LE REMORDS
« Qui jette ces cris furieux' ?
Est-ce un fou? la prison devient-elle un hospice?
> Ceci n'est pas un trait inventé; j'ai voulu peindre à demi un
— C'est un homme de sang , maratiste odieux , Que va la maladie exempter du supplice. Nous autres gens de bien , grâce à la liberté, Sommes chargés ici de chaînes redoublées ;
Par amour pour l'égalité, De quelques scélérats nos prisons sont mêlées. »
Plus difforme encor que ses traits , Sur sa couche de mort le scélérat se lève. i< Que venez-vous , dit-il , me parler de forfaits! Fuis loin de mes regards, épouvantable rêve! .Vai bienfait. Je ferai. Du sang, encor du sang! " Il retombe écrasé sous le poids de ses crimes.
O ciel! l'assassin frémissant Est entouré, soigné, servi par les victimes.
«Que vois-je ! s'est-il écrié; Quel fantôme effrayant ! c'est l'ombre de mon frère. Pourquoi donc revient-il, puisque je l'ai tué ' Écartez , écartez cet affreux caractère : » Tu seras étranglé pendant l'éternité ; » Voyez-vous, voyez-vous le destin qui m'accable?
Et sur le mur ensanglanté Écrit en ossemeus, l'arrêt irrévocable?
Il est vrai : je l'ai mérité.
Mes exécrables faits dépassent toute peine. Que d'êtres ont péri sous ma férocité !
nommé Mauger, qu'on appelait Maujjer-Maral, elqui, commissaire du pouvoir exécutif à Nancy, y mérita te noble surnom. U mourut on effet en prison, à Paris, dans d'inexprimables transports.
Je suis la juste horreur de la nature humaine. O tourmens inouïs ! ô remords superflus ! Que je meure du moins, ô céleste justice ! »
Les gens de bien disaient émus :
« Que sera notre mort, auprès d'un tel supplice !