‹ Les Rois De Syrie D’arménie Et De CommagèneChapitre 21 sur 419 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

tiochus I Soter, mais avec l'effigie de Séleucus, son père, les cornes données à la tête nue et diadémée de ce dernier, au lieu d’être longues et droites comme les précédentes, sont plus courtes, plus grosses, dirigées en avant et rabattues sur le diadème (voyez plus haut, fig. 6).'. Les mêmes cornes sont données à l'effigie de Démétrius Poliorcète.

Sur les médailles où la tête de Séleucus est casquée, les cornes droites et efhlées ne pouvant plus être fixées aux tempes, deviennent simplement un ornement du casque royal. Ces deux cornes de taureau, soudées de chaque côté du casque, n’ont, au point de vue de la forme, aucun rapport avec la corne de bouc unique qui s'élève sur le frontal du casque macédonien, ornement que nous verrons adopté par les rois de Syrie Antiochus VI et Tryphon. Il y a plus de rapport, sous ce point de vue, entre le casque de Séleucus et celui d’Eucratide, roi de la Bactriane, ou la tiare des premiers Arsacides ; mais les cornes qui ornent le casque d’Eucratide et la tiare deces princes Parthes sont très petites. En outre, sous les cornes du casque de Séleucus, on voit des oreilles de taureau, que, sur des exemplaires mal conservés, on pourrait être tenté de prendre pour de petites ailes.

Les cornes de taureau ne sont pas seulement données à l’effigie royale et à son casque. La tête d’un cheval muni du même appendice se remarque, soit comme type principal, soit comme symbole accessoire, sur des monnaies d’or, d’argent et de bronze de Séleucus Nicator, et sur quelques rares pièces de ses successeurs jusqu’à Antiochus III le Grand. Il paraît que sur le statère d’or d’Andragoras, roi de la Bactriane, les chevaux du quadrige du revers sont tous munis de cornes de taureau, et il en est de même du cheval monté par Séleucus sur le bronze de notre Catalogue n° 63.

Chose bien plus étrange encore, les monnaies de Séleucus et d’Antiochus I Soter nous montrent parfois des éléphants affublés de cornes de taureau, appendice nettement accusé au dessus des têtes des pachydermes, et qu’il est impossible de prendre pour un panache quelconque, ou de confondre avec leur trompe ou leurs défenses. Sous Séleucus Nicator, il y a tantôt deux, tantôt quatre éléphants cornus attelés au char d’Athéna Alkis. Les éléphants des monnaies des rois postérieurs à Antiochus Ier cessent d’être cornus ; enfin, même sur .es pièces des deux premiers Séleucides, les éléphants ne sont pas toujours munis de cornes.

Il doit ÿ avoir une corrélation directe entre ces divers types monétaires qui portent le même emblème décoratif, mais il est difficile de la démontrer clairement.

En se plaçant à un point de vue général, on peut admettre d’abord que Séleucus I Nicator et Démétrius I Poliorcète, tous deux conquérants de l’Asie, ont voulu se conformer à un usage oriental antérieur, en prenant pour emblème les cornes de tau-

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