‹ Les Rois De Syrie D’arménie Et De CommagèneChapitre 28 sur 419 · V. — Athéna Alkis · texte numérisé non relu

V. — Athéna Alkis

Quand Alexandre fut proclamé, par les Grecs confédérés, chef de Pexpédition contre les Perses, il adopta sur ses monnaies, comme gage de succès, le type de la statue d’Athéna Promachos de Phidias, dont l'érection sur l’acropole d'Athènes avait eu lieu aux frais de la Grèce entière, en mémoire de la victoire de Marathon. C'est la tête de ce colosse de bronze qui se trouve reproduite au droit des monnaies d’or d'Alexandre r : nous retrouvons, en conséquence, cette même tête de l’Athëna Promachos d'Athènes sur les pièces d’or et de bronze de Séleucus I Nicator et d’Antiochus I Soter frappées à limitation des monnaies d’or d'Alexandre.

Mais, outre cette tête d’Athéna Promachos, les monnaies de Séleucus nous montrent deux autres types d’Athéna : Athéna foudroyant du haut d’un char de guerre conduit par quatre ou deux éléphants cornus (Cafal. n°s 64 à 77) et Athéna foudroyant, debout (Catal. nes 78 à 85)2.

Athéna foudroyant du haut d’un bige ou d’un quadrige d’éléphants ne se rencontre que sur les monnaies de Séleucus I Nicator, dont elle rappelle les conquêtes dans l'Inde, mais Athéna debout, et non dans un char, est un type qui n’est pas rare dans la numismatique. La première fois qu’on le voit apparaître, c’est sur les tétradrachmes de Ptolémée Soter frappés avant lan 306, encore avec la légende

AAEZANAPOY ou AAE=ZANAPEION TITOAEMAIOY. On retrouve ce type sur les monnaies des Séleucides longtemps après Séleucus Ier, sur les monnaies macédoniennes d’Antigone Gonatas et de Philippe V, puis sur les monnaies de Pyrrhus, de la ligue Thessalienne, de Syracuse au temps de Pyrrhus5. Nous pouvons encore le signaler sur des pièces de Corinthe, de Trœzène, de Delphes, d’Elatées, d'Athènes. Partout, le style archaïsant de cette figure, son maintien empreint de raideur, son himation passé sur ses épaules et retombant de chaque côté en plis droits qui s’élargissent du bout, indiquent manifestement que nous sommes en présence de la reproduction d’une œuvre ancienne de sculpture : c’est l’image d’une divinité vénérée depuis déjà des siècles au temps de Ptolémée et de Séleucus.

Il y avait à Pella, capitale de la Macédoine et lieu de naissance d’Alexandre le Grand et de Séleucus’, un sanctuaire vénéré d’Athéna guerrière, protectrice de Persée et d’Héraclés, les ancêtres de la race royale; c’est la reproduction de la statue

1. Ch. Lenormant, dans les Annali dell’Instituto arch. di Roma, t. XIX (1847), p. 359-363 ; sur la tête de l’Athéna Promachos, voir surtout K. Lange, dans l’Archæol. Zeitung, 1881, p. 196 et suiv.; Max. Collignon, Phidias, p. 14 à 17.

2. Dans Mionnet et nombre d’autres auteurs, cette Athéna est décrite, à tort, comme brandissant la lance et non le foudre.

3. B. Head, Coinage of Syracuse, dans le Numism. Chronicle, N.S. t. XIV, p. 56-58.

4. Voyez P. Gardner et Imhoof-Blumer, Numism. Commentary on Pausanias, passim.

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