‹ Les romances du CidChapitre 41 sur 132 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Saluer en vassal mon roi que je révère.

Trop long-temps j'ai suivi leurs drapeaux détestés;

Maismoncœurconstammentfutsousvotrebannière.

Pour avoir proposé de céder à vos lois, Arias Gonzalo de la mort me menace.

Mais, dussé-je périr, je reconnais vos droits, Et je viens vous aider à prendre cette place. Vainement Gonzalo, constant à vous trahir, Encourage l'infante à vous désobéir; En vain par ce guerrier l'infante est rassurée : Je pourrai, dès ce jour, combler votre désir. Et vais vous indiquer une secrète entrée. »

Des guerriers le plus noble est le vieux Gonznlo. Du mur de l'Adarbé sa mâle voix résonne. « Roi, dit-il, et seigneurs, le traître Bellido Fuit sans avoir été menacé par personne. Si sa fuite et son cœur cachent un noir poison, Bien loin des Zamorans l'opprobre de son nom ! Et notre avis vous doit apprendre à le connaître. Du traître il faut toujours craindre la trahison; Mais l'injuste sur-tout doit redouter le traître. "

Bellido, dont le roi daignait tenir la main , Lui dit alors : « Seigneur, gardez-vous de le croire. Appelant vos soupçons sur ce prétexte vain , Il voudrait arrêter le cours de votre gloire. Il sent dans quel péril je le jette aujourd'hui ; De l'adresse à propos il invoque l'appui.

Sire, me nommer traître, est se montrer habile. Gonzalo sait très bien que, dangereux pour lui , Je sais tous les détours de sa superbe ville.

— Oui, je le connais bien ; c'est un chef déloyal Qui, détestant don Sanche en son ame ulcérée , A regret m'a rendu le devoir de vassal. Viens ; allons remarquer cette secrète entrée.

— Oui, sur-le-champ, seigneur ; mais, du haut du rempart. L'inquiet ennemi nous suit de son regard.

— Ne partons que nous deux , et que l'on se retire.

— Seuls nous tromperons mieux les yeux de ce vieillard. .Te vois déjà, seigneur, le succès vous sourire. »

Avant de s'éloigner, Sanche à ses officiers Disait : « Point de quartier pour la ville ennemie ! » Quand il en vint au Cid , le Cid dit : « Mes guerriers. En gens dignes de moi vont exposer leur vie. Par-tout, à leurs côtés, à tout péril offert. Je serai , mais sans arme et le front découvert ; Et puisse ailleurs par vous ma main être occupée ! Le Cid, qui l'a juré devant le Dieu qu'il sert, One contre votre sœur ne tirera l'épée. »

Don Sanche , dit le Fort, un javelot en main , Suivi de Bellido, s'avança dans la plaine. On les vit, s'élevant sur le coteau lointain. Observer les remparts de la cité hautaine. Lors on vit Bellido , s'élevant sur l'arçon , Donner un premier coup , en donner un second ,

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