LA HARPE
Le bonheur est souvent ingrat.
Bien loin de Dieu souvent son fol orgueil l'entraîne; Et quelquefois, avec éclat, Le malheur vers Dieu nous ramène.
Tel La Harpe-Quintilien, Qui de l'impiété fut long-temps le sectaire , Au ciel renoua son lien Quand il sentit trembler la terre.
Mais il eut une autre raison Dont on pourra d'abord concevoir l'évidence : U vint un ange en sa prison Pour lui prêcher la Providence.
C'est une femme ■ . A réfléchir , Compagne de ses fers, elle engage son ame; Et qui n'est tenté de fléchir Sous la douce voix d'une femme !
Par son cœur gagnant son esprit, Elle lui fait goûter un conseil salutaire , Et rend aux lois de Jésus-Christ L'élève obstiné de Voltaire.
Oui , presque au seuil de l'échafaud , La Harpe , impérieux , mais devenu docile , Trouva son orgueil en défaut , Et se soumit à l'Évangile.
Du vrai culte il devient l'appui.
Mais quand il gronde, il mord ; brûle , quand il éclaire. Contre l'Evangile , ou pour lui , La Harpe est toujours en colère.
« Allons , modérez-vous un peu , Dit un jour sa patronne aussi douce que sage; « Mon cher La Harpe , votre Dieu Est un peu trop à votre image. »
' Madame de Clermont-Tonnerre, depuis madame de Talaru, femme long-temps distinguée par sa beauté , et toujours par son esprit et ses vertus.