INTRODUCTION
Le bouclier tond qui figure sur les pièces du premier groupe est, de son côté, un type tout à fait macédonien. C’est ce bouclier que les Grecs appelaient äoxis et qui, en Macédoine, était orné de croissants et d’étoiles autour du bord, l’umbo étant remplacé par une figure décorative qui variait. Ce bouclier est fréquent dans le monnayage de la Macédoine. Sur les magnifiques tétradrachmes d’Antigone Gonatas qui nous en donnent les plus beaux et les plus grands spécimens, l’épisème est la tête cornue de Pan, à cause de la terreur panique inspirée aux Gaulois qui avaient pillé le temple de Delphes ; plus tard, la communauté des Macédoniens remplace, surle bouclier des tétradrachmes, la tête de Pan par celle d’Artémis Tauropole. Les monnaies de bronze n’ont, au centre du bouclier, qu’un monogramme variable. Sous Antigone
Gonatas, c’est le monogramme du nom du roi, composé des lettres ANT (n° 162). Pyrrhus, devenu roi de Macédoine, y place à son tour le monogramme de son nom. Les villes et les divers compétiteurs au trône macédonien y substituent les leurs. Sur les monnaies frappées en Macédoine, par Antiochus I Soter, l’épisème est tout naturellement orné de l'ancre des Séleucides :.
L’éléphant armé de cornes de taureau, au revers des monnaies du premier groupe, ne peut, comme on l’a cru jusqu'ici, s’expliquer par la victoire qu’Antiochus I Soter remporta en Phrygie sur les Galates, grâce à ses éléphants, vers le milieu de son règne ?. On sait que dans cette mémorable bataille qui sauva l'Asie de l’invasion des barbares, Antiochus ne dut son succès qu'aux seize éléphants qu’il fit avancer en ligne et qui jetèrent le désordre dans les rangs de la cavalerie ennemie. D’après le témoignage un peu suspect de Lucien 5, Antiochus se serait écrié après sa victoire : « Rougissons de devoir notre salut à ces seize animaux, » et il voulut, dans la suite, qu’un éléphant seul constituit le trophée érigé en commémoration de son triomphe. Pline a encore conservé le souvenir de cet éléphant, et il serait sans doute fort tentant de le reconnaitre sur les monnaies ; malheureusement, les pièces à Péléphant ont été frappées en Europe, à une époque antérieure à la grande victoire de Phrygie, et leur type ne saurait rappeler que les éléphants avec lesquels Antiochus fit la guerre de ce côté-ci du Bosphore.
Les types des monnaies des groupes 2 et 3 sont aussi européens, sans aucun doute. La tête de Zeus et le foudre sont les plus fréquents que l’on rencontre sur les monnaies de l’Epire, de la Thessalie et même de la Macédoine f, Enfin la tête
1. Aux pièces de notre catalogue, il faut ajouter le petit bronze suivant qui est au British Museum !: Bouclier macédonien orné d’une ancre renversée, R£. BA: AN. Eléphant à droite. Æ 12 mill. Percy Gardner, The Seleucid Kings of Syria, pl. 1v, 8.