LIVRE IV
Quand on nous bannit de la coui-:
Souvent la vertu la plus pure Résiste mal à ce séjour.
Non à la cour, mais dans les guei'res , Epouvantons les téméraires, De notre disgrâce orgueilleux ; Faisant d'une troupe une armée , Par notre bonne renommée , Allons punir nos envieux.
Combien de cœurs que la puissance
Opprime d'un sceptre d'acier.
Gémissent, meurent en silence
Sans pouvoir se justifier!
Ah! quand l'indigne calomnie
Sur linnocence ou le génie
A lancé ses venins pervers ,
Quel beau jour, quel moment sublime ,
Où l'on peut confondre le crime
A la face de l'univers!
Quand un monarque nous offense, Blessât-il 1 honneur, la raison, Du vassal toujours la vengeance Semble révolte ou trahison.
En des assauts épouvanta])les, Les guerriers les plus redoutables, Par mon bras furent terrassés :
Ici je dompte un vain murmure; Savoir pardonner à l'injure.
92 LE cm.
Souvent c'est s'en venger assez.
Parmi la paix de ce rivage, Dont le cœur doucement jouit.
Avec mon souffle , mon outrage Dans l'espace s'évanouit.
Compagnons, depuis cette offense j.
Pour convoquer votre vaillance Je u ai reconnu que ma loi :
Mais qu'un païen puisse m'abattre.
Si je veux cesser de combatti*e Pour Dieu , mon pays , et mon roi l
Je veux , dans l'ardeur de mon zèle.
Si le ciel sourit à mon plan.
Appeler Castille-Nouvelle Les conquêtes d'un Castillan.
Mais, attendant cette aventure « Sous l'abri de quelque masure Du destin bravons la rigueur.
Il doit retourner en arrière , Le guerrier qui , sous ma bannière, Espère plus que de l'honneur.
Drapeau qu'a toujours fui le crime.
Flotte dans les airs à présent ; Et de tous ceux que l'on opprime Sois le signe et le ralliement.
Clairons , éclatantes trompettes , Jusqu'aux plus lointaines retraites