‹ Les Rois De Syrie D’arménie Et De CommagèneChapitre 30 sur 419 · XXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVIII INTRODUCTION

sa faveur. Séleucus ne triompha à Ipsus notamment (en 301 av. J.-C.), que grâce à ses éléphants, et un peu plus tard, ce furent aussi ces animaux qui donnèrent à Antiochus Soter la victoire sur les Galates. Les rois de l’Inde vaincus par Séleucus avaient des armées dont la force principale résidait dans les éléphants, et l’on connaît la coutume des Indiens d’aller à la guerre ou de s’avancer dans une pompe triomphale montés sur ces animaux. Justin (XV, 4) raconte que Sandracottus, au moment où il s’apprêtait à résister à Séleucus, vit venir à lui un éléphant gigantesque et féroce qui, par un prodige, devint tout à coup très doux et s’offrit pour porter le roi et le conduire au combat. Nous n’irons pas jusqu’à conjecturer que c’est Péléphant extraordinaire de Sandracottus, elephantus ferus infinite magnitudinis, suivant l’expression de Justin, qui se trouve reproduit sur les monnaies de Séleucus Nicator, mais nous rappellerons le traité auquel nous avons déjà fait allusion, et par lequel Séleucus épousa la fille de Sandracottus qui lui donna en même temps un troupeau de cinq cents éléphants. Séleucus ne cessa d’avoir dans ses armées un corps d’éléphants, si bien que, dans la diète de Corinthe en 303 av. J. C., Démétrius Poliorcète lui décerna par ironie le titre d’éléphantarque (EXngavraoynv)?.

C’étaient, d’ailleurs, les conquêtes d'Alexandre dans l’Inde qui avaient révélé aux Grecs tout le parti qu’ils pouvaient tirer de l'éléphant à la guerre, et les historiens d'Alexandre rapportent diverses anecdotes qui attestent combien l’imagination des Grecs avait Été frappée à la vue de ces grands pachydermes sur lesquels les traits n'avaient pas de prise. Après avoir vaincu et fait prisonnier Porus, Alexandre consacra au Soleil Péléphant qui servait de monture au malheureux roi indien. Il lui imposa le nom d’Ajax, le couvrit de somptueux ornements et fit garnir ses défenses d’anneaux d’or sur lesquels fut gravée cette inscription : Alexandre, fils de Zeus, offre au Solal cet éléphants. Dans le cortège d'Alexandre rentrant à Babylone, il y avait plusieurs centaines d’éléphants, et le conquérant se glorifiait de posséder ces animaux qu’il employa à rendre sa cour plus imposante. On croit même qu’il fit son entrée à Babylone sur un char tiré par des éléphants. Dans tous les cas, ce furent des éléphants qui figurèrent dans son cortège funèbre et qui ramenérent son corps en Egypte.

Conquérant de l’Inde, Séleucus dut sans doute, à l’imitation d'Alexandre, rentrer dans Babylone environné d’une pompe triomphale, et monté sur un char traîné par les plus beaux des éléphants de Sandracottus. Il y avait à Antioche le portique des éléphants, rerpämuloy tüv elepdvrwvs, ainsi appelé, sans doute, parce qu’il était orné de bas-reliefs ou de statues représentant ces animaux.

À la guerre, pour donner aux éléphants un aspect plus terrible, on les parait d’or- . Strabon, XV, p. 724:

. Plutarque, Demetrius, 25 .

. Armandi, Histoire des éléphants, p. 4x.

. Armandi, op. cit. p. 44-45; Droysen, Hist. de l'hellénisme, trad. Bouché-Leclercq, t. Il, p. 103.

S. Malala, p. 328, attribue la construction de ce portique à Dioclétien; mais c’est là une assertion erronée comme il y en a tant dans la compilation du chronographe byzantin.

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