‹ Les romances du CidChapitre 12 sur 132 · XXIV PREFACE · texte numérisé non relu

XXIV PREFACE

qu'il ne s'agit ici , comme je l'ai dit, que de son histoire poétique, c'est-à-dire, idéalisée; pas trop cependant, comme on le verra bien.

On trouvera encore, dans cette réimpression, des corrections, mais en assez petit nombre; car plus cet ouvrage me paraissait hasardé, plus, quoi qu'on en ait dit, j'y avais mis de soin. D'un autre côté, on y retrouvera quelques expressions qui ont été critiquées comme très hardies, mais dont je n'ai jamais senti, ou jamais blâmé, la hardiesse. Après tant d'années, quel intérêt ai-je à conserver tel vers ou telle expression attaquée? Si je la conserve, c'est que ma conviction , erronée peut - être , l'approuve. En Littérature, et en bien d'autres points, je voudrais toujours trouver la manière la plus polie et la plus mesurée d'exprimer mon opinion ; mais j'ai le malheur de tenir à mon opinion. Tous les jours même, à mon grand regret, j'en acquiers davantage le droit.

J'ai ajouté ici quelques romances, mais aucune qui ne m'ait paru offrir ce que j'ai toujours cherché, un tableau nouveau et une physionomie particulière. Je n'ai que soixante et douze romances , souvent très courtes ; et la dernière édition du recueil d'Escobar, imprimée à Francfort en 182g, et augmentée de vingt-quatre romances, en contient cent deux , souvent très longues , et ne les contient pas toutes ; car j'en ai imité un certain nombre qui ne se trouvent pas dans cette édition de Francfort. En tout , mon ouvrage est à peu près moitié plus court que les romances originales ; c'est qu'en imitant j'ai épuré ; et , selon moi , le plus grand ennemi du bien , ce n'est pas le mieux : c'est le médiocre que l'on y ajoute, ou que l'on y laisse.

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