CLXXXII INTRODUCTION
l’admettre normalement pour la durée des fonctions d’un magistrat monétaire. Ce ne sont pas non plus les noms des mois abrégés, car l'expérience qu’on peut faire dans ce sens aboutit à un résulat négatif. Il faut donc provisoirement nous résigner
à y reconnaître, la plupart du temps, des marques spéciales à des émissions ou à des officines monétaires, analogues aux symboles ou aux lettres qui figurent encore sur
nos monnaies actuelles et dont on ne parviendrait pas à trouver la clef d’après les lois
de la critique historique, si les registres de l’hôtel des monnaies ne nous en fournissaient directement l'explication.
Poids et noms des monnaies.
Les monnaies d’or sont rares dans la série royale de Syrie. Il existe des statères attiques des rois suivants : Séleucus I Nicator; Antiochus I Soter; Antiochus I Théos; Séleucus IT Callinicus ; Antiochus III le Grand ; Achaeus ; Antiochus IV Epiphane ; Timarchus ; Alexandre I Bala ; Alexandre II Zébina. Il y a en outre des monnaies d’or exceptionnelles sous Antiochus IIT, qui a fait frapper des quadruples statères attiques, et sous Démétrius I Soter qui a des grandes pièces d’or équivalant à deux statères 1/2, de poids attique.
Je ne connais qu’une monnaie d’or authentique des règnes postérieurs à Alexandre I Bala; c’est le statère d'Alexandre II Zébina frappé dans les circonstances exceptionnelles que nous avons relatées'. On en trouvera peut-être d’autres quelque jour, mais en petit nombre toutefois, car le monnayage de l'or disparaît presque complètement des pays grecs vers cette époque de décadence générale : l'Egypte elle-même cesse de frapper de la monnaie d’or avec la minorité de Ptolémée VI Philométor (181 à 146 av. J.-C.) et la Macédoine n’a plus de monnaie d’or après Philippe V2. Le statère d’or attique des rois de Syrie est de poids normal, c’est-à-dire qu’il pèse de 8 gr. 60 à 8 gr. 40, selon la conservation des exemplaires. Il a été parlé en son lieu des grandes pièces d’Antiochus IIT et de Démétrius I Soter.
Les monnaies d'argent appartiennent à deux systèmes différents : le système attique et le système ptolémaïque ou phénicien. Dans le système attique, on sait que le poids normal de la drachme est 4 gr. 30, ce qui donne pour le tétradrachme 17 gr. 20. Le tétradrachme est la division la plus commune; le didrachme (8 gr. 60) est extrêmement rare, et à ce titre nous rappellerons celui de Séleucus Nicator au type des Dioscures, qui est inédit (Catal. n° 46). La drachme est la division la plus commune après le tétradrachme ; une inscription de Iasos en Carie mentionne les douyuat ’Avrioyuxui 5. Le poids des pièces est normal sous les premiers Séleucides : ainsi, les tétradrachmes de Séleucus Ie atteignent couramment au dessus de 17 gr.; il en est encore ainsi sous Antiochus IV Epiphane. A partir de Démétrius I Soter, et cela probablement sous l’influence du poids ptolémaïque qui fait alors son appari-