XCII INTRODUCTION
rt à OmhuT. Quatre-vingt-dix ans plus tard environ, Mithridate Eupator, roi de Pont, fut de même nommé stratège des armes, et son nom avec le symbole de sa amille, l’astre et le croissant, figure aussi sur une série de monnaies athéniennes.
A Athènes, Antiochus se montra particulièrement généreux; il contribua dans une large part à la reconstitution de l’Olympieion *, et ses monnaies, comme son histoire, témoignent de son culte pour Zeus Olympien. Les oboles de notre Catalogue, n°% 529 et 530, ont un type qui paraît rappeler un des incidents ‘du séjour d’Antiochus en Grèce : c’est une égide vue de face, type que nousretrouvons également sur quelques bronzes 5. Elle est sans doute l’image de l’égide d’or, ornée d’une tête de Gorgone, à aiyk à LpvoŸ xal ët” avris n l'opyw éoriv, que le futur roi de de Syrie fit placer au faîte du toit du théâtre d'Athènes 4. Antiochus se signala aussi par ses libéralités pompeuses envers le sanctuaire d’Apollon à Délos, où l’on a retrouvé plusieurs inscriptions en son honneur. L’une d’elles nous apprend qu’un Athénien, qui avait éprouvé les effets de la munificence royale, fit érigerà Antiochus une statue dans le temple d’Apollons.
On ne comprend bien le règne d’Antiochus IV Epiphane, son rôle politique et même les types de ses monnaies, que si l’on tient compte de ce fait : à savoir que ce prince s’était profondément hellénisé et qu’il s’efforça, sans relâche et sans scrupule, de transplanter en Syrie la culture hellénique dont il était imbu. Envisagé à ce point de vue, son rôle historique est tout autre que dans la tradition juive qui n’a considéré en lui que l’odieux persécuteur. La cruauté d’Antiochus à l’égard des Juifs avait pour but d’introduire en Palestine le culte des divinités grecques, et l’on vit s’élever une statue de Zeus Olympien dans le sanctuaire même de Jéhovahé, de même que dans le temple du mont Garizim 7. Antiochus orna Antioche, sa capitale, d’un grand nombre de copies des principaux chefs-d’œuvre de la sculpture grecque, notamment une réplique de l’Athéna Parthénos de Phidias ® dont l’image paraît sur les monnaies à partir d'Alexandre I Bala,
Antiochus IV était déjà âgé lorsqu'il succéda à son frère, et son effigie monétaire est en rapport avec ce renseignement historique. Toutefois, l’établissement chronologique des monnaies présente des difficultés au point de vue iconographique : les légendes des pièces d'argent nous aideront à sortir d’embarras. En effet, elles donnent à Antiochus des titres plus ou moins nombreux, et la logique nous porte à admettre à priori que les légendes où Antiochus prend les qualificatifs les plus
1. Beulé, Les monnaies d'Athènes, p. 206 à 210; Barclay Head, Afica, Megaris, Ægina (Catal. du Brit. Mus.), p. 36; et surtout Th. Reinach, dans la Revue des Etudes grecques, 1888, p. 163-176.
2. Polybe, Relig. XXVI, 10; T. Liv., XLI, 20; cf. les Papers of american Schools, d'Athènes, t. I, p. 198.
3. Percy Gardner, The Seleucid Kings of Syria, pl. XI, fig. 7.