I. — Za iéte barbue de Démétrius
Comme nous l'avons dit plus haut, Antiochus VII Sidétès ayant déclaré la guerre aux Parthes et les ayant vaincus, Phraate se décida à mettre en liberté Démétrius II Nicator et à l’aider à reconquérir son trône. Le roi de Syrie put rentrer dans Antioche, après une captivité de dix années. Plus tard, Démétrius ayant déclaré la guerre à l'Egypte, Ptolémée Physcon suscita un nouveau candidat au trône de Syrie, Alexandre Il Zébina, par lequel Démétrius fut complètement battu: peu après, il périt assassiné à Tyr, à l’instigation de Cléopâtre Théa. Nous avons constaté qu’on
avait fait commencer à une date trop reculée les monnaies du second régne de Démétrius Nicator, et que la première année que fournissent les médailles est
Van FTIP (= 183); on peut, si l’on veut, avec les historiens, faire remonter à quelques mois plus tôt, c’est-à-dire à l’an 182, le moment où Phraate renvoya en Syrie le compétiteur d’Antiochus VII. La dernière date que fournissent les monnaies de Démétrius Nicator est ITTP (= an 187); c’est l’année même où le roi fut assassiné.
Avant de chercher l'explication des revers des monnaies de Démétrius IL, il importe de dire quelques mots de l’effigie de ce prince. Si l’on compare entre eux les portraits monétaires de Démétrius, tant pour son premier que pour son second règne, on remarque qu’ils se partagent en deux catégories : les portraits imberbes et les portraits barbus. On a cru jusqu’ici que le type barbu se trouvait exclusivement dans le second règne, et qu’il rappelait la captivité de Démétrius chez les Parthes. Voici en substance ce que dit Eckhel à ce sujet : Dans la seconde partie de son règne, Démétrius IT paraît barbu, tandis qu’il est imberbe durant son premier règne. Sa barbe rappelle sans doute sa captivité chez les Parthes, car c’est pour la même cause que Séleucus IT Callinicus laissa aussi pousser la sienne 1. Mais il importe de remarquer que Démétrius n’est pas barbu sur toutes les pièces qu’il fit frapper après son retour de captivité. En effet, tandis qu’il remonte sur le trône dès l’an 183, les monnaies des années 185, 186, 187, le montrent tantôt barbu, tantôt imberbe. L'atelier d'Antioche le représente barbu, tandis que celui de Tyr adopte le type imberbe. Il faut donc conclure que le port de la barbe pour l'effigie monctaire était laissé au bon plaisir des ateliers 2,
1. Voyez plus haut, notre Introd., p. Lxv. 2. Eckhel, Doctr. num. vet., t. III, p. 230-231. BABELON, — Rois de Syrie. X