‹ Les Romains d'Orient: aperçu de l'ethnographie de la RoumanieChapitre 12 sur 16 · Durant ceUe 'funeste périodei les fonctions d'iios · texte numérisé non relu

Durant ceUe 'funeste périodei les fonctions d'iios

{)odar furent mises à l'encan, comme Tavait été d'ailleurs a Valachîe lors de la fuite de son yoîvode Grigore Ghika (1664). «Il y en a qui acUetèrentrhospodarat pour quelques années^ pour un an, pour quelques mois ; il y en a peu qui, ayant une fois goûté au fruit du pouvoir, ne reviennent pas à la charge, qui ne soient hospodars deux fois, trois fois, quatre fois, et jusqu'à six fois (Schœbel. dans les Actes de la Société d'Ethnographie ^ t. VI, p. 292). »

gnes roumaines, qui, malgré les incessantes exactions de tes insatiables tyrans, as su conserver, dans cette période d'affaissement moral et de turpitude, Tinslinct sacré de tes droits, de tes libertés, de tes devoirs, de ta nationalité et de ton avenir ! Triste et silencieuse, lorsque la voix hautaine de tes dominateurs te condamnait à toutes les souffrances et à toutes les servitudes, la tête courbée vers le sol inondé de tes sueurs et de tes larmes, tu n'as pas cessé de pressentir l'heure de ta résurrection. Lorsque tes boyards, qui vendaient leur patrie aux aventuriers étrangers et aux sicaires du Sultan, oubliaient, dans un moment d'ivresse, de te persécuter et de te ravir les fruits de tes labeurs et de tes peines, c'était dans les vieux souvenirs de ta glorieuse patrie que tu cherchais le courage nécessaire pour supporter ton infortune. Vingt peuples en présence des assauts que tu as soutenus avec la plus belle et la plus sainte des résignations, seraient morts cent fois et auraient à jamais disparu de l'arène où se débattent les nations. Toi, dans l'esclavage et la pauvreté, tu as su entrevoir, au milieu des rares éclaircies d'un ciel sombre et courroucé, quelques-uns des reflets de la lumière qui devait illuminejc le

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Jour de ta régénérescence. Ta voix, suffoquée par la douleur, a pu trouver encore quelques-uns des accents mélodieux de tes pères : soas le poids de tes chaînes, lorsque tes innombrables despotes venaient à tourner la tête, tu cherchais une consolation dans tes chants. Le peuple qui a la foi dans ses destinées et le courage de chanter même dans ses malheurs, celui-là est un grand peuple :

sa place reste marquée au banquet de la civilisation et de l'avenir,

Dans les temps d'abaissement moral, sous le règne du bon plaisir et de la corruption politique, lorsque le maître se décide à faire une concession réelle ou même fictive, cette concession fait grand bruit et semble à la masse le prélude de toute une transformation sociale. Les réformes de Constantin Mavrocordatu, malgré leur apparence libérale et l'enthousiasme qui les accueillit, ne firent cependant qu'aggraver la condition du peuple (1740). Le clergé et les boyards continuèrent à être dispensés de l'impôt, mais on supprima les gratifications aux monastères, et les seigneurs n'eurent plus la faculté légale de lever à leur gré des contributions sur leurs paysans. L'armée fut à peu près complètement licenciée : on ne conserva qu'un corps d'officiers de

police et une petite troupe de Turcs et d'Albanais pour la garde du prince. La juridiction féodale des boyards fut abolie; et, afin d'augmenter le nombre des contribuables, les serfs furent déclarés libres et à ce titre obligés d'acquitter des taxes entre les mains du gouvernement. Le voïvode annonça que sa fortune privée était confondue avec le trésor public dont il s'appropria tous les revenus, sous prétexte de s'en servir pour solder les dépenses de TÉtat.

Ces réformes, loin de satisfaire les Valaques, les portèrent à un véritable désespoir, et on les vit abandonner leur pays et émigrer à l'étranger pour se soustraire à des taxes qu'ils n'étaient plus en état d'acquitter.

L'œuvre de C. Mavrocordatu n'avait été qu'un mensonge doublé d'avidité et d'hypocrisie.

Nicolas Mavrocordatu^ sans doute pour se rendre digne de ses prédécesseurs, voulut faire disparaître l'usage de la langue roumaine, et le grec moderne fut désormais le seul idiome qu'on parlât à la cour et dans la société des boyards. « Il mourut en 1730, dit un savant historien*, au milieu des malédictions de ses sujets. »

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