‹ Les romances du CidChapitre 14 sur 132 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

— Mon malheur te présente un terrible adversaire. Mon bras m'a contre lui refusé son secours. Le comte de Gormas... — Dieu ! répétez, mon père. — Le père de Chimène. — Il n'importe; j'y cours.»

«Est-il vrai? Rodrigue me charme? Mon père l'assure, et sourit.

Son absence, il est vrai, m'alarmc, Et son seul aspect me ravit.

Quoi ! Chimène aimerait un page Qui n'a rien fait jusqu'à ce jour!...

Je gagerais pour son courage.

Et je réponds de son amour.

On ne peut être plus fidèle.

On est plus beau, sans contredit; Mais jamais je ne me crois belle Que quand sa bouche me le dit.

Aux fêtes où 1 on nous convie, Quand chacun m'apporte une fleur, Il a toujours la plus jolie :

C'est bien là jouer de bonheur.

Quelques soins que l'on meprodifjue.

Tout autre m'accable d'ennui...

.Te ne sais si j'aime Rodrigue :

Mais je ne veux aimer que lui.

O ciel! je le vois : c'est lui-même.

Qu'il est bien ! qu'il me plaît ainsi ! 11 va chez mon père, qui l'aime, Et qui m'en est plus cher aussi.

G mon père' tu vas l'entendre.

Que lui dit-il? je ne sais pas.

Peut-être il s'offre à lui pour gendre ; 11 est peut-être dans ses bras '.»)

' Du peu de romances que j'ai ajoutées ici, voilà la seule que j'avouerai. Elle est en elle-même une des moins remarqualjles ; mais aucune ne peut donner une idée aussi juste et aussi claire de la liaison secrète que j ai cherché à mettre entre ces romances, et, bien plus souvent, entre les parties incohérentes de ces romances : travail qui difl'croncie tant cet ouvrage d'un simple Romancero (Recueil de romances), et même du i?oma)icero ciel Cid. 11 n'échappera, je crois, à personne, qu'en indiquant ici, par une romance très simple, l'amour de Chimènepour Rodrigue, et l'espoir qu'elle a qu'il vient pour demander sa main, j'ajoute tout naturellement beaucoup à l'intérêt de la très belle romance qui suit, et où Rodrigue vient défier le père deChimène.

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