‹ Les romances du CidChapitre 34 sur 132 · LIVRE H · texte numérisé non relu

LIVRE H

Avez-vous fixé notre cœur Le vôtre aussitôt se dégage.

Rodrigue, avant de nous unir, Tout devait combler mon envie :

Et déjà tu veux me ravir Ou la patience , ou la vie ! »

C'était ainsi qu'en suppliant , Chimène, d'amour occupée, Arrêtait son époux vaillant , Qui l'écoutait en s'appuyant Sur le pommeau de son épée.

i< Va, répond-il, bientôt, crois-moi , A tout mon amour je me livre , Et reviens vivre près de toi , Qui me fais désirer de vivre. "

Après de longs combats entre Garcie et Sanche , Dans un choc décisif luit l'homicide acier. Garcie, en disputant la victoire qui penche , A fait don Sanche prisonnier.

Renommé par sa force aux champs de la Galice, Don Sanche devint faible aux mains de son vainqueur Celui qui commença la guerre sans justice L' allait terminer sans honneur.

Lorsque l'ami du Gid , ramenant l'avantage , Fanez, des Castillans vint dissiper l'effroi , Et, réchauffant leurs cœurs au feu de son courage. Parvint à délivrer son roi.

Six cents guerriers encor défendaient sa bannière : Mais six cents Castillans, unissant leurs efforts, Pouvaient braver la terre...; et le ciel, et la terre , Car le Cid vint les joindre alors.

« A la victoire, amis, le Cid vient nous conduire , Dit Sanclie; noble Cid, honneur des combattans. Jamais plus à propos tu ne vins. — Et vous, sire , Vous, jamais plus à contre-temps.

Oubliant vos sermens, ici qu'osez-vous faire? Vous feriez mieux, fidèle au partage prescrit, D'être encore à genoux sur la tombe d'un père , Qui d'avance vous a maudit.

Toutefois, du vainqueur je cours troubler la gloire. Rien de servir mon roi ne peut me détourner. Vaincu, je trouverai Ihonneur que la victoire Ne pourrait même vous donner. »

Le combat recommence avec plus de furie. Don Garcie avait pu compter sur ses lauriers : Mais le terrible Cid alla prendre Garcie Au milieu de ses chevaliers.

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