LIVRE IL
Firent la paix , sans retard , sans réplique. Vive un poltron pour rendre belliqueux ! Vive le Gid pour rendre pacifique !
Tandis que , comme un astre éclatant de lumière , Rodrigue poursuivait son cours victorieux, Astre éclipsé, don Diègue, au bout de sa carrière, Est allé revoir ses aïeux,
S'irritant du tribut que la vieillesse impose, Les yeux chargés de pleurs , et le cœur de regrets , Rodrigue s'est rendu vers la tombe où repose Son père endormi pour jamais.
« O mon maître, dit-il, ô mon illustre père, Dontlesconseilsdevaientmeguiderpluslong-temps, La gloire de ton fils, au moins ton fils l'espère, A charmé tes derniers instans.
Rappeler tes vertus, voilà ma noble envie; Imiter ton exemple est ma constante loi. Toujours par plus d'exploits j'illustrerai ma vie, Pour être plus digne de toi.
Si je le fus jamais , dis, ah ! dis , je te prie , Quand près de tes aïeux ton ombre ira s'asseoir ,
Que Rodrigue, toujours fidèle à son amie. Fut plus fidèle à son devoir. »
Ainsi parlait l'époux de Ghimène adorée , Quand, plein d'un saint respect, et, tombant à genoux, Il entendit sortir de la tombe sacrée Un son mélancolique et doux.
Heureux le fils qu'en vain le blâme crut atteindre , Et qui , d'un père tendre ayant rempli les vœux , Au tombeau paternel se présente sans craindre Un cri sinistre et douloureux!
ni.
« Mon Gid, dit le roi Ferdinand
Qui bloquait une faible ville ,
Je réclame ton bras vaillant
Pour un exploit plus difficile.
Don Sanche, l'aîné de mes fils.
Veut te suivre aux champs de la gloire.
Va combattre mes ennemis,
Gar j'ai besoin d'une victoire.
Un noble emploi t'est confié :
Défends, contre un chrétien féroce.
Le roi maure, mon allié.
Qu'on veut chasser de Saragosse.
Bien que d'un culle différent.