‹ Les romances du CidChapitre 30 sur 132 · LIVRE II. :i · texte numérisé non relu

LIVRE II. :i

Si tant de larmes n'ont pu nuire Au pauvre enfant !

Que votre bonté secourable

Mette en repos La femme du plus honorable

De vos vassaux.

Votre justice, en qui j'espère,

Ne peut laisser Mon enfant naître, sans son père

Pour TeiTdDrasser.

Aux railleurs dérobez ma lettre.

Roi , mon seigneur.

Les méchans! ils riraient peut-être

De mou malheur.

Et pourtant Dieu, qui voit mon ame,

Voit , sans courroux , Ce regret d une honnête femme

Pour son époux. »

« Vous m'accusez, honorable Ghimène, Et je voudrais mon pardon obtenir.

Les Sarrasins causent seuls votre peine. Et votre époux saura les en punir.

Jusqu'à la fin, d'une ame juste et ferme, Permettez-lui de remplir son devoir :

Car ses combats enfin auront leur terme, Et son amour ue peut pas en avoir.

Vous prétendez qu'au sommeil il s'adonne, Quand , par hasard , près de vous il accourt. D'après cela, souffrez que je m'étonne Qu'un tablier soit devenu si court.

A votre ami n écrivez pas encore Qu'il vous rejoijfjne. Il pense à ses amours j Mais il serait dans vos bras qu'il adore, Il partirait au bruit de mes tambours.

« Cinq rois païens ont subi ses entraves, Me dites-vous : » puissent-ils être dix ! Car plus le Cid aura de rois esclaves, Moins Ferdinand comptera d'ennemis.

D'aucun railleur ne craignez nulle atteinte. Ce chaste amour à tous doit imposer:

Ceux qui riraient de votre juste plainte Seraient ravis d'avoir pu la causer.

Quand votre enfant naîtra, noble Chimène, Si votre Cid n'a pas pu s'absenter.

Pour lui je viens. Il faut bien que je vienne; Il faut un roi pour le représenter.

Chimène, adieu. Puisse la Vierge mère Vous soutenir dans le cruel moment !

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