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Batta, a 19 an (au Havre)

Après Le Havre, ne trouvant plus d'engagements, il repart chez Ganzoin qui venait de s'associer avec le géant Lépi.

Cela ne dura pas longtemps, car Lépi, jaloux de Batta qui faisait fort et remportait tout le succès, lui chercha querelle et le força à se battre, ce dont il eut à se repentir, car le poing du jeune hercule laissa de profondes marques sur le visage de Lépi. A Saint-Nazaire, Batta recueille un engagement fructueux pour Anvers, à la Scala, où Jean Moors, un athlète du pays, voulut enlever ses poids.

Jean Moors est un fameux athlète, renommé à Anvers, sa ville natale; aussi, excité par ses compatriotes, il monte sur la scène et essaye, à dix reprises différentes, d'arracher le gros haltère de Batta.

Après de vains efforts, il le laissa là et Batta l'arracha comme une plume puis fit évacuer la scène à Jean Moors et à ses compatriotes, en leur disant : « Si vous êtes forts et si vous avez de l'ar-

ia atta en 1 889,^ 23 ans

gent à perdre, j'accepte tous les paris. »

Batta eut ensuite trois mois de succès à Bruxelles, à PAlcazar, où il gagnait 70 francs par jour.

Étant à l'Alcazar, vers 1886, Batta eut une discussion avec l'athlète Sandow, qui était à l'époque à Bruxelles; en voici la raison :

Batta, comme tous les artistes de l'Alcazar, devait prendre sa pension obligatoirement dans le café-restaurant de ce concert. Un jour, Sandow vint avec Attila son professeur et manager pour se faire engager à l'Alcazar.

Tous les artistes étaient à table, ainsi que le directeur de l'établissement, quand les deux athlètes entrèrent pour causer avec le patron. En attendant qu'il eût fini, Sandow fit quelques tours de chaises et des exercices de force avec différents objets, tout cela dans l'espoir d'avoir un engagement.

Achille Mouchon dit Achille le Belge né à Gand en 1855, mort vers 1900

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Batta ne dit rien au premier abord, mais quand il entendit Sandow dire que personne ne pouvait foire ses exercices de force de mains, il perdit patience et, se

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Reproduction du Diplôme décerné a Batta lorsqu'il dévissa 200 livres à Bordeaux, à la salle Louis Martin

levant brusquement, il alla taire tous les exercices que Sandow montrait, en lui faisant l'observation, très juste d'ailleurs, que l'Alcazar ayant un athlète, il était superflu de venir exhiber sa force pour tenter de le déprécier, lui, Batta. Sandow s'excusa et l'affaire n'eut pas de suites, mais Sandow remarqua que Batta avait une force de mains supérieure à la sienne.

Un autre jour, Batta, se trouvant à Dunkerque engagé dans un cirque, fit la connaissance d'un riche fabricant de la ville, M. Marchand, le cousin des frères Marchand, les athlètes Lillois, qui l'emmena au café Italien sur la place Jean-Bart et où naturellement on parla de force et de poids.

M. Marchand était lui-même doué d'une Bâ1ta devissant ses roues au.dessus des poignards jolie puissance musculaire et il voulut se rendre compte de celle de Batta. Sur la demande de l'athlète, on alla chercher un

poids de 20 kilos chez un commerçant du quartier, et voici le tour de force que Batta exécuta avec ce simple poids :

Il fit mettre une grande aiguille dans un bouchon, la pointe sortant de 2 centi-

. . , mètres environ ; le bouchon fut fixé dans ' ' ...' -'*; un porte -allumettes, la pointe de l'ai-

guille en l'air. S'asseyant alors devant la table où était posé le porte-allumettes, il allongea le bras horizontalement devant le corps, la main ouverte, la paume de la main face au sol et placée à 1 centimètre de l'aiguille émergeant du porte-allumettes. Il se fit alors placer le poids de 20 kilos sur le dos de la main, restant 7 ou 8 secondes dans cette position et se levant ensuite de la chaise, sans que le bras eût plié et sans aucune retraite de corps.

M. Marchand fut édifié tout de suite sur la valeur de l'athlète, et pendant tout le séjour de Batta à Dunkerque il l'invita dans différentes parties de plaisir que celui-ci apprécia fort.

Il passa ensuite à Lille au théâtre des Variétés puis il fut incorporé à Cambrai pour son service militaire.

Voici les mensurations de Batta, au moment où notre deuxième photographie le représente à l'âge de dix-neuf ans, mesures prises au Club Athlétique Lillois.

Hauteur im77, poids 88 kilos, poitrine im24, bras 43,5, avant-bras 36, ceinture 86, cuisses 63, mollet 41,5, cou 44, poignets 22,5. Batta était, à cette époque, un vrai modèle d'athlète et sa force était extraordinaire.

Au Club Athlétique Lillois, il arracha 140 livres d'une main, dévissa 190 livres de l'épaule après avoir amené le poids avec les deux mains, enleva à bras tendu un poids de 40 livres par la coiffe, fit un bras tendu sur la main avec 70 livres et par l'anneau avec 50 livres.

Ajoutons que le travail artistique de Batta fut toujours caractérisé par une souplesse admirable, jointe à une facilité merveilleuse d'exécution.

Pendant le service militaire de Batta, le célèbre athlète Apollon fut engagé à Lille et porta un défi aux hommes forts pour les exercices de poids et haltères.

Batta en 1896

(A. remarquer son prodigieux développement du triceps)

LES ATHLETES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES

Une affiche représentant Batta dans ses exercices

Batta, qui eut vent de la chose, demanda une permission à son colonel qui

l'aimait beaucoup pour sa force physique et arriva à Lille sans tambours ni trompettes, pour relever le défi, d'Apollon.

Apollon, quoique surpris de tant d'audace, accepta de se matcher avec Bat ta, qui fut battu, il est vrai, mais honorablement .

Apollon avait fait transporter son matériel à la brasserie Becker, au premier étage, et c'est là que la rencontre eut lieu. Apollon arracha quatre poids de 20 kilos, Batta les dévissa; Apollon enleva ses grosses roues de chemin de fer pesant 118 kilos, qu'il épaula et mit en l'air sans l'ombre d'un effort; Batta les épaula d'un seul temps, mais ne put arriver à les fixer à bout de bras. Ajoutons que la barre était d'une grosseur énorme faite pour les mains d'Apollon et que Batta dut déployer un effort suprême pour ne pas la-

Batta en 1900

(A remarquer la force du poignet)

cher la prise. Ajoutons encore que cela se passait en 1889 et clue ^es athlètes ne pratiquaient guère la barre à deux mains.

Après son service, Batta travailla dans les cirques Diter, Lenka, Lockart, Rancy, Piérantoni, Piège, etc.

Il monta ensuite un numéro de cyclistes aériens, l'Étoile Mystérieuse, puis le numéro d'acrobates équilibristes sous le nom des Attab's, où il remplit l'office de porteur et enlève avec une main son partenaire en équilibre de tête sur une perche que Batta tient dans la main.

L'Athlète Batta vers 25 ans

LES ATHLETES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES

Batta fut le créateur de ces derniers numéros qui furent copiés par d'autres artistes, mais jamais égalés.

Voici quelques vers qui lui furent dédiés au moment où il était en engagement à Toulouse.

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