‹ Les romances du CidChapitre 43 sur 132 · LIVRE m · texte numérisé non relu

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A notre roi rendre un devoir suprême, Si vous voulez, le Gid vous choisira Un chevalier égal au Cid lui-même. »

Diègue Ordono , du beau sang de Lara : « Puisque le Cid, dit-il, nous abandonne. Puisqu'il ne peut attaquer Zamora, Que ce héros ne choisisse personne.

Sans lui , peut-être on peut trouver ici Des chevaliers dont mon pays s'honore.

C'est Diègue , amis , qui porte le défi. Qui le maintient? ce sera Diègue encore. »

Armé de fer, armé de sa valeur, Diègue Ordono, sur son coursier agile Court, rayonnant de colère et d'honneur, Crier ces mots sous les murs de la ville : « Vous qui sauvez l'assassin de mon roi, Fiers Zamorans, vous vous faites connaître. Vous l'oubliez ; apprenez-le de moi :

Traître est celui qui protège le traître.

Vous l'êtes tous, vos pères, vos neveux. Vos serviteurs, et tout ce qui vous touche. Et votre pain, et même vos cheveux, Et jusqu'à l'air qui sort de votre bouche. Sur cinq de vous, un chevalier loyal Saura punir vos attentats insignes.

Je jette à vous le crin de mon cheval; Car de mon gant vous vous montrez indignes.

— Les Castillans, répondit Gonzalo, Seuls de l'honneur se font-ils les apôtres ? Mais toutefois apprends que Bellido A fui nos bras comme il a fui les vôtres. Moi , mes enfans , combattant tour-à-tour , Nous essaierons de punir ton injure.

S'il plaît à Dieu , ta défaite, en ce jour, Te va bientôt convaincre d'imposture. »

Lors le vieillard dit aux fiers Zamorans, Tous illustrés , tous chéris de la gloire : <( Dites-le-moi , si quelqu'un dans vos rangs A pris sa part d'une trame si noire ? J'aimerais mieux , par le sort abattu , Aller vieillir sur un autre rivage.

Sans le bon droit je n'ai point combattu, Et ne veux point commencer à mon âge.

— Que sur nous tous tombe le feu du ciel , Ont répondu ces guerriers magnanimes, Si l'un de nous , lâche ensemble et cruel , Put concourir au plus affreux des crimes ! Ainsi, vieillard, dans le terrible effort Où votre éclat va décider du nôtre , Vous combattrez sans la peur d'avoir tort ; Ce noble cœur n'en a point connu d'autre. "

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