REMARQUES GÉNÉRALES CLXXXIII
tion dans le monnayage royal de Syrie, le poids attique faiblit assez sensiblement; les tétradrachmes atteignent à peine 16gr. 90 ; la moyenne même serait de 16 gr. 65 environ. À la fin de la dynastie, il est exceptionnel de rencontrer des tétradrachmes au dessus de 16 gr., et il en est un grand nombre de bonne conservation qui ne dépassent pas 15 gr.
Les monnaies de poids phénicien font leur apparition sous Alexandre I Bala : nous avons raconté dans quelles circonstances *. Elles disparaissent avec le règne d’Antiochus IX Cyzicène. Facilement reconnaissables à leur type, ces pièces n’ont été émises que dans les villes de la côte de Phénicie, c’est-à-dire dans les villes maritimes qui faisaient le commerce avec l’Egypte d’où ce système fut importé. Il y eut donc, dans la monarchie syrienne, pendant une période de cinquante ans, des monnaies de poids phénicien concurremment avec les monnaies de poids attique.
Théoriquement, la drachme de poids ptolémaïque ou phénicien pèse 3 gr. 60, ce qui donne pour le didrachme 7 gr. 20 et pour le tétradrachme 14 gr. 40. La drachme est plus rare que le didrachme; le tétradrachme est la pièce la plus ordinaire. Circonstance bien singulière, le premier tétradrachme phénicien que nous ayons à enregistrer (Cafal. n° 887) fournit le poids de 16 gr. 10 qui est un poids attique ; mais c'est là une exception, explicable peut-être par le trouble momentané qui résulta de lapparition du nouveau système. Les autres tétradrachmes phéniciens pésent 14 gr. 20 environ. Ce poids se maintient assez régulièrement jusqu’à la disparition du système : la diminution du poids attique qui s’était graduellement opérée, comme on l’a vu, fit qu’il y eut une sorte de fusion ou de rapprochement entre les deux systèmes, et elle contribua à faire disparaître le poids phénicien.
D'ailleurs, le métal lui-même, presque pur à l’origine, s’altère sous les successeurs d'Antiochus VIII Grypus. L'analyse chimique a démontré que dans les tétradrachmes d’Antiochus I Soter, il se trouve 0,990 d’argent pur, tandis que des tétradrachmes de Philippe Philadelphe, par exemple, n’ont fourni que 0,678 d’argent?2.
Nous avons donné, dans notre catalogue, le poids des monnaies de bronze aussi bien que celui des monnaies d’or et d'argent, dans le but de rendre surtout service aux études de métrologie numismatique. Le système de la taille des monnaies de bronze dans les différents pays du monde hellénique, a été, jusqu'ici, encore peu étudié, et je présume que si l’on s’en est fort peu occupé, cela tient surtout à ce que, les catalogues de monnaies négligeant, en général, de donner les poids, on a reculé devant le travail préliminaire, long et rebutant, de la pesée des pièces.
On s’est imaginé aussi avec trop de complaisance que, les monnaies de bronze n'ayant qu’une valeur intrinsèque insignifiante, leur taille était à peu près arbitraire, manquait de fixité, et qu'il était impossible de reconstituer l’échelle des divisions et des multiples du chalque, comme on l’a fait pour la drachme et pour le Statère. Sans doute, la monnaie de bronze, qui ne fut, en général, que la mon-