Cf. Imhoof-Blumer, Monnaies grecques, pl. H, n
2. Nous avons dit plus haut que la tête de cheval à cornes de taureau paraît comme emblème de Séleucus sur des monnaies au nom d'Alexandre (L. Muller. Numism. d'Alexandre, p. 31). Mais c’est simplement par imitation monétaire que la même tête de cheval cornu figure sur une pièce parthe attribuée par Longpérier à Phraate I*', A, de Longpérier, Mémoire sur la chron. des Arsacides, pl. U, 26.
3. Percy Gardner, dans le Num. Chronicle, N. S., t. XIX, p. 1 à 4.
SÉLEUCUS I NICATOR XXI
reau, symbole de force, de puissance conquérante. Il y a, dans la Bible, un passage bien curieux relatif à cet usage et à ce symbolisme des cornes. Il y est raconté que le roi Sédécias se fit des-cornes de fer pour aller combattre le roi de Syrie; je cite la traduction de la Vulgate : Fecif sibi Sedecias filius Chanaana cornua ferrea et ait : Hæc dicit Dominus : his ventilabis Syriam*. Il semble donc que Séleucus et Démétrius, comme Sédécias, aient voulu prendre l'emblème oriental de la force matérielle. Ils eurent aussi à cœur, sans doute, de ne point se laisser distancer par Lysimaque et Pto- Iémée qui inauguraient alors, sur leurs monnaies, le type de la tête d'Alexandre avec al corne d’Ammon. C’est également à la même époque que la corne d’abondance paraît, pour la première fois dans la numismatique, sur les monnaies de Ptolémée. Dans cet ordre d’idées, Séleucus aura placé les mêmes cornes de taureau, à titre d'ornement, sur la tête de son cheval et de ses éléphants : sa force et sa puissance reposant principalement sur sa cavalerie et ses éléphants de guerre. Est-il besoin de rappeler qu’il commandait en chef la cavalerie d'Alexandre et que ses éléphants lui firent appliquer le titre d’éléphantarque ?
Ces cornes mises à sa tête, à son casque, à son cheval, à ses éléphants, seraient en quelque sorte, les insignes de sa dignité et de son commandement, en même temps que les emblèmes de sa puissance. Je ne crois pas qu’il y ait lieu de songer au fameux taureau indien dont ces cornes seraient l’emblème, car, bien que le taureau Nandi joue un rôle important dans la mythologie de l'Inde, et qu’on le voie sur les monnaies indo-scythiques contemporaines du commencement de notre ère, ce taureau ne paraît jamais sur les monnaies bactriennes antérieures à cette date, de sorte qu’il est difficile de regarder ces cornes comme un symbole de la Bactriane et de l’Inde. Nous ne ferons aussi que mentionner en passant l’opinion du rhéteur byzantin Libanius qui prétend que Séleucus aurait adopté les cornes de taureau en mémoire d’Io que les Argiens étaient allés chercher en Asie, à Antioche même:.
Une anecdote racontée par Pausanias et relative à Attale, roi de Pergame, mérite d’être signalée avec plus d’insistance, parce qu’elle paraît de nature à contribuer à expliquer le singulier symbole monétaire dont nous nous occupons ici : Attale est appelé fils d’un taureau par l’oracle de Delphes prédisant la défaite des Gaulois : Taporuw Giorocpéos pÜhoy uidy.……. Iluidx DE eîme raioou toy év [leoyduw Basihebsavra Azrahov® Tôov dE adrov Tobrov xal Taupdxepwv mposelonxe td yonoTprovs. Si curieuse que soit cette anedocte rapprochée de l'effigie de Séleucus ruvodxeowv, elle ne nous permet point de conclure que le roi de Syrie put se croire, comme Attale, fils du taureau. Pour Attale même, l’oracle est fort obscur, car quel était ce taureau dont i est proclamé le fils ? Serait-ce une façon détournée de désigner Apollon, à cause de son fameux autel, xepérivos Bouds, fait des cornes des taureaux et des chèvres sacrifiés au sanctuaire de Délos ?.S’agirait-il, au contraire, de la chaîne de montagnes qui
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