‹ Les Romagnes: note historiqueChapitre 11 sur 14 · DEUXIÈME OCCUPATION AUTRICHIENNE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME OCCUPATION AUTRICHIENNE

Les Légations n'avaient été occupées par TAutriche que partiellement de 1815 à 1818; elles le furent entièrement en 1821, dans les circonstances suivantes :

Les Napolitains venaient de proclamer la constitution espagnole de 1812. Le 13 juillet

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1820 « le roi Ferdinand, ayant près de lui « son fils, les autres membres de sa famille, a tous les grands de sa cour et les ministres, ce avait juré, au nom de Dieu, d'observer ce et de défendre la nouvelle constitution. Ce

c< serment prêté, il s'était approché du général ce Guillaume Pepe, et, le visage baigné de c< larmes, il lui avait dit : CroiS'moiy général. Cl celte fois j'ai juré du fond du cœur^. »

Cet engagement solennel ne faisait pas l'affaire de l'Autriche, qui, dans le traité signé à Vienne, le 12 juin 1815, avec les Deux- Siciles, avait inséré l'article suivant :

c( Les engagements que Leurs Majestés prenc< nent par le présent traité pour assurer la c< paix intérieure de l'Italie leur faisant un « devoir de préserver leurs États et sujets resc< pectifs de nouvelles réactions et du danger

* Vaulabelle, Ei^l de la Restauration, t. V, p. 35.

d'imprudentes innovalions qui eu amèneraient <c le retour, il est entendu entre les liantes par- « tics contractantes que Sa Majesté le roi des « Deux-Siciles , en rétablissant le gouvernece ment du royaume, n'admettra aucun chance gement qui ne pourrait se concilier soit ce avec les anciennes institutions . monarchies ques, soitav^îcles principes adoptés par Sa ce Majesté Impériale et Royale Apostolique, ce pour le régime de ses provinces italiennes. » Ce traité faisait du roi de Naples le vassal

de rAutriche. C'est en s'autorisant des principes qu'il consacrait que l'Autriche se présenta aux congrès de Troppau et de Laybach.

Ferdinand s'y rendit, ce II avait oublié ses ce serments, avant même de se trouver hors ce de vue des quais de Naples. Il apposa son ce nom au bas de toutes les déclarations que ce M. de Metternich voulut lui donner à signer.

lies moyens d'exéculion étaient tout prêts ; quatre-vingt mille Autrichiens, réunis sur le Pô, n'attendaient qu'un signal pour se mettre en marche. La nécessité de traverser les États de l'Église ne pouvait être un obstacle ; le pape Pie VII, non moins adversaire que r An triche de toute réforme même administrative, ne redoutait pas moins que cette puissance la contagion des idées libérales, et, pour la repousser, le chef de l'Église n'offrait pas seulement le passage aux troupes d'invasion, il mettait à leur disposition ses villes, ses forteresses, et consentait à recevoir garnison à Rome même, dans le château Saint-Ange*. »

Telle fut l'occupation autrichienne de 1821.

Deux ans après, Pie VII rendait le dernier

soupir.

* VaulabcUe, HisLdelu Restauration, t. V, p. 69, 70.

Léo» XII, 1825-1829.

Son successeur^ I^éon XII, donna le signal de nouvelles rigueurs. Il s'empressa de détruire ce qui restait des institiilions provinciales et communales que Pie VU avait laissé subsister. Les populations qui avaient conservé quelque espoir dans les sentiments de Pie VU passèrent de la stupéfaction au murmure et du murmure à la menace. L'attitude des garnisons autrichiennes de Ferrare et de Comacchio, et la sévérité du cardinal Rivarola, empêchèrent seules une explosion.

« En 1825, monseigneur Rivarola obligeait « les personnes soumises au precetto politico, Ci c'est-à-dire à la surveillance des autorités, à

c< se présenter devant l'inspecteur de police « une fois tous les quinze jours et à se con- « (esser une fois par mois, en justifiant de cet « acte religieux devant la police; enfin, à faire « tous les ans pendant trois jours les exercices « spirituels dans un couvent désigné par Tarc< chevêque*, »

M. de Chateaubriand était alors ambassadeur à Rome, et voici comment l'auteur du Génie du Christianisme appréciait la situation :

c< La douane d'une frontière ne peut désormais séparer la liberté de Tesclavage; un homme ne peut plus être pendu de ce côlé-ci d'un ruisseau pour des principes réputés sacrés de l'autre côté de ce même ruisseau. C'est dans ce sens encoie que l'Italie est française.

^ Circulaire du gouvernement des Romagnes à ses agents à rétranger, 1" novembre 1859.

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Le jour où elle entrera en jouissance de ses droits, elle sera tranquille et purement italienne. Ce ne sont point quelques pauvres diables de carbonari, excités par des manœuvres de police et pendus sans miséricorde, qui soulèveront ce pays. On donne aux gouvernements les idées les plus fausses du véritable état des choses ; on les empêche de faire ce qu'ils devraient faire pour leur sûreté, en leur montrant toujours comme des conspirations particulières d'une poignée de jacobins ce qui est Teffet d'une cause permanente et générale. Telle est, monsieur le comte, la position réelle de 11talie*. »

^ Dépêche de M. de Chateaubriand au comte Portalis, avril

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