CLXX VIII INTRODUCTION
dans ces lettres le nom d’Ascalon, que ce roi aurait eue, par conséquent, en sa possession. Si jen crois ce que me disent des connaisseurs, cette interprétation est extrêmement incertaine; je dois dire cependant que L. Muller (Num. d’Alex., p. 309) la juge exacte *. » On voit que la constatation de l'atelier d’Ascalon sur des monnaies d’Antiochus I Soter serait fort importante pour l’histoire de la guerre entre Antiochus I Soter et Ptolémée, en 266-263. Mais la pièce du cabinet Allier de Hauteroche, donnée par Mionnet à Antiochus I Soter, est le n° 204 de notre catalogue : elle appartient à Antiochus II Théos, et je ne connais pas de monnaie séleu-
cide sortie de l’atelier d’Ascalon qui soit antérieure à celle-là. La marque AZK ou AZ se rencontre encore sous Antiochus III (Cafal. n° 379), sous Antiochus IV
(Catal. n°s 652 et 653), puis sur les monnaies de type et de poids phénicien que nous avons signalées en leur lieu : les dernières sont du règne d’Antiochus IX2.
La ville d’Acé, après qu’elle eut pris le nom de Ptolémaïs, met sur les produits de son officine le monogr. M ou le monogr. n° 252, dans lesquels on reconnait aisément les lettres TIT et TTO. Dans les n°s 61 et 208, il est possible aussi de retrouver les principaux éléments de TTOAE{ua<). Si nous nous en tenons au monogr. n° 252, il est démontré qu'il doit, en général, se décomposer en Pfolémais, car il figure sur les monnaies des Lagides qui possédèrent cette ville 3. Toutefois, il y a des exceptions : on le rencontre, par exemple, sur une monnaie du British Museum frappée au nom d’Antiochus VIII avec la marque et le symbole d’Ascalon 4.
Le monogr. n° 228 semble bien être celui de Berytus; composé des lettres BHPY; on le constate déjà sur des monnaies d'Alexandre 5. Il est accompagné du trident, symbole de Poseidon, auquel les Grecs ont assimilé le Baal Berit phénicien, la divinité topique de Berytus 6. Enfin, les monnaies séleucides qui ont le monopgr. n° 228 sont de poids phénicien et, par conséquent, elles ont été frappées dans la contrée dont Berytus faisait partie. Je crois donc que M. Bunbury7 a eu tort de
mettre en doute lattribution à Berytus du monogramme en question. À ces monogrammes que nous venons d’examiner se bornent les interprétations que nous considérons comme certaines. Toutes les autres qui ont été proposées jusqu'ici, nous paraissent des conjectures plus ou moins plausibles, mais qui ne reposent pas sur un fondement scientifique ; on ne peut même pas dire si ces monogrammes muets sont, comme les précédents, des noms de villes, ou bien des noms de magistrats monétaires, des différents d’officines ou d'émissions. Quelques expériences, portant à dessein sur les monogrammes les plus simples, justifieront notre“ scepticisme, en démontrant que le problème de l'interprétation des mono
. Droysen, Hist. de l’hellénisme, t. TIT, p. 26$, note 1.
. Voyez ci-dessus, Infrod., p. CLxIv.
Fr. Lenormant, Essai sur le classement des monnaies des Lagides, p. 75-76.
Percy Gardner, The Seleucid Kings, p. 88, n° x.
. L. Muller, Numism. d'Alexandre, p. 310.
. Juges, VIT, 33 ; IX, 4; Fr. Lenormant, Essai sur le classement des monnaies des Lagides, p. 83. . Bunbury, dans le Numism. chronicle, 3° sér., t. III (1883) p. 98-90.
JON R w R H