‹ Les Rois De Syrie D’arménie Et De CommagèneChapitre 201 sur 419 · CLXXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CLXXX INTRODUCTION

Il a été longuement parlé des séries monétaires émises dans des ateliers d'Europe, au cours de la lutte entre Antiochus I Soter et Antigone Gonatas'. Les monogrammes constants de ces séries sont les n° 94 et 95, et le premier ne paraît pas pouvoir se déchiffrer autrement que MEO; si c’est un nom de ville, nous ne connaissons que Methone en Macédoine et Methydrium en Thessalie, qui aient pu se trouver géographiquement en situation de frapper monnaie pour le roi de Syrie, et il est bien peu vraisemblable qu’Antiochus Ier ait choisi l’une de ces deux villes pour y établir son atelier monétaire.

Le monogramme n° 93 composé des lettres HP peut représenter une Héraclée, mais cela n’est certainement pas toujours vrai, puisque nous le rencontrons sur les pièces de notre catalogue n°s 634 et 889 frappées, l’une à Antioche près Daphné, et l’autre à Tyr. Que dire, après cela, de la conjecture de M. Six qui croit que ce même monogramme, sur un tétradrachme d’Antiochus Ier, désigne Héraclée du Pont, bien qu’Antiochus Ie n’eut jamais été maître de cette ville : Héraclée, ville indépendante, aurait, pense M. Six, mis par flatterie le nom du roi de Syrie sur ses espèces?! On ne réfute pas d’aussi fragiles hypothèses. Les monogrammes n° 7, 26, 122, 210, 266, et 287, voisins du précèdent par leur forme, désignent plutôt une Héraclée, et cependant c’est dans le n° 287 que Saulcy a jugé préférable de lire le nom du satrape révolté Héracléon5. On est fort tenté de reconnaitre la ville d’Apamée sur l’Oronte dans les monogrammes n° 40, 180, 185, qui peuvent se lire ATT ou TTA, mais comment démontrer scientifiquement que Saulcy se trompe en y reconnaissant, par un caprice accidentel, le nom du mois Panémos ? Les monogrammes no 25, 88, 150, 162 et 199 paraissent renfermer les initiales du nom d’Antioche. Mais dans ce cas, on s’étonnera à bon droit de la rareté relative de la marque monétaire d’une ville aussi importante qu’Antioche, la capitale du royaume ; remarquons aussi en passant que le monosr. n° 162 désigne Antigone sur les monnaies macédoniennes d’Antigone Gonatas ou Dozon.

Si le monogr. n° 231 signifie, comme le croit Saulcy, le nom du mois Gorpiaeos sur les monnaies sorties de l'atelier de Tyr, comment expliquer que le nom de ce mois soit si commun tandis qu’on ne retrouve pas les noms des autres mois de l’année syrienne ? Il serait absurde d'admettre qu’on a frappé monnaie, chaque année, exclusivement pendant ce mois Gorpiaeos. D'ailleurs aucune des conjectures de Saulcy pour retrouver des noms de mois dans la série séleucide n’est justifiée.

Les lettres ZA qu’on rencontre sous Antiochus III (Cafal. n° 369), Séleucus IV4,

Antiochus IV (Catal. n° 518), Démétrius I Soter (Cufal. n° 765), se voient égale« |

ment sur des monnaies des rois d'Egypte. Sans examiner la question de savoir si

. Voyez ci-dessus, Introd. p. KLVUT,

. J.-P. Six, Sinope, dans le Numism. chronicle, 1885 ; extrait, p. 62.

. Voyez ci-dessus, Introd. p. czxt.

. Bunbury, dans le Numism. chronicle, 3° sér. t. III (1883), p. 95.

. Fr. Lenormant, Essai sur le classement des monnaïes des Lagides, p. 11-12.

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