‹ Les Rois De Syrie D’arménie Et De CommagèneChapitre 202 sur 419 · REMARQUES GÉNÉRALES CLXXXI · texte numérisé non relu

REMARQUES GÉNÉRALES CLXXXI

elles représentent, sur les pièces des Lagides, l'atelier de Salamine en Cypre, on peut déjà dire qu’il n’est point certain que le groupe ZA ait le même sens sur les monnaies égyptiennes et sur les monnaies syriennes. Cypre ne fut pas sous la domination des rois de Syrie, sauf un instant sous Antiochus IV ; nous ne saurions donc admettre, avec Fr. Lenormant et M. Percy Gardner, l'interprétation de ZA par Salamine pour les monnaies syriennes. Pour des raisons analogues, on doit rejeter l'attribution à Paphos du monogramme qui peut se décomposer en TA, bien que ces lettres désignent Paphos sur les monnaies des Lagides.

Il serait possible que les monogr. n% 16, 111, 147 et 247 désignassent l'atelier de Charax; on trouve un monogramme presque pareil sur des monnaies arsacides peut-être frappées dans cette ville2. De même, dans le n° 222 on peut retrouver les éléments du nom d’Artamita, ville voisine de Charax; le même monogramme a été signalé sur des pièces d’Arsace V Mithridate I3. Le monogr. n° 104 pourrait désigner Phylacé, en Perse, car on le relève sur des monnaies du même prince arsacide 4. Quelques-uns des nombreux monogrammes qu’on rencontre sur les monnaies bactriennes pourraient aussi servir à des rapprochements analogues à ceux que nous venons d'indiquer; mais ce serait sans grand profit. M. Chabouillet a remarqué que, au milieu de l’abondance extrême des monogrammes des monnaies bactriennes, il ne s’en trouve point qui puissent se résoudre par le nom des villes connues de cet empires. Il en est presque de même pour les monogrammes des rois de Syrie, et l’on est étonné que des villes fort importantes de la monarchie syrienne n'aient pas leur monogramme monttaire.

Il semble que parfois le même monogramme varie de forme et soit plus ou moins explicite, suivant les cas. Comparez entre eux, par exemple, les n°5 29, 31, 32 €t 35, et vous serez porté à supposer que le même nom se cache sous ces quatre formes peu différentes ; ainsi en est-il des nos 4, 21 et 23; de même, les mono-

Brammes que nous avons signalés comme pouvant désigner les villes d’Héraclée,

d’Antioche, d’Apamée, d’Aradus.

Nous pourrions développer presque indéfiniment l'examen des attributions conjecturales et des hypothèses hasardées, par les numismatistes même les plus autorisés. Mais arrêtons-nous là : les quelques exemples précités sont la preuve évidente de la stérilité des efforts que l’on a tentés dans cette voie.

Il ressort des remarques qui précédent que les monogrammes qui paraissent dans le champ des monnaies des rois de Syrie sont rarement des noms de villes ; bien souvent, d'autre part, ils ne sauraient représenter des noms d’hommes, puisque le méme monogramme se prolonge sur les espèces plus longtemps qu’on ne peut

1. P. Gardner, The Seleucid Kings, p. 1x; cf. ci-dessus, notre Introd. p. cxx.

2. À. de Longpérier, Essai sur la chronol. des rois Parthes Arsacides, p. 22.

Page 1