CC INTRODUCTION
numismatique. J. Friedlaender a publié la petite monnaie de bronze reproduite ci-contre (fig. 42), d’après l’exemplaire unique du Musée de Berlin :
Tête imberbe, coiffée de la tiare cappadocienne, à droite. Bz. ZAPI (à dr.), MOPI (au dessous), H (à g.). Anaïtis tourelée, vue de face, tenant de la main droite une fleur.
Comme on peut le constater aisément, les types de cette pièce sont dérivés de ceux de la monnaie de Zariadrès figurée plus haut (fig. 40); le roi a la même tiare, et pour le revers, il n’y a de différence à signaler que la disparition des deux sphinx aux pieds de la déesse. Cette pièce, qui a fait partie du cabinet Allier de Hauteroche, était jadis attribuée à la ville cappadocienne de Saricha, à cause de la légende ZAPI; les lettres MOPI passaient pour représenter le nom la province de Morimène:, O. Blau interprète cette même lègende de la façon suivante MOPIlatuyos) ZAPI(dèptos), Morphilig fils de Sariadrès. Je n'ai point vu l’original, mais en remarquant, sur l’image, que la première lettre du mot ZAPI est tout près du bord, je suis enclin à supposer que la lettre initiale À est rognée; on aurait alors AXAPI, comme sur la monnaie de Zariadrès lui-même.
On ne connaît pas la suite des dynastes de la Sophène après Morphilig. Valarsace, maître de toute l’Arménie, paraît y avoir installé des satrapes. Mar Abas Catina cite plusieurs de ces gouverneurs arsacides, puis il ajoute : « Scharaschan (un Xerxès ?) de la famille de Sanassar, fut grand toparque et gouverneur de la partie sud-ouest du pays et des contrées de lAssyrie sur les bords du Tigre. Il reçut le canton d’Artzen, le pays et la montagne du Taurus, ainsi que le district de Sim et toute la Syrie. »
Entre Scharaschan et la réunion de la Sophène à l’empire de Tigrane, sous Artanès (74 à 70 av. J.-C), il y a place au moins pour deux générations de rois. De ce laps de temps nous ne savons rien, sinon qu’un Sophénien acheta pour cent talents la forteresse cappadocienne de Tomisa sur l’Euphrate, suivant Strabon. On a voulu sans raison supposer qu’il s’agissait dans ce passage d’un roi du nom de Sophénos : c'était peut-être Samés, le fondateur de Samosate.
Après avoir dépouillé les derniers représentants de la dynastie de Zariadrés, Tigrane donna la Sophène à un satrape du nom d’Arsace. Or, il existe des monnaies qui portent ce nom et qu'on ne peut classer dans la série des monnaies Parthes Arsacides?, Ces pièces ont pour type l’Artémis cappadocienne debout, armée du javelot et du bouclier; la légende est BAZIAE[QZ] APZAKO[Y]. Blau propose d'attribuer ces monnaies au satrape de la Sophène.
Pompée réunit la Sophène au royaume d’Ariobarzane de Cappadoce:.
Fig. 42.
1. Friedlaender, dans la Zeifschrift für Numismatik, t. IV (1877), p. 266-268.
2. À. de Sallet, dans la Zeitschrift für Numismatik, t. I, p. 312, note, et Numism. Zeitschrift, t. I. Plat