CXXVIII INTRODUCTION
Quelques autres types des monnaies d'Alexandre Bala méritent également d’attirer un instant notre attention. Le tétradrachme (Cafal. n° 792) qui a, au revers, une Tyché nicéphore rappelle un peu, par cette figure, la Tyché des monnaies de Démétrius I Soter qui tient un sceptre et une corne d’abondance. Le monogramme dans le champ de la même pièce, est composé des lettres AP, initiales du nom d’Aradus, de sorte qu’il est vraisemblable que le type monétaire représente la Tyché d’Aradus. Sa tête tourelée parait sur les tétradrachmes autonomes de cette ville.
Le type de PAthéna Parthénos d'Athènes fait, pour la première fois dans la série séleucide, son apparition sous le règne d’Alexandre Bala (Cafal. nos 833 à 846). On ignore les motifs qui ont porté ce prince à adopter ce revers nouveau, qui est incontestablement la reproduction d’une œuvre sculpturale imitée du chef-d'œuvre de Phidias. Malala' raconte, à la vérité, que, pour fonder Antioche, Séleucus I Nicator renversa Antigonia et transporta dans sa nouvelle capitale la colonie d’Athéniens qui habitaient la ville détruite; puis, pour être agréable à ces nouveaux colons, il fit ériger une statue gigantesque en bronze, d’Athéna, la divinité de leur mère-patrie. Mais l’épithète de 506e0%, la redoutable, donnée par Malala à cette statue nous fait penser qu’il s’agit d’une statue voisine de la Promachos, c’est-à-dire d’Athéna Alkis, plutôt que d’une copie de l’Athéna Parthénos à laquelle ne saurait convenir la qualification de 606ep%. Quoi qu’il en soit, c’est l’image de la Parthénos que nous ont. conservée les monnaies d’Alexandre Bala et de ses successeurs. Pas n’est besoin d’énumérer ici les monnaies antiques sur lesquelles est également reproduite la célèbre statue chryséléphantine ; nous signalerons toutefois son image sur les monnaies des rois de Cappadoce dont elle forme le type ordinaire à partir d’Ariarathe IV Eusèbe (220-163), et M. Waddington fait observer qu’ici Athéna paraît avoir été identifiée avec Mà ou Enyo de Comana, divinité qualifiée ÿ Nixioooos Get dans une Inscription *.
Si Alexandre Bala a fait graver sur ses monnaies l’image de la statue qui ornait l’un des principaux temples d’Antioche, ce fut peut-être pour imiter ses voisins du nord, les rois de Cappadoce, avec lesquels, à cette époque, les rois de Syrie entretenaient des rapports incessants. La négligence des graveurs monétaires a altéré, sur les monnaies des derniers Séleucides, le type de l’Athéna Parthénos. La Victoire que la déesse tient sur sa main droite devient souvent méconnaissable. Athéna, parfois, ne tient plus sa lance qui est debout à côté d’elle, comme plantée dans le sol et sans aucun appui.
La chouette sur un groupe de bronzes d'Alexandre Bala (Catal. ns 847 et 848) se rapporte évidemment à Athéna Parthénos. Toutes les monnaies des rois de Syrie qui ont la chouette sortent fort probablement de l’atelier d’Antioche comme les monnaies au type d’Athéna Parthénos. Ce qui nous paraît l’établir, c’est que des