4oo/o de cuivre et de i à 17 0/0, ou même quelquefois davantage, d'argent, appelés en Allemagne wcissgiltigerz, foncés, lorsque la teneur en argent devient considérable.
2» Les sulfoantimoniures mêlés de sulfoarséniures, contenant fort peu d'argent, mais souvent du mercure (17,27 0/0 dans la tétraédrite de Kotterbach, près Iglfi, Hongrie, d'après Rathi.
3° Les sulfoarséniures ne contenant ni argent, ni mercure, et rarement du zinc; ce sont les variétés les plus claires, auxquelles se rattachent les tennantites. Le cuivre, de 33 à 45 0/0, le fer se rencontrent dans tous les groupes.
Dans quelques tétraédrites, on a signalé un peu de cobalt, un peu de bismuth, très rarement du plomb.
Formes cubiques avec anlihémiédrie 1/2 a1, 1/2 a*, 1/2 a2/3, 1/2 (A7/W* b*/h ,p, bl.
Les cristaux offrent aussi des groupements de deux tétraèdres qui s'entre-croisent.
Cassure inégale ou finement grenue; traces de clivage a1.
Densité : {,36 à 5,36; densité : 3 à 4-
Gris d'acier, noîrde fer ; poussière noire, tournant au rouge foncé dans certaines variétés. Dans le matras, les cuivres gris antimonifères donnent un sublimé d'un rouge foncéde sulfure d'antimoine, mêlé d'oxyde; sur le charbon, ils fondent facilement en globules
gris. Solubles dans l'acide azotique, ils y laissent déposer de l'oxyde d'antimoine et du soufre. La dissolution chaude de potasse caustique donne du sulfure d'antimoine, que la potasse retient, mais que les acides précipitent en jaune orangé; les cuivres gris arsénifères donnent des réactions analogues, si ce n'est qu'au lieu d'oxyde ou de sulfure d'antimoine on a un sublimé d'acide arsénié ux et de sulfure d'arsenic d'un jaune citron dans le mat ras.
On réserve actuellement le nom de welssgilUgerz au sulfoantinioniure de plomb, d'argent, de zinc et de fer, ne contenant que peu ou pas de cuivre, renfermant au contraire du plomb, jusqu'à 38 o/o, tandis que ce métal manque généralementdans les cuivres gris proprement dits.
Nadelerz (patrinite). — Sulfure de cuivre, de bismuth et de plomb, de la formule (tPbS + Cu*S)+ Bi*S*, contenant 36,02 plomb, n,o3 cuivre, 36, 21 bismuth et 16,74 soufre, eu cristaux aciculaires, capillaires, souvent infléchis ou séparés en tronçons par des cassures transversales, engagés dans le quartz. On n'a pu y mesurer qu'un seul angle de 1100 environ, à arête parallèle à l'allongement des cristaux. Clivage suivant une direction plane verticale.
Dureté : 2,5; densité : 6,76. Couleur gris de plomb clair, gris d'acier. Les cristaux sont souvent recouverts d'un enduit verdàtre. Dans le lube ouvert, donne des vapeurs blanches qui se condensent en partie en gouttes limpides. Facilement fusible; donne avec l'acide azotique du sulfate de plomb et du soufre. Localités : Béésowsk (Oural), où ce minerai accompagne de l'or natif.
Bournonite [scltivazspiesstjlanzwz, splessglanzbleierz, rdddn-z, pndi'lliunp.y bhufaklevz). — Sulfoantimoniure de cuivre et de plomb, contenant 42,55 plomb, i3,02 cuivre, 24,65 antimoine, 19,78 soufre, dont la formule peut s'écrire :
2PbS + Cu'S + SbfS* (PbCuSbS*)
cristallisé en prismes droits à base rhombe qui se groupent ordinairement suivant les faces prises pour pans m du prisme, soit 2
à a (fig. 2o3), soit en verticilles qu'on a comparés à une roue de tée, lorsqu'ils sont formés d'un grand nombre d'individus, mais qui se trouvent réduits parfois à 6 ou à 4 demi-individus.
mm = 93°4o'; pd zz 136017'; pe'. = i38°6'
On observe souvent combinées de diverses manières, outre les faces précédentes, les faces A1/*, A1/4, a*, g1, A1, g*9 hz, etc.
Les cristaux ordinairement tabulaires, allongés horizontalement suivant l'une ou l'autre des diagonales de leurs bases, se groupent suivant leurs pans.
Clivages peu distincts suivant faces g1 et A1.
Ellipsoïde isotherme.
Dureté : 3; densité : 5,8. Couleurs :
gris d'acier à gris de plomb, plus ou moins foncé, souvent très clair ; éclat vif; fragile.
Dans le tube fermé, donne un sublimé rouge. Fusible au chalumeau. Soluble dans l'acide azotique avec dépôt de soufre et d'oxyde d'antimoine.
On peut mentionner encore comme sulfures :
Cabane (Cu'S + Fe*Sa). — Densité : 4 à 4, i8 ; dureté : 4; jaune de laiton.
Cuproplombite (CusS + 2 PbS). — Densité : 6,4; dureté : 2,5; d un gris de plomb noirâtre tendant au rouge violacé.
Ênargite [4 (Fe, Cu) S -f Cu'S + As'S8]. — Orthorhombique avec clivages m; mm ==- 97°53'. Densité : 4,36; dureté : 3; d'un noir de fer; poussière d'un noir grisâtre.
Famatinite (4CuS + Cu'S+ Sb'S3). — Ayant les caractères de l'énargite; couleur entre le gris de plomb et le rouge de cuivre.
Zigueline [cuprite) (Cu'O) (cuivre, 88,79). — Cubique. Faces fréquentes : p, a1, A1, puis a1/2, a*/*, a\ A5, A'A^A'/a. Clivages interrompus a1.
Translucide sur les bords; rouge cochenille dans les cristaux
LES MINKRAUX
trè3 minces (chalkotrichite), extérieurement noirâtre; poussière rouge brique.
Dureté : 3,5; densité : 5,83 à 6,i5.
Elle colore la flamme en vert; mouillée d'acide chlorhydrique, elle la colore en bleu. Réductible sur le charbon; solubîe avec effervescence dans l'acide azotique, sans effervescence dans l'acide chlorhydrique. Cristaux agglomérés'; masses ténues, compactes ou granulaires; fibres capillaires,
Mélaconise (CuO) (Cu, 79,85). — En aiguilles d'un gris d acier noir, brun jaunâtre par transparence, à éclat métallique, dans la lave du Vésuve. En masses noirâtres, terreuses ou compactes, remplaçant quelquefois des cristaux cubiques, paraissant résulter de l'altération de sulfures de cuivre. A Boléo (Californie), le minerai est miMé au cuivre oxydulé, à du sesquioxyde de manganèse, de l'alumine, du sesquioxyde de fer, etc.
Fusible en scorie noire, facilement réductible et soluble dans l'acide azotique.
Atacamite TJuCl1 + 3CuOH'0 ou Cu5(H0)*'Cl]. — Orthorhombique. mm zn tiacio'; e*el =: io5°.fo\
Clivage parfait ^r1, imparfait A1 ; faces ordinairement imparfaites; cristaux petits, chargés de facéties, bacillaires; variétés grenues, arénacées. Colore en bleu la flamme.
Chessyl te (azurite, cuirre carbonate bleu) (2CuOCO* -f* CuOirO). — Glinorhombique. mm = 99033'; phl zz 9'2°2i';
p««/« =z ng0:^'; pdV* — ntn46' ^fïg, *o{).
Cristaux allongés souvent suivant l'axe de la zone pA1, aplatis suivant p, groupés irrégulièrement en sorte de boules. Macles régulières rares avec hémitropie autour d'un axe normal à «'/-. Clivages assez nets suivant e1/-, moins faciles suivant A1. Plus on moins transparente. Plan desaxesoptiques parallèle, et bissectrice aiguf» positive normale à la diagonale horizontale, faisant — i5° avec p; p > v.
Éclat vitreux adamantin. D'un bleu d'azur, d'un bleu d'indigo ;
</* r'"ti^
ni'
poussière d'un bleu pâle. Dureté : 3,5 à 4; densité : 3,77 à 3,83. Soluble avec effervescence dans les acides.
Malachite (cuivre carbonate vert) (GuOCO* + CuOH'O). — Clinorhombique. mm z=z io4°26'; cristaux très petits, presque toujours maclés suivant A1 avec hémitropie autour d'un axe normal à ce plan. Clivage parfait à éclat nacré suivant p, imparfait g*.
Plan des axes g1. Bissectrice aiguë négative presque normale à la base ; dispersion inclinée.
D'un vert émeraude, tendant au vert d'huile; poussière vert-degris. Dureté : 3,5; densité : 4io3.
Fusible en colorant la flamme en vert ; facilement réductible. Soluble dans les acides avec effervescence et dans l'ammoniaque.
Parmi les sulfates de cuivre naturels, on ne peut que citer :
Cyanose (CuO, SO3 H*0), qui cristallise dans le système triclinique, mais que sa solubilité dans l'eau ne permet de rencontrer qu'en agrégats stalactitiques, mamelonnés, en enduits de couleur bleue.
Brochantite (2CUOSO3 + 5CuOH*0). — Petits cristaux tabulaires, quelquefois aciculaiies, d'un vert émeraude ou noirâtre, à poussière vert pâle, qui perdent de l'eau et de l'acide sulfurique à une température élevée et qui, avec le carbonate de soude, donnent la réaction des sulfures. Fusible au chalumeau, réductible.
Dioptase (CuOSiO'H'O). — Silicate hydraté de cuivre, cristallisé en prismes hexagonaux terminés par un rhomboèdre de 95*55, pris comme primitif, et modifiés par un hémiscalénoèdre 1/2 d*.
CKvages parfaits suivant les faces bl bl bl = ii60a4.
Couleur vert émeraude. Poussière verte. Transparence plus ou moins complète. Double réfraction énergique, positive. Éclat vitreux.
Dureté : 5; densité : 3,27 à 3,35.
Au chalumeau, noircit au feu oxydant, rougit au feu réducteur sans fondre; donne de l'eau dans le matras. Se dissout dans les acides en faisant gelée ; dans l'ammoniaque, en laissant un résidu de silice.
Chrysocolle. — On admet, comme représentant la composition de ce silicate hydraté de cuivre, la formule CuOSiO + 2H*0, qui correspond à 34>*3 silice, 45,23 oxyde de cuivre, et 20,54 eau. Cette matière d'un bleu de turquoise, tournant parfois au vert pistache, à cassure conchoïdale ou fibreuse, se présente en enduits, en concrétions quelquefois à structure radiée, peu éclatantes, plus ou moins translucides. Elle abandonne sa baso à l'acide chlorhydrique en déposant de la silice gélatineuse et de l'ammoniaque après une longue digestion. Au chalumeau, elle colore la flamme en bleu, puis en vert, et devient rouge brique au feu réducteur.
Dureté : 2, 5. Densité : 2 à 3.
Au microscope, on y observe une structure sphéroli Inique; les fibres s'irisent, divergeant du centre vers la surface de couches emboîtées les unes dans les autres. Les fibrilles élémentaires vues isolément avec la lentille à immersion s'éteignent parallèlement à leur longueur et sont négatives.
Accompagne les minerais de cuivre à Saïda et Schnelberg (^Saxe), à Lauterberg (Haitz), Kupferberg (Bavière), Rezbanya, dans la Cornouaille, au Chili ; à Lipari, dans la lave. Elle est abondante dans la mine de Boléo (Californie), où elle est associée à du quartz et à de l'opale.
Cuivre. Ses gisements. — Europe centrale. — Les minerais de cuivre, sulfures et carbonate vert, forment des filons dans les <*neiss, gris ou rouges, les schistes micacés et amphiboliques, parfois des couches, ayant pour gangues divers silicates, grenat, quartz, de la tluorine, du calcaire, à Freiberg, Berggieshûbel, Seifïen, Katharinenberg, Schneeberg, dans TErzgebirge; des imprégnations en couches à Kupferberg et Plauen-Hof, dans le Fichtelgebirge ; des filons ayant pour gangues du calcaire et de la hornblende à Naustadt, Weitisberga ; des couches et des filons à gangues de calcaire, quartz et baryline, à Saalfeld(Ilmenau), dans le zechstein de la forêt de Thuringe ; des filons ou amas avec la baryline pour gangue dans les schistes du cutm et du dévonien, à Lauterberg et Goslar, dans le Hartz; des couches avec galène et
minerais de bismuth, nickel , dans les schisles marno-bitumineux du zechstein de Mansfeld-Sangerhausen, au bord du lïartz; des filons dans les gneiss ou les granités, avec quartz et barytine, à Léopold et Salzbourg (Forêt Noire); des imprégnations dans le rothliegende de Brod Bôhmisch et Starhenbacb, dans le carboni • fère de Trautenau (Bohème); des couches de contact dans la mine Ribnitz ; des réseaux dans le calcaire grenu subordonné aux micaschistes avec malacolithe de Rochlitz, en Bohême; des filons avec gangue de quartz et actinote et minerais de fer associés à ceux d'argent, dans les schistes cristallins et argileux de Kupferberg (Silésie) ; des couches dans les schistes cristallins de Poschorita (Carpathes du Nord). La chalkopyrite aurifère constitue avec le quartz les filons des grès carpathiques tertiaires d'Olalaposbanya (Siebenbûrg) ; avec le cuivre natif et l'oxyde de cuivre et des minerais de fer, de zinc, de plomb, d'antimoine et de l'or natif, accompagnés de grenat, de quartz, de calcaire et d'amphibole, elle forme des amas de contact ou des filons dans la syénite et le micaschiste d'Oravitza, Moldova, Dognacska, Banat. Des filons et des réseaux de minerais de cuivre et de fer traversent le gneiss à Maidanpeck (Serbie) ; des filons couches de minerais de cuivre à gangues de quartz, gypse et sidérose, se répandent dans la grauwacke schisteuse et les micaschistes d'Herrengrund ; ils sont accompagnés de stibine et de quartz dans les micaschistes d'Àltgebirge, dans les schistes de Libethen où il s'y associe un fahlerz argentifère: à Jaraba, près Bries, les filons de sulfures de cuivre courent dans le gneiss; ils renferment un fahlerz mercurifère à Gotterbach; ils ont pour gangues du quartz et du talc dans le grès carpathique de VicartOez, près Leutschau ; ils escortent les minerais d'argent, d'or, de bismuth, de fer, et prennent pour gangues du calcaire, du quartz, du grenat, de l'amphibole, dans les couches ou amas où ils s'étalent au contact du porphyre et des calcaires subordonnés aux micaschistes de Rezbanya ; ils se subdivisent en stockwercks, se concentrent en amas dans les schistes chloriteux, argileux, et les grauwackes schisteuses de Kardeis et Breunlhal
(Salzbourg), à Werfen (Salzbourg), à Ahrn, à Kitzbûhel (Tyrol). Italie. — On retrouve la chalkopyrite et autres minerais de cuivre dans les stock wercks qui déchirent les serpentines, les euphotides et les gabbros répandus au travers des macignos des Alpes Apuennes, deMonte-Molina, près Frassi nova, de Monte-Nero, près Rochesta, de Monte-Catini (Toscane), de Monte- Vaso et Monle- Castelli. Les minerais cuprifères ont pour cortège la liévrite, la pyrite, la galène, la blende, l'amphibole et le quartz, dans les filons qui percent le calcaire grenu de Monte-Galvi et de Gampiglièze (Italie supérieure).
Vosges et France. — Us accompagnent le quartz, la bar y ti ne, la fluorine et quelquefois des minerais d'antimoine, dans les filons des grauwackes, à Urbeis, Saint-Nicolas ; des minerais d'argent et d'arsenic dans les filons du gneiss de Sainte -Marie-aux -Mines (Vosges) ; de la bournonite, de la galène, de la blende, du quariz, du jaspe, du calcaire, de la sidérose, dans les filons des micaschistes et des serpentines de Villefranche-Najac, des schistes talqueux et argileux ou des gneiss de Corbières ; des minerais de manganèse dans les granités et schistes cristallisés ou le grûnstein, et surtout au contact de ces roches, dans les grès bigarrés de Ghessy, près Lyon ; de la stibine, du quartz et des minerais de fer, dans les filons qui sillonnent la grauwacke et les schistes métamorphiques de Baigorry, en Navarre.
Espagne. — A Rio-Tinto, province de Huelva* les filons renferment de nombreux minerais de cuivre, sulfures, carbonates, phosphates, arséniates, associés à la blende, la cassitérite, au quartz, à la fluorine.
Angleterre. — Les minerais du métal qui nous occupe constituent les filons du granité, des schistes argileux, du porphyre de Truro, de Saint-Austle, de Tavistock (Gornouailles); les filons ou les imprégnations du cambrien et du silurien du Merionetshire, de Wicklow.
Suède } Norvège, Irlande. — Associés à ceux de fer, de cobalt, de bismuth et de plomb, les minerais de cuivre ayant pour gan-
gués le grenat, le calcaire, la fluorine, Tapatite, Fépidote, la datotithe, l'uxinite, i'helvine, formenl des amas de contact dans les granités syénites et grauwackes de Christiania ; ils s'associent aux minerais de plomb, au quartz, à la chlorite, au mica, au talc, au grenat, aux amphiboles, à l'amiante, dans les couches qui imprègnent les schistes chloriteux et talqueux de Rôraas (Norvège), dans les diorites qui traversent ces schistes à Kaafjord, dans les calcaires de Rai pas. Les sulfures de cuivre constituent des amas, des couches avec quartz, feldspaths de toutes espèces, grenats et autres silicates, graphite, dans les schistes cristallisés de Falun, Garpenberg, Tunaberg (Suède) ; dans les schistes à Hornblende et les granités d'Orijârfvi, de Pittkaranda (Finlande). Oural. — Dans l'Oural, c'est au contact de calcaires du silurien supérieur et de diorites percés eux-mêmes par des porphyrites qu'on rencontre les veines de minerais de cuivre entre les calcaires, d'une part, et les diorites accompagnées de grenat, d'autre part. Les minerais consistent en sulfures, hydrocarbonates bleu et vert, hydrosilicates, oxyde de cuivre ocreux et cuivre natif, mélangés d'argent natif, de blende, de sulfures de bismuth, de magnétite, au milieu de quartz, de calcaire, d'argile, le tout imprégnant les calcaires, diorites, grenat. Telle est la constitution des gisements de Tourinsk, aux mines de Frolow, de Bogoslowsk.
Dans le district de Nijné-Taguilsk, le seul gisement en exploitation est celui de Miednoroudiansk. Une masse de schistes métamorphiques, chloriteux, talqueux, argileux, contient le minerai au milieu des calcaires du silurien supérieur troublé par de nombreuses faibles; la roche éruptive est une sorte de diorite encore mal étudiée. L'horizon inférieur y montre les roches peu altérées contenant des filons de chalkopyrite ; l'horizon supérieur consiste en masses argileuses et ferrugineuses, qui contiennent les minerais oxydés et qui s'élargissent sous la forme d'un amas de 120 mètres de diamètre vers la surface, véritable chapeau de fer9 où se rencontrent la cuprite, la malachite, Tazurite, le cuivre natif, la libéthénite, la brochantite avec la magnétite. En i830, on a extrait un
bloc de malachite qui pesait près de 33o tonnes; cette malachite est livrée immédiatement au commerce pour l'ornementation. Dans le district de Slatooust, il y a des gisements analogues.
A l'ouest de l'Oural, dans les gouvernements de Perm, de "Wiatka, Kazan, Oufa, Samara, Orenbourg, etc., se trouvent les gisements de minerais de cuivre liés aux grès permiens et triasiques. Le minerai se compose de carbonates, d'oxydes noir et rouge, de cuivre, avec volborthite et peu de sulfures ; il forme des veinules, des nids, des amas qui s'intercalent dans les couches horizontales des grès, des marnes, df s argiles et des conglomérats.
Grès d'Amérique. — On retrouve des gisements analogues dans les grès bigarrés d'Angleterre et dans le trias de New-Jersey et du Connecticut, ainsi que dans les grès de Corocoro, en Bolivie, imprégnés de cuivre et d'argent natif.
Mansfeld. — On peut mentionner à part le gisement cuprifère des schistes bitumineux, si connus sous le nom de kupferschiefer. Au sud-est du Hartz, dans le comté de Mansfeld, sous le calcaire fétide (stinckstein) du zechstein, repose une marne bitumineuse (dachflôtz) recouvrant elle-même une couche de 10 à 20 pouces d'épaisseur d'une marne bitumineuse encore et plus schisteuse, renfermant des restes de plantes et d'animaux, des poissons hétérocerques en particulier, et complètement imprégnée de chalkopyrite, mêlée de cbalkosine, de phillipsite, de cuivre gris, de cuivre natif et de ses oxydes, parfois d'un peu d'argent, ou de minerais de zinc, de cobalt, de nickel, de mercure, etc. Au-dessous s'étend le rothliegende.
Filons de l'Amérique du Nord. — Au lac Supérieur, le cuivre et l'argent natif, séparés l'un de l'autre, paraissent avoir été apportés dans le silurien par un porphyre qui ressemble aux porphyres permiens d'Europe.
Grrce. — Dans les mines du Laurium, on trouve un peu d'azurite, de cuivre métallique et de cuprite, colorant çà et là en vert la calamine et l'adamine.
lias Fcroé. — On y rencontre du cuivre en lames dans des sor-
tes d'argiles qui résultent de l'altération des roches basaltiques.
Les éruptions ou émanations du cuivre sont liées à celles* des diorites, serpentines et basaltes.
En Toscane, le grès du Monte -Cati ni consiste en une masse de sulfure qui finit en coin près de la surface du sol et qui est enclavée dans une matière serpentjneuse d'éruption boueuse épanchée au milieu de l'éocène supérieur (nummulithique).
Ce qu'on sait de plus certain, c'est qu'il y a eu deux époques d'apparition du cuivre. La première embrasse probablement les terrains permien et triasique, où le cuivre parait avoir rempli les fentes qui forment comme des auréoles plus ou moins régulières autour des porphyres et s'être infiltré môme plus ou moins avant dans les roches sédimentaires contemporaines. La seconde époque,
d apparition beaucoup plus récente, éocène sans doute, se rattache à la sortie des serpentines, diorites, basaltes, etc.