TIGRANE LE I GRAND CCI
(Catal. n° 21), suivant l’usage déjà constaté, d’après lequel les pièces de petit module n'ont pour type que attribut des divinités qui paraissent en pied sur les grandes médailles. Il faut probablement reconnaître une altération du type de la Tyché d’Antioche sur les pièces de mauvais style (Catal. n° 17 à 20), qui la représentent tenant une corne d’abondance ; pourtant Eckhel croit que ces pièces ont été frappées à Damas et qu’elles représentent la Tyché de cette ville. Enfin, le petit bronze n° 22 parait avoir été frappé à Tripolis, si l’on s’en rapporte à son type de Tyché appuyée sur la barre ou la poignée d’un gouvernail?.
Le monogramme n° 305, gravé sur le rocher qui sert de siège à Tyché, est certainement le nom abrègé de Tigrane, et il se décompose facilement en TIFP{avov).
À propos du titre Bacthsds BasiAswv que prend Tigrane sur quelques pièces (Catal. n° 23 et 24), Eckhel3 rappelle ce que dit Plutarque4 de ce prince, à savoir que des rois nombreux étaient dans sa clientèle et le servaient, et que quatre d’entre eux l’accompagnaient comme des satellites et l’aidaient à monter à cheval. Il paraît que Tigrane lui-même s’offusqua de ce que, dans une lettre, Lucullus l’eût appelé seulement roi et non roi des rois. Tigrane en prenant le titre de Busrebs Basthéwv, comme un certain nombre de rois parthes, restaurait un titre, d’origine achéménide et même assyrienhe, qui avait pour but de souligner la dépendance effective d’un certain nombre de dynastes asiatiques vis à vis du roi des rois.
Outre la légende, on trouve, dans le champ des monnaies de Tigrane, des monogrammes, des dates, des lettres ou des groupes de lettres qui paraissent représenter des noms de magistrats. Sur les chalques n°s 19 et 20, nous avons très distinctement le groupe OSEO, qui est sans doute le commencement du nom @eéoos. Des monnaies des rois de Syrie antérieurs nous ont fourni des groupes analogues.
Les seules dates que nous ayons sur les monnaies de Tigrane sont les années séleucidiennes AMZ (— an 241) et FMZ (— an 243); le British Museum a l’année BME (—an 242) : elles ne touchent ni le commencement ni la fin du règne et il n’y a rien à en dire. Le groupe =K, à l’exergue du tétradrachme n° 23, est bien net eton ne peut lire ZK, ce qui nous donnerait l’an 220. Le sens de ces lettres 2K nous échappe, tout aussi bien que celui des lettres HA qu’on voit dans le champ de la même pièce.
Le bronze suivant du British Museum manque notre catalogue : Tête de Tigrane coiffée de la tiare arménienne fermée, à droite. B. BAZIAEQZ BAZXIAEQN TIFPANOY. Héraclès debout s’appuyant de la main droite sur sa massue, et tenant de la gauche la peau de lions.
. Eckhel, Doctr. num. vet, t. III, p. 248.
. Voyez ci-dessus, Introd. p, cLxuxr.
. Eckhel, Doctr. num. vet., t. III, p. 247.
. Plutarque, Lucullus, xxx, 6, p. 603 de l’éd. Didot.
. Percy Gardner, The Seleucid Kings of Syria, pl. XXVIL, 11.