IX
Goirabre, depuis sept années , Tranquille sur ses destinées , D'un siège bravait les hasards.
De renommée insatiable, Le Cid parut sous ses remparts, Et triompha de Tim prenable.
De ce jour, doublant de puissance, Dans le Cid, flambeau de vaillance, Fernand voit son meilleur guerrier; Et, de sa main chère à la gloire, Ce roi veut armer chevalier Ce chevalier de la victoire.
Dans Coïmbre encore en alarmes Le Cid fit la veille des armes ; Et mille sectateurs d'Allah, Couchés par lui sur la poussière, Prouvaient que celte veille-là N'était pas pour lui la première.
La reine, aux regards de la ville , Du plus beau coursier de Séville Dota le Cid Campéaclor ' .
' Le vrai sens de ce mot espagnol est , ami des camps. On a cm ilrvoir le conserver, parcerju'il est très harmonieux, et sur-tout |)an-fiju'il devint pjur le Cid une espèce de second surnom.
Uî LE CID.
Puis Ouraque, la belle infante, Lui chaussa les éperons d'or, D'une main charmée et tremblante.
« Ah ! le beau chevalier, ma mère !
Heureuse la simple bergère Qui Tose admirer tout un jour!
Plus heureuse la noble épouse Qu'il conduira dans son séjour Parmi la foule en vain jalouse! »
Ainsi parlait la belle infante , Mais non de sa bouche charmante ; Le front embelli de rougeur.
Non moins vertueuse que tendre , Elle ne parlait que du cœur.
Et craignait qu'on ne pût l'entendre.
" Beau chevalier que la Castillc honore, Détourne donc ce regard séducteur.
Et de quel droit attaques- tu mon cœur? Si tu pensais à l'attaquer, encore!
Mais non : Ghimène a charmé ta valeur.
• Ghimène est riche , et c'est pourquoi tu l'aimes. Giel ! qu'ai-je dit? Ah! Rodrigue, pardon: