Maximum 1,000 mètres; — minimum 160 mètres seulement
ETHN.de la ROUMANIE.
maine, les lacs et les marais pourraient présenter des difficultés parfois insurmontables pour une armée qui chercherait à envahir le pays en traversant le fleuve.
— Le Dannbe à Sulioa
En tant que vote commerciîile, le Danube a peu de rivaux parmi tous les fleuves du monde. Navigable depuis Ulm, à environ 280 kilomètres de sa source, il met en communication le Wurtemberg, la Bavière, l'Autriche, la Hongrie, la Servie, la Roumanie et la Bulgarie, el pénètre sur la mer Noire, où il devient la grande artère par laquelle les produits de l'Europe centrale sont transportés & Odessa, en Crimée, à Trébizonde et à Cons- (antiaople.
LE SOL ET LA NATURE la
Aux régions des montagnes et de la plaine que nous venons d'examiner rapidement eu égard à Tinfluence qu'elles peuvent avoir sur la civilisation roumaine, il faut ajouter la zone maritime. La possession d'un débouché sur la mer a toujours été considérée comme étant un appoint considérable pour assurer la prospérité d'un peuple, quoique l'histoire nous montre des nations qui sont arrivées à la fortune sans avoir jamais eu de rivages. .
Les traités ont successivement reconnu à la Roumanie la possession de la Bessarabie et celle de la Dobroudja. La Bessarabie a été brusquement arrachée à la monarchie moldovalaque, et la Dobroudja lui a été cédée en échange. Le territoire latin a gagné en étendue, mais il s'est appauvri. Il n'est cependant pas indifférent pour un jeune royaume de posséder une étendue notable de côtes et, sur ces côtes, un port de la valeur de Constantza (Kiustendjé), sans parler de Mangalia, peut être assez insignifiant aujourd'hui, mais qui peut acquérir avec le temps une certaine importance. Seulement ce territoire de la Dobroudja peut-il être considéré comme appartenant ethniquement aux Roumains ? et la multiplicité des nations qui l'habitent n'en rond-ello pas la conservation difficile ot hypo-
ihétique ? Je croîs que la réponse à celte double question dépendra de la^maniëre dont la Roumanie saura tirer parti du pays. La grande variété des éléments ethniques qui occupent la Dobroudja, loin d'être un obstacle à Toccupation de ce pays par les Latins d'Orient, leur fournit, au contraire, les moyens d'établir leur droit de possession vis-à-vis du monde civilisé. Les Roumains habitent les localités importantes et s'y répandent de plus en plus. Us forment, en outre, le seul élément civilisateur de la contrée, où ils sont sympathiques à tous les contingents de la population locale. Quel autre peuple pourrait soutenir qu'il possède plus de titres à y tenir les rênes du gouvernement? Les Turks peut-être. Mais le rôle politique des Turks est terminé dans ces parages, et ceuxci d'ailleurs se trouvent plus heureux dans leur condition actuelle qu'ils ne l'avaient jamais été auparavant. L'élément slave qui, seul, émet des prétentions sur ce territoire et menace sans cesse de les faire appuyer par la force brutale, ne s*y rencontre, en réalité, que dans une proportion insignifiante.
L'avenir, dans la Dobroudja, appartient donc aux Roumains ; et sur les côtes de cette province, pauvre aujourd'hui mais qui promet
de devenir riche demain, la jeune nationalité est en droit de fonder de belles et légitimes espérances, pourvu qu'elle sache prouver à l'Europe ses aptitudes à devenir une puissance maritime et commerciale. Désormais, du côté de la mer Noire, il n'y a plus de frontières qui l'emprisonne : elle a devant elle rOcéan et la liberté !
Au point de vue climatologique, la Roumanie ressemble bien plutôt à l'Europe centrale qu'à l'Europe méridionale.
Le nord de la Moldavie est sous la même latitude qu'Orléans, et la partie la plus méridionale de la Valachie est moins au sud que Toulouse ou Marseille. lasi est à peu près sous le parallèle de Bourges, et Bucarest sous celui de Rodez.
La température, dans tout le pays, est excessivement variable. On y passe presque sans transition, du froid le plus rigoureux à une chaleur souvent suffocante. Il faut dire que l'hiver y étant en général assez long, le printemps est presque toujours de courte du-
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rée. En revanche, l'automne y est magnifique et se prolonge d'ordinaire jusqu'à la mi-novembre. On a vu maintes fois les arbres refleurir à la fin de Tannée ; en 1872 et en 1878, par exemple, cette nouvelle floraison a fructifié et fourni une seconde récolte à peu près aussi abondante que la première.
A Bucarest, le thermomètre s'est élevé, en été, à 3S degrés centigrades ; tandis qu'en hiver, il est descendu jusqu'à 18 degrés audessous de zéro. Les froids sont également très intenses dans la Dobroudja, et si Ovide a pu être accusé d'exagération quand il a dit que la neige demeurait parfois plusieurs années sans disparaître sur les bords de Tlster, il faut avouer que souvent, même à une époque peu avancée de la saison, un vent glacé, descendu des hauteurs des Carpathes, se répand en tourbillons dans la plaine, où il fait brusquement succéder les frimas sibériens aux ardeurs brûlantes des contrées tropicales.
La Faune et la Flore subissent les mêmes transformations brusques qui caractérisent le climat roumain. Pendant les beaux jours, certains végétaux des terres chaudes y croissent avec une remarquable rapidité, et les oiseaux migrateurs y viennent passer la belle
saison, pour s'enfuir avant Tapparition des premières gelées. Aux jours sombres de Thiver, l'ours noir ou brun laisse la lourde empreinte de ses pas sur la neige épaisse des montagnes, et une espèce de grand sanglier, ni moins dangereux ni moins menaçant, vient défier le paysan jusqu'aux abords de son habitation. Le chasseur poursuit alors le chamois et le chevreuil sur les collines escarpées, ou bien les lièvres quipuUulent dans les basses régions et dans les forêts.
Parmi les plantes des pays chauds qui réussissent le mieux durant Tété et se font remarquer par la vigueur de leur végétation, celles qui surprennent le plus les touristes sont certainement la canne à sucre et le coton.
Mais, quelle que soit la valeur des produits de ces deux espèces, il n'en est point d'aussi utile aux paysans que le maïs qui, en moins de deux mois, atteint sa force normale et se couronne de superbes épis. Le maïs est , pour les classes pauvres , l'élément principal et indispensable de nourriture journalière.
La vigne réussit assez bien dans quelques districts, ainsi que le tabac qui donne des feuille larges et d'une forte saveur. Les céréales sont également au nombre desproductions
importantes de la Roumanie, bien qu'il arrive parfois qu'elles gèlent sur pied, lorsque la neige n'est pas assez épaisse pour arriver à recouvrir complètement les jeunes pousses pendant l'hiver.
Parmi les arbres à fruits, on cultive le pêcher à chair ferme et sanguinolente, ainsi qu'une espèce de prunier dont on tire une eau-de-vie fort appréciée dans le pays sous le nom de tsuica^ et une sorte de vinaigre de qualité inférieure. Le cerisier, l'abricotier, le poirier et le pommier réussissent assez bien dans les jardins, mais ils sont peu répandus dans les campagnes.
Les forêts de la Roumanie sont riches en arbres de haute futaie, dont le bois est d'une qualité exeptionnelle pour la construction des navires; malheureusement l'insuffisance des routes et des canaux, par lesquels on pourrait transporter ce bois jusqu'au Danube, a fait négliger à peu près complètement son exploitation. Il en est de même des champs de grande culture, qui pourraient devenir un véritable grenier pour l'Europe, et qui ne donnent pas aujourd'hui le vingtième de la récolte qu'il serait aisé de leur demander, si la population rurale de la jeune monarchie trouvait des débouchés rapides et avantageux
aux produits de son travail et de son industrie.
De toutes les grandes cultures de la Roumanie, il n'en est peut-être aucune qui mérite une plus sérieuse attention que celle des mûriers. Cette culture est fort ancienne dans le pays ; mais^ jusque dan s ces derniers temps, elle s'est généralement bornée à l'élevage des vers à soie indigènes dont le fil est d'assez mauvaise qualité. Ce fil servait, à peu près exclusivement, aux paysannes pour se faire des voiles. En 1852, le gouvernement introduisit des semences de Lombardie, qui étaient supérieures et s'acclimatèrent avec facilité; de sorte qu'en peu d'années on obtint les résultats les plus encourageants. En 1857, M. Georges Coemzopulo apporta en France des échantillons de soie roumaine qui reçurent le meilleur accueil. En 1839, ce commerçant forma, sous le titre de « Compagnie séricicole », une société dont le but était d'exploiter sur une large échelle les produits du bombyx mori. Il acquit à Paris une machine à tordre le fil et amena avec lui quatre ouvrières françaises pour apprendre leur art aux jeunes filles roumaines des campagnes. La première fabrique fut établie dans le village de Damaroaea, où soixante femmes ne lar-
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fièrent pas à être employées. Lorsque la pébrine et la muscardine vinrent répandre leurs affreux dégâts dans les magnaneries françaises, desnégociants achetèrent en quantité considérable, sur le marché roumain, la graine du pays qui était restée à l'abri du fléau. Il en résulta un développement considérable dans la production de la semence, mais les élevages furent négligés; et, les cocons manquant, la fabrique de Damaroaea dut être fermée. L'industrie séricicole augmenta cependant dimportance d'année en année jusqu'en 1863, époque où elle commença à décliner de la façon la plus fâcheuse. Da;ns ces derniers temps, quelques louables efforts ont été faits pour relever une industrie qui doit être une des principales richesses du sol roumain. Ces efforts, néanmoins, ont été tout à fait insuffisants.
Les productions minérales de la Roumanie comptent certainement parmi les ressources les plus considérables de ce pays. Après l'Amérique, c'est de ce pays que s'exporte la plus grande quantité de pétrole. Le sel gemme sV rencontre' en telle abondance que, dans certains endroits, il forme de véritables montagnes. On y trouve aussi beaucoup do gypse, dn irranit rouge et blanc, do la sor-
pentine, des calcaires de toutes sortes, notamment de la chaux hydraulique, plusieurs variétés de marbres, parmi lesquelles on cite le marbre saccharoïde, et des pierres lithographiques d'une excellente qualité. Il faut mentionner enfin deux produits spéciaux au pays : le succin brun et noir à reflets verts et Tozocérite ou cire fossile, qui est un composé de paraffine à Tétat brut et de pétrole dont on tire parti pour la fabrication des bougies, des allumettes dites de cires et pour la sophistication de la cire animale.
En résumé, le sol moldo-valaquc possède des richesses plus que suffisantes pour assurer lafortune et l'avenir commercial d'un peuple. Ces richesses sont loin d'avoir été exploitées jusqu'à présent, comme elles auraient pu l'être dans des conditions meilleures de viabilité et d'économie rurale. Mais il ne faut pas oublier que la Roumanie vient à peine de naître à la vie d'une nation libre et maîtresse de ses destinées, et qu'elle a déjà beaucoup fait pour réparer les funestes conséquences de longs siècles passés sous la domination étrangère.
Elle n'ignore pas que la disproportion du chiffre de l'importation sur celui de l'exportation entrave sa prospérité, et qu'elle trouvera bien plus de garanties d'indépendance
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et de durée dans ramélioration de ses forces économiques que dans les sacrifices qu'elle s'impose pour développer encore sa puissance stratégique et militaire.
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