LA GRILLE D'APOLLON
La force d'Apollon semblait presque infinie.
Lorsqu'il accomplissait ses tours de force les plus stupéfiants, lorsqu'il arrachait ses quatre poids de 20 kilos, liés au moyen d'un mouchoir, d'un seul temps, sans même fléchir les jambes, lorsqu'il amenait l'aiguille du dynamomètre Régnier àun chiffre qui aujourd'hui semble invraisemblable, l'athlète au masque de gladiateur romain, le surhomme, le demi-dieu de la force, ne paraissait faire aucun effort.
Quand San-Marin lui prépara quatre poids chargés de plomb et lui fit arracher à son insu plus de 180 livres, Apollon ne s'aperçut même pas de la supercherie.
Quelle était donc la limite de cette vigueur surhumaine?
Jusqu'à quelles hauteurs inaccessibles à jamais ce phénomène de puissance aurait-il pu porter les records ?
Eût-il arraché 120, 130 kilos? Fût-il parvenu à jeter à deux mains 400 livres ? Nul ne le sait, car il était aussi indolent que fort. Rien n'était plus difficile que de l'amener à enlever la moindre barre à sphères et ni les supplications de ses meilleurs amis, ni les promesses les plus alléchantes ne pouvaient le décider à tenter quelque performance qui aurait illustré à jamais et immortalisé son nom, à l'égal de ceux de Samson'et de Milon de Crotone.
Un être, cependant, avait sur le géant une grande influence : sa femme, une femme mince, aux cheveux noirs et au visage énergique ; et lorsqu'elle lui disait sévèrement, avec son accent méridional :
— Allons, Apollon, tire donc ! Apollon tournait lentement sa grosse tête aux cheveux crépus et frisés, abaissait vers elle un regard soumis, et l'haltère qu'il avait, un instant auparavant, refusé d'enlever parce qu'il « ne se sentait pas en forme » ou qu'il « avait mal au bras », s'envolait aussitôt avec une facilité inouïe, décourageante pour les athlètes présents, déconcertante pour les compétents qui cherchaient à connaître la limite des forces du colosse.
Et pourtant, un soir, Apollon donna sa mesure et l'Hercule moderne accomplit un « travail » devant lequel l'Hercule mythologique aurait peut-être reculé. Ce fut un spectacle impressionnant, fantastique. Il y a quelque dix-neuf ans, Apollon s'exhibait dans les music-halls de Paris et des grandes villes en un numéro de force unique et réellement inoubliable.
Apollon et sa Femme, en 1892
A remarquer sa tête romaine
Il avait alors vingt-cinq ans. Sa musculature incomparable, ses proportions irréprochables dans leur énormité, complétées par une tête superbe d'énergie et de régularité, en
faisaient un être unique, un de ces phénomènes de puissance dont la nature, dans ses caprices, produit peut-être un seul spécimen en dix siècles.
J'ai vu en scène les athlètes les plus réputés : Sandow, le superbe modèle ; Batta, le gentleman athlète, enlevant un cheval à bout de bras ; Cyclops, qui ployait et déchirait des pièces de monnaie ; j'ai applaudi Paris, l'homme à la chaloupe ; j'ai admiré John Grûnn, le briseur de fers à cheval, mais aucun de ces « numéros » n'était comparable à celui d'Apollon.
Je ne sais quel artiste génial avait réglé cette mise en scène poignante que n'oublieront jamais ceux qui en furent une seule fois les spectateurs.
Lorsque le rideau se levait, dans une demi-obscurité, on distinguait sur la scène une grille énorme, haute de deux mètres, aux barreaux formidables.
Tout à coup, derrière cette grille, rompant un silence déjà impressionnant, quelques cris, un bruit de pas précipités, puis des coups de leu qui taisaient sursauter les spectateurs et qui striaient d'un éclair rapide le fond obscur.
Une ombre drapée dans un manteau traversait en courant la scène derrière les barreaux. C'était un prisonnier qui cherchait à s'échapper d'une forteresse, c'était Apollon.
L'ombre s'arrêtait au milieu de la grille, puis deux mains énormes la saisissaient, cherchant à l'ébranler.
Soudain, passant entre deux barreaux, un bras nu, formidable, apparaissait.
Était-ce bien un bras? N'était-ce pas plutôt une jambe de géant? Non, une main énorme terminait cet avant-bras de 44 centimètres écrasé sur les tiges de fer ; c'était le bras d'Apollon. L'autre main, dont le bras restait invisible, avait saisi le barreau suivant et, sous une poussée que l'on sentait irrésistible, les deux mains et les deux barreaux s'écartaient à présent lentement. Dans l'intervalle déjà grand, une épaule monstrueuse était apparue, adossée à l'une des barres tordues. Les deux mains avaient saisi l'autre barre.
Le bras monstrueux, alors bien visible, s'était lentement tendu, et, au travers de la grille, par l'ouverture maintenant béante, l'hercule fugitif avait pu passer tout entier. "~
Il apparaissait debout, rejetant brusquement en arriére son manteau, projecteurs inondaient soudain de leur lumière son corps formidable moulé dans un maillot de soie.
Le bras de Wolff Le bras d'Apollon
A remarquer la différence de grosseur de ces deux bras dont l'un appartient pourtant à un athlète très fort, Wolff, mesurant 41,5 de bras et 33,5 d'avant-bras.
tandis
que
les
LES SUR-ATHLETES
Tout cela était si prodigieux, si terrifiant, que plusieurs secondes s'écoulaient avant -que le public, haletant, pût éclater en interminables applaudissements.
L'athlète faisait alors apporter son matériel de barres et d'haltères et terminait cette inoubliable entrée
•athlétique par quel- l-y^X'^ïï^^^C ques tours de force.
Il jonglait avec un poids de 100 livres et l'arrêtait à bras tendu ; il arrachait d'un bras un haltère court pesant près de 80 kilos et enlevait en deux temps une énorme barre de 118 kilos que les plus forts athlètes pouvaient à peine « décoller » de terre.
Pendant la journée, la grille d'Apollon était exposée, appuyée comme une échelle contre la façade du théâtre ou du musichall, et les incrédules venaient s'épuiser en vains efforts sur les barreaux inébranlables.
Apollon venait d'arriver à Lille ; c'était en 1889. Il devait débuter le soir même au théâtre des Variétés rue Jean-Roisin(i).
Son imposant matériel, ses haltères, ses poids et son énorme grille encore tordue de son exhibition de la veille avaient été débarqués à grand renfort d'hommes de peine.
Après avoir expédié les
premiers au théâtre, Apollon s'était fait conduire avec la grille chez un forgeron dont on lui avait donné l'adresse, pour le prier de redresser les barreaux tordus et de renvoyer ensuite la grille à l'établissement de la rue Jean-Roisin.
Le forgeron s'en chargea bien volontiers et l'athlète s'en fut, l'âme sereine, balançant par les rues tranquilles et étroites de la capitale des Flandres sa carrure exagérée sur laquelle les passants se retournaient, immobilisés et médusés.
— Comment diable a-t-on pu abîmer ainsi cette belle grille ? dit à son jeune aide le brave ouvrier lillois, tandis que son marteau redressait peu à peu les barres rougies au feu.
Apollon
(1) Aujourd'hui démoli.
— Il faudrait peut-être la tremper ?
— C'est cela, je vais la tremper aussi dure que possible ; il n'y aura plus de danger qu'elle cède jamais.
Et loin de se douter des conséquences terribles de son acte, le forgeron vida plusieurs seaux d'eau froide sur les barreaux chauffés, les rendant ainsi trempés,, presque aussi durs que l'acier.
J'étais avec Desbonnet, ce soir-là, dans les coulisses des « Variétés », impatient de revoir l'athlète dans son prodigieux numéro.
Apollon achevait de s'habiller.
Pendant l'entr'acte, on plaça la grille derrière le rideau baissé, et dès qu'elle fut solidement fixée aux portants de la scène et qu'Apollon se déclara prêt, on éteignit presque toutes les lampes et le rideau se leva.
Les coups de feu furent tirés, et l'athlète, après les quelques allées et venues nécessaires à sa mise en scène, s'attaqua bientôt à la barrière de fer.
Ses deux mains puissantes saisirent en leur milieu deux des barreaux et les muscles formidables du colosse produisirent leur effort.
A sa surprise indicible, rien ne bougea. Apollon tira plus fort, il s'arc-bouta ; mais en vain, la grille résistait.
Alors, sans lâcher prise, le colosse tourna vers sa femme, restée dans la coulisse, sa tête angoissée au front un peu bas, et avec un regard inoubliable de bête fauve blessée, il dit de sa voix basse et mal étouffée :
"" " " Je ne sais pas ce qu'il y a ; je ne peux pas passer !
Mme Apollon crut à un accès de paresse de son époux ; sa petite voix sévère, impérieuse, s'éleva, et dans une sorte de patois provençal, elle ordonna :
— Veux-tu bien te dépêcher de tirer plus fort que cela. Allons, passe, et tout de suite. Alors, dominé, l'hercule se remit à l'œuvre. Oublieux de la mise en scène, il rejeta de
ses épaules son manteau qui le gênait, tira de toute la force de ses muscles énormes et les veines de son cou se gonflèrent, ce fut terrifiant.
Les secousses qu'il imprimait à la grille ébranlaient les portants de la scène, et tout le bâtiment semblait secoué comme par un ouragan.
Peu à peu, sous ces efforts prodigieux, surhumains, les barreaux commencèrent à céder. Dans la salle, un silence inouï régnait ; les spectateurs angoissés retenaient leur souffle ; on n'entendait que les « han ! » qui s'échappaient à chaque poussée de l'énorme poitrine d'Apollon.
Celui-ci, affolé, donnait pour la première fois de sa vie la limite extrême de sa vigueur ; il avait déjà rapproché l'un de l'autre deux barreaux ; ses mains puissantes les saisirent alors tous deux à la fois et se refermèrent irrésistiblement. Quand elles se rouvrirent, les barreaux se touchaient.
Il put bientôt passer son épaule, non sans la meurtrir douloureusement; alors, arc-bouté des deux mains et du dos, il produisit un dernier effort invraisemblable de puissance. Les barreaux s'écartèrent, à moitié brisés, et lentement, péniblement, par l'ouverture à peine suffisante, le géant passa la tête, le haut du corps et finalement, se glissa tout entier.
Il avait accompli le tour de force le plus prodigieux de toute sa carrière ; il était haletant, couvert de sueur. Sa large poitrine se soulevait et s'abaissait comme un soufflet de forge, et son souffle s'entendait jusqu'au fond de la salle.
Il s'avança au bord de la rampe, titubant un peu, les yeux injectés de sang, épuisé, et saluant à peine, il dit simplement :
— Voilà... Ça y est.
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LES SUR-ATHLETES
Quand on apporta ensuite ses barres et ses haltères, il fut incapable de les enlever.
A l'arrachement, les 8oJdlos ne montèrent pas plus haut que son épaule.
Il voulut jongler avec son poids de 160 livres, mais, au premier coup, il le manqua et le laissa retomber lourdement sur les planches qui gémirent.
Alors il s'avança de nouveau vers le public.
— Veuillez m'excuser, dit-il encore essou*fflé et hagard, je ne sais pas... ce que j'ai... je ne me sens pas bien... j'ai peur... de manquer mes exercices... et de défoncer... le plancher.
Il salua et s'en alla d'un pas mal assuré dans la coulisse.
Personne ne murmura dans la salle. Les spectateurs, muets, avaient l'intuition qu'ils venaient d'assister à quelque chose d'extraordinaire.
Dans la coulisse, l'athlète s'était affalé sur une chaise, la tète penchée sur la poitrine ; ses avant-bras, déjà formidables d'habitude, appuyés sur ses genoux, étaient maintenant monstrueux, gonflés par l'effort titanesque qu'ils avaient accompli. Ils devaient mesurer au moins 48 centimètres et leur masse difforme, écrasée sur les cuisses de l'hercule anéanti, n'avait plus forme humaine.
Apollon avait la manie de la persécution ; il resta toujours convaincu qu'il avait été, ce jour-là, la victime des machinations savantes d'un concurrent jaloux.
Un autre jour, un brave garçon nommé F..., mesurant 46 centimètres de bras et 47 de mollet, im 30 de poitrine et pesant 115 kilos, très fort et bâti superbement, assistait à une représentation d'Apollon dans une grande ville du Nord. Il était entouré d'un groupe d'amis qui étaient persuadés que F... était l'homme le plus fort qui existât. Par malheur, ils firent tant de bruit pendant la représentation, qu'Apollon alla vers eux et les pria de se taire. Ceux-ci prirent mal la chose, d'autant plus qu'il y avait parmi eux plusieurs exaltés qui se croyaient tout permis, se fiant sur la grande force de leur ami F... De fil en aiguille, et malgré la défense de F..., un des exaltés s'avança et dit : « Monsieur Apollon, il y a ici un amateur qui se charge de faire tout ce que vous ferez. »
Apollon, qui allait commencer à manœuvrer ses poids de 20 kilos, rougit, puis
f-'VV^l
Apollon en 1909 A remarquer la largeur de son avant-bras
pâlit de se voir défier ainsi brutalement/et, la colère l'empoignant, répondit : « Eh
bien ! que ce monsieur vienne, nous allons rire. »
F... se défendait comme un beau diable, il n'avait jamais rien dit de cela, mais ses
amis le poussant au milieu de l'arène, il n'osa pas refuser, et ma foi, fit contre fortune bon cœur, confiant dans sa force pour faire au moins quelques beaux bras tendus avec Apollon. Mais celui-ci entendait donnerune leçon à l'imprudent, et non le couvrir d'une gloire facile à cueillir avec un poids de 20 kilos.
Il dit : « Venez donc, Monsieur, nous allons voir
si vous êtes fort. » F... s'avança et dit: « Monsieur
Apollon, si vous le voulez, nous allons commencer par
quelques bras tendus avec 20 kilos. » Apollon le regarda
d'un air dédaigneux et répondit : « Un poids de 20 kilos à
bras tendu, c'est bon pour les enfants ça, Monsieur; nous
allons toujours commencer par quatre poids liés ensemble
et nous verrons ensuite à mettre un peu plus. »
Il amène quatre poids, les lie et dit : « Je commence »,. en les tirant du premier coup à l'arraché d'une main; ensuite, les reposant à terre, il dit : « A vous, Monsieur. » F..., qui avait vu tirer les quatre poids comme une plume, se dit de suite : « Ce sont des poids creux, s'ils sont légers pour Apollon, ils le seront pour moi », et il arrive sur les quatre poids ; quand il les eut soulevés, il vit bien que les poids avaient leur compte et, désolé de s'être fourré dans ce guêpier où sa réputation allait sombrer, il réunit toute son énergie et tira sur les quatre poids pour les épauler d'une main; il les manqua, mais les essaya de nouveau et, après quelques essais, réussit à les mettre à l'épaule avec une main, ce qui était la preuve d'une force inouïe ; mais, gêné par les quatre poids qui bougeaient et retombaient sur son avantbras en lui meurtrissant le poignet, il ne put les décoller de l'épaule. Alors Apollon, cueillant les quatre poids et, lui arrachant des mains, lui dit ces simples mots : « Allez, monsieur, retirez-vous, vous êtes fort comme ma sœur. » Et le pauvre F... s'en fut sous les rires de la société; de ce jour sa réputation fut bien amoindrie.
Un volume de 500 pages ne suffirait pas pour citer tous les tours de force accomplis par le colosse Apollon. Combien il est regrettable que tous ces exercices n'aient pas été faits sous le contrôle des dynamométreurs officiels ; malheureusement, l'H. C. F. n'existait pas encore vers 1889, au moment où Louis Uni était en pleine forme et où il avait ce feu sacré qui permet d'accomplir tant de prouesses athlétiques. Combien il est encore plus regrettable que personne n'ait songé à faire mouler complètement ce surhomme, ce surathlète. La vue de cette statue aurait rempli d'admiration nos fils et nos petits-fils.
LES SUR-ATHLETES
On se sent pris de tristesse en songeant qu'il ne restera plus rien de cette merveille de beauté et de force quand Apollon sera couché dans la tombe et que seuls quelques moulages du bras et de la jambe rappelleront le passage sur terre d'un demidieu. En lisant le compte rendu des exercices prodigieux accomplis par cet homme et en regardant les différentes photographies de cet ouvrage, nos descendants chercheront vainement à rebâtir par la pensée le superbe édifice humain que fut Apollon. Malgré toute leur bonne volonté et leur imagination, le rêve restera toujours à mille coudées en -dessous de la réalité. Il n'y a eu qu'un Apollon, il n'y en aura sans doute plus d'autres. Lorsque les usages stupides qui se sont mis au travers de la procréation humaine seront tombés devant la nécessité de régénérer notre peuple, coûte que coûte, en ouvrant tout grand le réservoir de vie, nos descendants, débarrassés des idées préconçues, songeront avec stupeur et douleur que nous avons laissé s'éteindre un semblable flambeau de vie sans chercher à en allumer d'autres, pendant que des pur-sang de la race chevaline, entourés de soins et de bien-être, font souche de vigoureux rejetons, car on cherche, pour eux, les unions de beaux produits pour jouir de leurs fruits. Mais le peuple français est celui qui a le moins de sens pratique, et les égards, les soins, l'argent ne sont que pour les dégénérés. L'État ne s'occupe pas des forts, il attend que les forts soient devenus faibles pour leur
témoigner sa sollicitude, aidant ainsi à continuer une race de souffreteux, de dégénérés, à seule fin de remplir les hôpitaux, les asiles d'aliénés et d'incurables. Sous le prétexte de pitié, on fait vivre, ou plutôt on empêche de mourir et on entretient à grands frais des tuberculeux, des rachitiques, des épileptiques, des aveugles, des sourdsmuets, sans doute pour éviter que leur race ne s'éteigne et donner ainsi beaucoup de besogne aux médecins.
Apollon em 1910
Il mesure encore 42cm 5 de tour d'avant-bras et 49 de tour de bras
Louis CYR
Quel est l'amateur de notre généra tion qui, depuis quelque vingt ans, n'a pas entendu souvent* prononcer le nom de /y
Louis Cyr, comme du monde des
Louis Cyr, né est un Canadien nese comptent plus, aussi large que haut, bes comme des pi cet homme semble des fardeaux ; et en jeune âge, Cyr se de force, ce qui le athlétique.
Celui qui pour trouve en face de la surprise que res vardier en se trou rue, nez à nez avec leurs l'athlète Cy de poitrine et qui ment un bébé (il cula épouvanté, première fois le fa monter sur la scène lait, à seule fin de du poids des hal Cyclops. Jamais il disait -il, une lar parable à celle de
Louis Cyr est à Saint-Jean-d'Iberville, le i mais sa mère, qui mourut en
un des champions hommes forts, de parents français, dont les prouesses De haute taille, des bras et des jamliers de cathédrale, né pour soulever effet, dès son plus livre aux exercices rendit encore plus
la première fois se Louis Cyr éprouve sentirait un boulevant au coin d'une un éléphant. D'ailclops, qui a im 30 n'est pas précisépèse 120 kilos), requand il vit pour la meux Louis Cyr où Cyclops travailse rendre compte tères qu'employait n'avait vu, nous geur d'épaules com- Louis Cyr.
Canadien, il est né 1 octobre 1863. Son père était un homme ordinaire, 1887, était une petite femme de 300 livres.
Louis Cyr
quand il vint en Angleterre pour matcher Sandow^
Louis Cyr est un colosse pesant nu 1 3 3k 500, mesurant im76 de hauteur, im 47 de tour de poitrine et 55 centimètres de tour de bras.
Louis Cyr soulevant un fardeau de 14 personnes et la plate-forme sans cordes et sans chaînes
A l'âge de vingt-deux ans, il entra dans la police de Montréal comme agent, et quelques jours après son début dans sa nouvelle carrière, il se vit obligé d'intervenir
LES SUR-ATHLETES
dans une violente querelle entre deux hommes; ces derniers, qui en étaient aux
coups de poings, ne voulurent pas le suivre au poste de police. Louis Cyr les attrapa
l'un après l'autre et
sous chacun de ses
bras les porta au
poste, à la grande
stupéfaction du
commissaire.
De ce jour, Louis Cyr crut comprendre que sa force corporelle dépassait de beaucoup celle d'un homme moyen et sur les conseils de ses amis résolut de mettre sa force à profit et se mit à l'entraînement. Il eut par la suite plusieurs matches avec de célèbres athlètes et fut partout le vainqueur. Il eut même à Londres une rencontre avec l'athlète Sandow, en 1892, et gagna une somme énorme, grâce aux pertes des parieurs de Sandow.
Voici d'ailleurs, pris sur les
journaux de l'époque, l'annonce de la participation de Louis Cyr au championnat deshommes forts.